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Deux pour tous

Martin Winckler ( Auteur), Néjib Belhadj Kacem (Illustrateur de couverture)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 03/06/2009  -  livre
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Deux pour tous

L'auteur de Un pour deux et de L'un ou l'autre termine ici sa trilogie Twain, mettant en scène deux frère et sœur habitant le même corps, embarqués dans une intrigue mêlant politique et manipulations génétiques. Pas étonnant lorsqu'on sait que Martin Winckler est médecin de métier. Auteur de La Maladie de Sachs, il est également fan de séries télévisées, au point de présenter chaque roman de sa trilogie comme une saison de série.

Mise en abîme

Dans Deux pour tous, Winckler pousse le parallèle à l'extrême, puisqu'il met en scène les scénaristes apocryphes de la trilogie Twain, imbriquant scènes du roman et scènes d'écriture du scénario de la troisième saison. Celle-ci se dessine petit à petit sous nos yeux, par la main de Jack Cutter, scénariste de retour des USA engagé par la production pour prêter main forte à Raphaël Marker, qui peine à terminer le script. Il avait fait finir la deuxième avec l'explosion du Centre Multimedia du maire Esterhazy, alors que les jumeaux Twain et leur(s) ami(e)(s) Saul et Paula tentaient d'échapper à Bénédicte, la PDG machiavélique de WOPharma dont le plan était de récupérer l'ADN des personnalités les plus connues de la ville de Tourmens.

Un imbroglio que Marker et Cutter auront du mal à démêler. Tout comme le véritable auteur, Martin Winckler.

Le fond du gouffre

Car autant le dire tout de suite : Deux pour tous est du grand n'importe quoi. Déjà, sur 200 pages, seules 125 environ sont consacrées à la clôture de l'histoire des Twain. Le reste, c'est du remplissage jouant sur la mise en abîme de l'écriture du roman, qui parvient juste à persuader le lecteur que Winckler n'avait tout simplement plus rien à dire. Avec une autodérision et un autoréférencement qui sonnent faux, Winckler parle de lui-même et du processus créatif sous la forme d'un making-of qui lasse à force de prendre trop de place, et qui ne convainc pas. Il tente bien d'instaurer une nouvelle intrigue autour du mystérieux Marker, mais celle-ci ne mène à rien.

Dommage, car les quelques lignes consacrées au dénouement de l'affaire Twain suscitent plus d'intérêt que le reste de la trilogie. On découvre l'origine de Renée et René ainsi que les motivations de Bénédicte, plutôt crédibles et bien amenées. Car quand Winckler maîtrise son sujet – ici les manipulations génétiques et le monde médical en général – il fait mouche. Malheureusement, tout ceci est trop parasité par le vrai-faux making-of du roman pour gagner notre adhésion.

Un livre sans substance, dont seule l'excellente couverture incitera à le conserver dans une bibliothèque.

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