- le  

Effroyables jardins

Michel Quint ( Auteur), Emre Orhun (Illustrateur de couverture)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 28/02/2003  -  jeunesse
voir l'oeuvre
Commenter

Effroyables jardins

A l'occasion du film Effoyables Jardins de Jean Becker, Pocket Junior publie la nouvelle éponyme de Michel Quint associée à un encart pédagogique à l'intention du jeune public. Ce format est, n'en doutez pas, parfaitement inhabituel pour l'auteur, plus coutumier des collections de romans noirs et de polars (Billard à l'étage, Sanctus, ou Le Bélier Noir entre autres). Mais ce court roman est en lui-même une comète: construit comme un récit autobiographique, il nous conte l'histoire d'un résistant au cours de la seconde guerre mondiale, bien loin des standards du roman policier. Découverte.

"Il y avait du solennel sur les figures, même celle de Gaston"

Avoir un père qui profite du moindre prétexte pour faire le pitre en se déguisant en clown, ce n'est pas toujours facile à accepter. Dans son déguisement grotesque, il fait honte à son fils pour qui toutes ces guignolades ne sont que l'expression de la médiocrité d'un père qui aurait mieux fait de s'en tenir à sa carrière d'instituteur.

Mais ce rituel a un sens: il célèbre un ami perdu d e vue de longue date. Et pour cause, pendant la guerre, cet ami était un allemand, soldat de surcroît. Comment comprendre alors qu'une amitié ait pu se tisser entre de jeunes résistants tout frais émoulus et un membre de la Wehrmacht? C'est le secret de ce père: un devoir de mémoire mêlé de gratitude.

"Le mieux c'est encore un visage de femme. On n'avait pas ça, nous. On avait que les cornichons."

Le livre n'est pas destiné aux tout jeunes lecteurs, et on comprend pourquoi: le sujet abordé, tout savamment qu'il soit traité, nécessite un peu de distance et une part du récit se construit ici sur le non-dit. ce roman n'est donc pas typiquement facile d'accès, du fait également du ton et du lexique employés par Quint, ce style inimitable des auteurs de polar roués à la gouaille du peuple (à ses travers et son sentimentalisme) autant qu'à la poésie.

Mais je ne voudrais surtout décourager personne. Aussi surprenant que soit cet ouvrage, il est astucieusement servi par un supplément pédagogique plutôt bien fait (quoique lapidaire sur certains points). Et l'histoire en elle-même est touchante, si bien que j'ai senti poindre des larmes à mes paupières à plusieurs reprises. Un livre qui remplit qui plus est parfaitement son devoir de mémoire envers la guerre et la France de la collaboration.

Genres / Mots-clés

Partager cet article

Qu'en pensez-vous ?