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Dreamcatcher

Stephen King ( Auteur), William Desmond (Traducteur), davidpaire.com (Illustrateur de couverture)
Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : 
Date de parution : 31/10/2003  -  livre
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Dreamcatcher

Stephen King est un tout nouvel auteur déniché par hasard, au détour d'un café, alors qu'il présentait un happening ayant pour thème " La théorie du chaos dans Star Trek ". Comme il était sans le sou et plein de la verve du désespoir, il a écrit un premier roman magnifique qui a tout de suite connu un grand succès… Non, il n'y a pas eu distribution de LSD au pot de fin d'année d'ActuSF et à ce jour, les scanners de mon check up ont bien décelé un cerveau, mais pas de tumeur…

Bon, il va falloir présenter King… Maître de l'horreur, grand ordonnateur des messes noires littéraires en tous genres, expérimentaliste en psychologie de la terreur chez l'homme, toutes ethnies confondues… Je ne sais pas s'il a été traduit en pakistanais, mais ça ne m'étonnerait que très moyennement…

King est né aux Etats-Unis en 1947 et à ce jour, il ne semble pas avoir quitté ce beau pays. Prolixe, il a inventé le roman d'horreur moderne, grâce à des procédés narratifs personnels et inégalés à ce jour… du moins, dans ses premiers romans.

Car, la machine littéraire s'enraille un peu lorsqu'elle devient industrie et King ressert indéfiniment les mêmes trames et les mêmes héros depuis déjà quelques années. Il est vrai que tout un lectorat apprécie de ritualiser le moment de la lecture et de retrouver chez leurs auteurs favoris exactement les mêmes schémas. Néanmoins, les copies sont plus ou moins heureuses.

Ainsi, si Carrie, Cujo, Ca, Simetiere et Shining font partie des bons classiques, King a, depuis quelques années, épuisé sa trame dramatique. Pourquoi ? Parce qu'il a inventé son propre genre et qu'il est difficile d'être quelqu'un d'autre, histoire de prendre un nouveau tournant, lorsque le monde entier vous estampille " Maître incontesté du fantastique ". Le challenge, même en littérature, reste important.

Du déjà lu

Donc, Stephen parraine ses petits amis. Dès qu'un nouveau challenger pointe le bout de sa plume, il s'empresse de commenter par " Ce livre est époustouflant ! " ou autre " Untel m'émerveille et m'étonne ! ". Il colle son label, histoire de montrer - si on est de mauvaise foi - qu'il est bel et bien encore le meilleur ou - si on se sent d'âme plus généreuse - qu'il se tient encore au courant des tendances. Quoiqu'il en soit, toute campagne marketing mise à part, King n'a pas connu de réel adversaire pour l'instant.

Dans Dreamcatcher, il s'attaque une fois de plus à nos amis les p'tits gris. Et retourne une dernière fois dans le passé de souffres douleurs nourris au coca et au rock'n roll. C'est bien ce qu'on peut se demander en lisant Dreamcatcher (bon titre !) : si des extraterrestres n'avaient comme source, dans quelques siècles, que les bouquins de King pour se faire une idée du monde et de leur image, ça donnerait, par regroupements faciles, une carte assez déprimante de notre univers. A savoir : des profs d'université, souvent alcooliques, des paumés et des vendeurs de voiture/d'assurance vivant dans l'éternelle nostalgie de leur enfance difficile, uniquement éclairée par ce beau sentiment qui s'appelle l'amitié. Bien évidemment, dans un seul pays, les Etats-Unis, où on trouve le pire comme le meilleur. Et, pour finir, attaqués par des aliens pas franchement sympathiques et carrément manipulateurs.

L'invasion des fouines tueuses


Quatre amis d'enfance ont pour rituel d'aller chasser dans le Maine (patrie de S. King et théâtre de nombre de ses histoires… A croire que le Maine est en fait une porte sur l'enfer), pour retrouver le lien qui les unissait autrefois autour d'un petit trisomique nommé Duddits. Enfant étrange, innocent et attendrissant, Duddits a autant marqué leur jeunesse que les bons vieux rocks des années 80… A peu près 80 pages après leur arrivée dans la forêt, une chose bizarre fait son apparition, suivie de près de militaires qui comptent bien étouffer à la fois cette aberration de la nature et tous ceux qu'elle a approchés.

Bon titre, livre moyen

King n'est pas allé chercher bien loin son intrigue : on retrouvera les mêmes éléments dans Tommyknockers et la plupart de ses romans. Effectivement, l'universitaire dépressif est là, accompagné de l'alcoolique et du petit malin qui n'a plus envie du tout de rigoler. Le quatrième personnage, le vendeur de voitures, figure le looser absolu du groupe, uniquement centré autour de l'anomalie qu'ils semblent tous avoir développé : une sorte de lien télépathique, une ligne d'or qui leur permet de retrouver les objets perdus ou de communiquer. Le cinquième, un outsider, est le jeune trisomique qui a bien fini par grandir, bien qu'il ait gardé cette parcelle d'enfance des " retardés mentaux ".

King reste la quintessence des Etats-Unis tels qu'ils ont finis par nous gonfler : vive l'innocence du simple d'esprit (syndrome Forrest Gump), l'amitié et les jurons ! L'intrigue traîne, les italiques (pour exprimer les flashs inconscients, spécialité de King) réapparaissent timidement, la peur s'éloigne, elle aussi, derrière l'engouement. De là à dire que l'on s'ennuie profondément, il n'y a qu'un pas. Mais on ne peut pas toujours être au top, quand on est un auteur aussi prolixe que King…

On aimerait bien penser, comme cette critique d'un magazine féminin issu de ce quotidien à orientation fortement politique, que Dreamcatcher contient de quoi faire frissonner le plus blasé des lecteurs. On doit être les plus blasés des lecteurs. Ou, comme je me plais à le penser, des lecteurs qui osent prendre quelques risques, en attendant que certains auteurs redescendent de leurs trônes pour se mettre un peu à poil…

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