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Antarès 1

Léo ( Auteur)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/12/2008  -  bd
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Antarès 1

Juste avant la sortie du deuxième album de la série, Dargaud diffuse une édition spéciale du premier album du cycle Antarès (tirage "limité" à 25 000 exemplaires), paru pour la première fois en avril 2007.

Dans ce premier album, Leo poursuit son exploration des mondes d’Aldébaran avec une nouvelle exoplanète cible : Antarès. On se souvient des déboires de Kim et de ses compagnons sur Aldébaran (5 tomes), puis surtout sur Bételgeuse (5 tomes) où l’humanité avait dû arrêter toute initiative de colonisation. Dans cet univers où les mantrisses, créatures multiformes toutes puissantes, ont modifié le métabolisme des héros en les rendant quasi-immortels, les humains doivent apprendre à vivre dans de nouveaux écosystèmes. Une forme de sagesse internationale leur dicte de ne pas entrer en concurrence avec des formes de vie intelligentes, fussent-elles primitives.

Après un détour fantastique par la série Kenya et avant le lancement des Terres lointaines sur Altaïr, nous revenons au schéma-type des mondes d’Aldébaran : les prémisses d’une nouvelle colonisation exoplanétaire. À la suite des deux premières tentatives, le lecteur s’attend à ce que tout ne se passe pas forcément très bien.

Funeste Antarès

En charge de vérifier si la planète Antarès est colonisable, trois explorateurs observent une faune surprenante et dangereuse. Lors de l’une de leur patrouilles, ils assistent à un étrange phénomène : une antilope autochtone disparaît, comme dématérialisée. Ils en réfèrent aux responsables du groupe new-yorkais « Forward Enterprises », sur Terre, qui a financé leur expédition. Après la tentative de colonisation avortée de Bételgeuse, ce phénomène inexpliqué peut remettre en question toute nouvelle opération d’expansion humaine dans un espace proche. Compte tenu des intérêts économiques en jeu et des intérêts secrets d’une secte qui a pris le contrôle du holding, les dirigeants décident de ne pas faire état de cet incident. Non seulement ils ne retardent pas le programme, mais ils boostent la campagne de colonisation pour éviter toute fuite.

Pour assurer le succès de leur entreprise, ils font appel à Kim Keller, connue et admirée de tous pour son rôle dans les colonisations précédentes. Pour emporter son accord, ils obtiennent la libération d’Alexa et de Marc, condamnés suite au vol d’une fusée sur Bételgeuse. Ils feront partie, eux aussi, de l’expédition. Tout s’annoncerait bien, si, sur place, les trois explorateurs « kamikazes » ne devaient pas faire face à de plus en plus de difficultés…

Un univers prenant

Pourquoi changer une recette qui fonctionne ? L’exploration d’une nouvelle planète est, en soi, fascinante. Il y a le voyage, la découverte de la planète et de son atmosphère, l’installation sur place, l’interaction avec les formes vivantes, les prédateurs, la dynamique de groupe, les risques du retour… Chaque planète est un monde différent, avec son humeur, son climat, sa faune, sa flore. Un nouveau graphisme, de nouvelles couleurs. Le liant entre toutes ses histoires est, d’une part, le rôle mystérieux de régulation interespèces que jouent les mantrisses et, d’autre part, la brochette de personnages de premier plan : Kim, Marc, Alexa, Pad, auxquels s’ajoutent progressivement de nouveaux personnages comme Maï Lan, Lynn, la fille de Kim. Des personnages que Leo n’hésite pas à faire vieillir d’un album à l’autre (Kim avait quatorze ans au début de la collection, Marc avait les cheveux longs), ou en plein album (Kim a pris au moins trois ans dans ce nouveau numéro).

Classique, sans surprise, le scénario est solide. Des séquences placées aux endroits clés (la primoexploration, autour de Kim, dans les lieux de décision de la « Forward Enterprises », sur Bételgeuse), des chutes de séquence qui excitent la curiosité, une fin qui donne soif… Le tout baignant dans un univers impitoyable, où les mangeurs sont mangés (sur Antarès), où les exploiteurs continuent d’exploiter (sur Terre). Les atermoiements psychologiques de Kim (fatigue, notoriété, maternité, amitié) sont correctement dosés et s’insèrent naturellement dans un cadre plus vaste. On regrette de ne pas en apprendre plus sur les mantrisses, dont le rôle est central dans la série, mais qui semblent quelques peu oubliées.

Leo nous a habitués à la variété des couleurs. Il ne nous déçoit pas. Dominantes jaunes, grises, orange, violettes, vertes, suivant les séquences. La diversité des couleurs donne de la fraîcheur et du dynamisme au récit. Très agréable à regarder. Le design des créatures extraterrestres est inventif, bien senti. Elles ne sont ni anthropomorphes, ni trop terrocentrées. Les corps sont souvent statiques, mais impeccables. Les décors sont précis et sans faille. Seule ombre au tableau (et c’est presque devenu une signature Leo), les visages, malgré les progrès sensibles, sont toujours figés, souvent trop peu ou trop expressifs. Dans plusieurs cases, les expressions faciales sont inappropriées (elles ne correspondent pas à l’attitude décrite) ou exagérées (bouches trop larges et trop rondes, dents trop apparentes, par exemple). On est donc au-delà du syndrome Buck Danny (visages psychorigides) et l’effet parfois tragiquement comique nuit au propos du dialogue.

Ces imperfections ne gâchent pas trop notre plaisir car, pour le néophyte comme pour le lecteur vétéran, l’univers des mondes de Leo est réellement envoûtant.

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