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Canines et Péronnelles

Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/09/2000  -  livre
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Canines et Péronnelles



Ecrire sur les vampires est devenu une véritable gageure. D’abord parce que même si le thème est passionnant, Bram Stocker, Anne Rice, Shéridan Le Fanu et bien d’autres sont passés par-là et il est difficile d’offrir quelque chose de neuf aux lecteurs. Ensuite, le sujet en lui-même n’est pas facile à aborder. Le thème du vampire est complexe, les personnages souvent extrêmes et la crédibilité du récit délicate à obtenir. Bref, attaquer un roman sur les vampires équivaut à marcher sur un fil à coudre... au-dessus de 200 mètres de vide ! Le moindre faux pas et c’est la gamelle.

Pour autant, Olivier Garnier n’avait sans doute pas l’ambition de révolutionner le genre ou d’égaler Dracula. L’histoire de ce vampire à la bouille d’adolescent mal dans sa peau qui lutte contre son ennui de la vie, sa timidité et son acné se suffit à elle-même. La trame est, elle, assez simple. Après 276 ans de vie nocturne, Jean, le mort-vivant de service, commence à avoir de sérieux ennuis avec la police. Il est sur la liste des suspects pour deux meurtres mystérieux qui ont eu lieu le même soir.

Un vampire en prison

La première victime est une jeune fille du pensionnat où il est surveillant. Elle s’est vidée de son sang dans une des chambres dont il a la responsabilité les nuits où il est de garde. Autant dire qu’il la connaissait bien et que les lieux lui était familier, ce qui fait de lui un coupable tout trouvé puisqu’il n’a pas d’alibi " en béton " pour la nuit du crime... La seconde est un acteur qui s’amuse à jouer les vampires de pacotille et qui a mystérieusement disparu. Pas de bol pour notre héros, il est le dernier à l’avoir vu. Et c’est normal, puisque c’est lui qui lui a " sauté à la gorge " ! Par contre, ne pouvant pas être à deux endroits à la fois, il n’y est pour rien dans le premier assassinat. Evidemment, il va tout faire pour se disculper et trouver le vrai coupable.

Mais plus loin que ces simples affaires judiciaires auxquelles tout bon suceur de sang est confronté un jour où l’autre, Jean passe par une profonde phase de déprime. Sa vie ne le satisfait plus. Il est de plus en plus las de tout. Peut-être que s’il trouvait le grand amour, son moral irait mieux. Malheureusement, sa tête rongée par l’acné et sa timidité maladive n’attirent que les adolescentes. Si en plus on rajoute que notre héros ne vit que la nuit... Pas facile de trouver une femme pour partager sa vie !

Bon bah... c’est loupé.

Vous l’aurez compris, Jean n’est pas à proprement parler un " super " vampire. C’est plutôt le genre à jouer dans Les Charlots contre Dracula que dans Entretien... Pourtant on s’attache à ce garçon. Sa personnalité est un bon point pour Olivier Garnier mais cela n’arrive pas à masquer les maladresses et le manque de crédibilité du texte. On ne croit pas un seul instant à cette communauté de longs crocs qui organise un trafic de sang et laisse les jeunes filles en fleur se torturer entre elles sans intervenir ! Et quand l’auteur évoque les prétendus " pouvoirs " de ses vampires, cela sombre même dans le ridicule. Dommage, c’était bien parti.

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