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Les Chroniques de Méduse

Stephen Baxter ( Auteur), Laurent Queyssi (Traducteur), Alastair Reynolds ( Auteur), Pierre Santamaria (Illustrateur de couverture)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 17/01/2018  -  livre
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Les Chroniques de Méduse

Stephen Baxter est un auteur phare de la hard SF britannique, notamment connu pour ses œuvres à quatre mains, dont la série La Longue Terre avec Terry Pratchett, ou encore L’Odyssée du temps, coécrit avec Arthur C. Clarke. Il s’est aussi essayé à l’écriture de suites de nouvelles célèbres, comme La Machine à explorer le temps, de H.G. Wells.

C’est avec Alastair Reynolds qu’il prend la plume cette fois-ci pour imaginer une autre suite de nouvelle, "Face-à-face avec Méduse", par le célèbre auteur Arthur C. Clarke, notamment connu pour 2001, L’Odyssée de l’espace. Ensemble, Stephen Baxter et Alastair Reynolds imaginent la suite des aventures du commandant Falcon, qui découvrit l’existence de méduses géantes dans l’atmosphère de Jupiter dans la nouvelle d’origine.


Le commandant Falcon revient célèbre de son expédition sur Jupiter, mais aussi craint et mis à l’écart à cause de son grave accident. En effet, il se retrouve davantage machine qu’homme à la suite d’une chirurgie reconstructrice, qui a sauvegardé les restes de son corps humain dans un corps de cyborg. Or, ce type de procédures a été abandonné alors que les avancées technologiques permettent des chirurgies plus efficaces. Par sa position toute particulière, Falcon se retrouvera au fil des siècles au cœur de ce conflit d’une envergure inédite.


Un habile mélange des plumes



Baxter et Reynolds offrent un subtil mélange entre l’univers initial de la nouvelle d’Arthur C. Clarke et leur propre patte. Ainsi, on retrouve le commandant Falcon et la magie de l’exploration dans les passages sur Jupiter, comme la nouvelle initiale.

Mais Baxter apporte aussi une touche uchronique, avec un astéroïde qui manque de s’écraser sur Terre à la fin des années 1960, qui n'est pas sans évoquer Voyager. Quant à Alastair Reynolds, c’est plutôt dans la thématique de la relation homme-machine qu’on retrouve sa patte.

Au final, si le connaisseur retrouvera l’identité de chaque auteur en filigrane, tous les lecteurs et lectrices pourront apprécier cette longue aventure du commandant Falcon, même sans avoir lu la nouvelle initiale.


Une hard SF classique

L’histoire se déroule sur plusieurs siècles, suivant les diverses interventions du commandant rendu immortel par son corps de cyborg. Au fil de l’intrigue, on retrouve une hard SF à la sauce des classiques de la seconde moitié du XXe siècle. Mené avec brio, le roman ravira les amateurs du genre tout comme les connaisseurs, qui y retrouveront de nombreux clins d’œil.

Les thématiques abordées sont également propres à la hard SF, avec notamment l’avenir spatial de l’humanité, qui explore au-delà des frontières de la Terre avec un sens de l’échelle (par exemple le démantèlement de planètes entières) et de l’émerveillement (par exemple avec la rencontre des méduses de Jupiter) vertigineux.

Et avec ce thème se retrouve celui de l’avenir de l’humanité en arrière-plan, avec notamment l’évocation des super-singes, des animaux augmentés, ou encore l’évolution du gouvernement d’une unité presque utopique à une dérive de plus en plus dictatoriale et militaire. Encore une fois, les amateurs de hard SF retrouveront là des sujets récurrents du genre.

Mais c’est une autre thématique qui mène la danse au fil de l’intrigue : la relation entre l’humanité et les machines, qui deviennent de plus en plus intelligentes et conscientes. En tant qu’unique être humain dans un corps de cyborg, Falcon devient un ambassadeur singulier entre les deux espèces, et vit l’évolution d’un conflit naissant sur plus de sept siècles. Si la question des relations hommes-machines est abordée avec un angle plutôt classique, sûrement pour faire honneur au genre, j’ai bien aimé la tournure plutôt inattendue que prennent les événements à la fin du roman.


Un livre agréable mais éparpillé

En conclusion, si vous appréciez le genre littéraire de la hard SF et ses thèmes de prédilection, vous pourriez vous intéresser à cette lecture. En dehors des thématiques évidentes, on retrouve un autre sous-texte plus actuel, qui dénonce notamment les dérives militaires, la chasse à la baleine ou encore les discriminations raciales et sociales.

C’est peut-être lié à l’aspect particulier des livres à quatre mains, où deux auteurs explorent leurs idées, mais j’ai trouvé le livre un peu éparpillé parfois. Les ellipses temporelles peuvent frustrer, mettant fin à des débuts de pistes non explorées. Et l’histoire part dans de nombreuses directions, alors que l’univers de Jupiter posé par la nouvelle initiale était déjà très prometteur en lui-même.

Enfin, comme de nombreux livres de ce genre, la part belle est faite à la science et à la réflexion rationnelle, et le manque de personnages attachants ou d’émotions peut rebuter les lecteurs qui apprécient de s’attacher aux protagonistes dont ils suivent l’histoire.

En revanche, pour la partie exploration, émerveillement et réflexion propre à la hard SF, Les Chroniques de Méduse est une réussite qui ravira les amateurs du genre, malgré ses menus défauts.
 

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