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Elsie et la Rue

Hermann (Scénariste, Dessinateur, Coloriste)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/12/2006  -  bd
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Elsie et la Rue

Hermann est belge. Arrivé après divers zig-zags de la vie à la bande dessinée, il travaille à partir de 1966 et durant plusieurs années avec Greg sur des séries (Les Histoires de l'Oncle Paul, Bernard Prince, Comanche). En 1977, il décide de se lancer tout seul dans la réalisation d'un album. Ce sera le premier tome de Jeremiah. Il continue depuis lors cette série, ce qui ne l'empêche pas de travailler, seul ou en collaboration, sur d'autres projets, tels que Les Tours de Bois-Maury.

Une ville pourrie vue de la rue

Elsie est une jeune femme autonome bien qu'elle n'ait plus d'illusion sur la vie. Elle l'a prouvé en quittant la protection de la mafia de Langton et en se débrouillant toute seule. Elle vit dans la rue et tente d'aider lorsqu'elle le peut les petits voleurs broyés par le système du « patron » Blitz et ses méthodes violentes.

Jeremiah et Kurdy arrivent en ville. Ils rendent visite à tante Martha, en espérant qu'elle puisse prendre chez elle la jeune Milova qu'ils ont recueillie (dans le précédent album). Mais l'adolescente est subjuguée par les lumières et les richesses qu'elle n'a jamais connues. Une tentative de vol plus tard, elle se retrouve à fuir et ne doit sa liberté qu'à l'aide d'Elsie. Celle-ci, attirée par la jeune innocente, décide de garder le contact. Cela se fera grâce à l'aide involontaire de Kurdy.

Elsie rêve du gros coup, celui qui lui donnera les moyens de fuir cette ville corrompue tout en remettant les dirigeants à leur place. Milova et, plus indirectement, Jeremiah et Kurdy, vont l'y aider. La fourmilière va s'affoler et les têtes tomber avant que le calme ne revienne et que chacun reprenne sa route, même si certains ont pris un large virage.

Zoom sur une Cour des Miracles

Le sujet de cet album est l'exploitation des petits, des sans-grades, par un pouvoir qui ne cherche que la puissance, le pouvoir et la richesse et les broie sous sa botte. Jeremiah est pratiquement absent de cet album dont le sujet central est Elsie, ainsi que ses relations avec Milova et Kurdy, ou encore tante Martha – la pauvre, elle qui ne supporte déjà pas Kurdy...

Derrière cet histoire de vols, de mœurs, de poussière et de misère, se dessine l'esclavage auquel sont assujettis ceux qui entrent par désespoir dans le monde du vol ou de la prostitution. Hermann dessine une ville dans laquelle tout le monde partage le gâteau, même les plus hauts dirigeants qui ne voient rien tant qu'ils y trouvent leur compte.
La série Jeremiah se situe généralement dans un futur post-apocalyptique mais cette cité vue de la rue est pratiquement indiscernable d'une simple bourgade actuelle – ce qui rend plus fort encore le propos de l'auteur.

Cet album est une bonne peinture, féroce et glacée, d'un monde très proche du nôtre. Il se lit indépendamment du reste de la série et, comme souvent chez Jeremiah, soulève des problèmes qui dérangent.

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