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Astraban

Miroslav Dragan (Scénariste), Oscar Martin (Dessinateur, Coloriste)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/01/2006  -  bd
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Astraban

Comme son pseudo ne l’indique pas, Miroslav Dragan est un jeune scénariste belge qui croise dans les eaux de la bande dessinée depuis son plus jeune âge. D’abord lecteur, il devient chroniqueur pour Pavillon Rouge avant de se lancer dans le scénario. Après une collaboration avec Morvan sur le hors série de Sillage, Le Collectionneur (Delcourt), il voit ses deux premiers albums, La Guilde et Helldorado, publiés coup sur coup par Casterman. Il collabore ici avec un autre auteur débutant, Oscar Martin, un espagnol animateur à la Warner.

« Maintenant sans lien affectif, il peut enfin rejoindre la Guilde. Sa haine et son efficacité n’en seront que multipliées. »


Astraban est un jeune apprenti tout juste accepté au sein de la prestigieuse Académie d’Alchimie, une admission qu’il fête généreusement en vin et en chansons avec ses camarades. Une scène attire son attention, une jeune fille se bat contre un groupe de ninjas. N’écoutant que son courage, Astraban vole à son secours et la sauve in extremis des griffes de ses poursuivants grâce à quelques décoctions de sa composition.

Le lendemain matin, il est réveillé par les agresseurs de la veille qui ont eu le temps de faire passer de vie à trépas ses amis de l’école d’alchimie comme tous les habitants de son immeuble. Il parvient à fuir et se réfugie chez la jeune fille rencontrée la nuit précédente. Sans le savoir il va bientôt se retrouver embrigader dans La Guilde, une bien étrange organisation.

Mafia et fantasy

Avec ce premier tome de mise en place, on découvre une histoire qui s’avère plus complexe qu’elle n’y paraît au premier abord. Brodant sur le thème classique de la perte de l’innocence, le scénariste s’emploie à faire vivre une véritable descente aux enfers à son jeune héros charismatique, Astraban, encore empreint d’une naïveté qu’il est appelé à perdre rapidement face aux événements tragiques qui vont en quelques jours rythmer sa vie. L’histoire est un brin alambiquée pour un tome d’exposition, d’autant plus qu’aucun moment de pause n’est ménagé pour le lecteur qui va de rebondissement en rebondissement, et découvre en même temps que le héros les arcanes de la Guilde. Cette dernière est le personnage central de l’album. D’origine mafieuse, elle est au centre d’une guerre sans pitié pour le contrôle de la cité qui se joue dans l’obscurité des tavernes et dans la noirceur des arrière-boutiques.

Tout le sel de la série réside dans la transposition de la mafia dans un univers de fantasy urbaine peuplé d’animaux anthropomorphiques. Pas de gros flingues et de grosses voitures, pas d’accent italien ou de spaghetti à la bolognaise et pourtant des archétypes comme le parrain, sa magnifique fille, son garde du corps le plus fidèle et bien entendu la jeune recrue.

Le scénario reste néanmoins classique, tout comme les dessins de Martin qui manquent encore de personnalité. Très influencé par le dessin animé et le cartoon, il peine à s’en extraire. Si les personnages sont expressifs, ils ont un air de déjà vu et tombent souvent dans le cliché. Heureusement, les cadrages sont efficaces. Espérons que dès le deuxième tome, le dessinateur parvienne à s’affranchir de ses modèles et donne un peu plus d’ampleur à son trait. Un détail qui a son importance, la naïveté des dessins peut faire croire à un album jeunesse. Il n’en n’est rien, le récit est notamment rythmé par les meurtres qui, s’ils ne sont pas mis en scène de manière effroyable, peuvent tout de même perturber le jeune lectorat.

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