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Celui qui attendait

Pierre Gévart ( Auteur), Mira (Illustrateur de couverture)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/09/2007  -  livre
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Celui qui attendait

Pierre Gévart se définit comme "quelqu'un qui aime la science-fiction, même s'il n'aime pas que ça". Il est d'abord directeur à l'INRA de Lille, auteur de tout un tas d'ouvrages très sérieux mais aussi de science-fiction, sous son nom ou celui d'Hugo Van Gaert. Au-delà de la simple écriture, il dirige le fanzine Géante Rouge et est en train de faire renaitre la revue Galaxies.

Mission d'exploration mouvementée

Un siècle après la catastrophe qui a mis un terme à la mission de colonisation de Copponi, douze astronautes partent en exploration vers la planète tragique dans un climat mondial tendu. Les temps ont bien changé, la guerre est prête à éclater sur Terre et si le voyage est cette fois une réussite, il pourrait de nouveau y avoir ensuite colonisation et donc un espoir pour les hommes.

Dès avant le départ, l'équipe n'affiche aucune cohésion, au point que l'un des membres de l'équipage ne se présente pas au décollage. Il est remplacé par un journaliste, spécialiste de la planète Copponi. Si, à bord, l'ambiance entre les voyageurs interstellaires est bonne au début, elle se dégrade fortement après le décès de l'un d'eux. Accident ou meurtre ?

Parmi les colons embarqués, se trouve un couple de chrétiens destinés à préparer l'arrivée des prochains voyages, ainsi qu'un musulman, représentant le Califat. Lorsque la guerre éclate sur Terre, les frustrations dans l'équipage paraissent au grand jour et l'inévitable explosion se produit. Il leur reste pourtant à gérer de longs mois de cohabitation envenimée par les haines et les rancœurs.
Quant à l'arrivée sur la planète, elle réserve encore une autre surprise.

Une bonne suite

J'aurais presque pu me contenter de recopier ma chronique sur Une planète pour Copponi, tant le style et le mode de traitement des sujets sont similaires entre les deux volumes. Gévart tient son style, sa ligne directrice et continue à écrire ce qu'il a dans la tête avec le même esprit. Toujours une science-fiction qui n'est qu'un prétexte à visiter les tréfonds des émotions et des pulsions humaines.

Mais aussi les mêmes écueils sur lesquels bute le récit, les mêmes failles. Pour l'intérêt de l'histoire, il est heureux qu'une partie des passagers du vaisseau ait été composée de névrosés, mais il est peu crédible qu'ils aient pu passer les tests de sélection, ni que les symptômes puissent rester inaperçus des autres dans l'espace confiné du module. De plus, il y a toujours cette tendance à la simplification, frisant la caricature, qui semble être une constante de l'auteur.

Mais foin de ces remarques désobligeantes, Gévart écrit bien. L'histoire nous accroche complètement. Une fois commencé, ce huis clos marche encore mieux que le premier volet, peut-être justement en raison des contraintes de l'exercice - forcément limité en nombre de personnages. Ce livre ne se lâche pas avant la fin, avant de savoir qui tue et pourquoi.

Organisé comme un policier d'Agatha Christie, il nous emmène où il le veut, sans toutefois laisser de côté son propos, cette visite de l'âme humaine et de ses mauvais penchants, qu'ils soient guidés par le sexe, l'argent ou la religion.

Un petit texte sympathique

Chez Eons, souvent, les livres se terminent par une courte nouvelle. Pour celui-ci, il s'agit de Un si long trajet, une histoire écrite par Lucie Chenu. Parfaitement en phase avec l'esprit du livre, elle se livre à une visite chaotique parmi les pulsions et les désirs humains au long d'un voyage tortueux guidé par l'envie de liberté opposée à la soif de possession. De la belle ouvrage.

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