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Bifrost N° 21 Décembre 2000 : Extermination Highway

Thomas Day ( Auteur), Olivier Girard (Redacteur en chef), Nicolas Fructus (Illustrateur de couverture), Bifrost ( Auteur)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 30/11/2000  -  livre
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Extermination Highway

Le numéro 21 de Bifrost est un sans doute ce que l’on peut considérer comme un numéro à haut risque. D’abord et surtout parce que pour la première fois de son histoire, la revue n’affiche qu’une seule et même nouvelle à son sommaire. En misant sur le même cheval, l’équipe du journal prend donc le pari que ce texte emportera l’adhésion de la majorité des lecteurs.

Ensuite parce que cet unique récit est de Thomas Day, auteur oh combien mystérieux* et controversé. Souvent, ses textes soulèvent autant d’enthousiasme que d’irritation. Pour preuve, on se souviendra des débats qu’a engendrés la parution de son recueil de nouvelles en Juin dernier (Sympathies for the Devil) et des accusations de machisme à l’encontre de certains textes. Voilà un auteur qui ne laisse en général pas indifférent.

Néanmoins, en lisant Extermination Highway publiée ici, on se dit que finalement, le calcul était assez bon. Moins trash que Dirty Boulevard (cf Bifost n°19), l’histoire de cet homme qui découvre sa lycanthropie est tout simplement excellente.

Et pourtant au départ, Tom Wolf n’a vraiment pas grand chose pour s’attirer la sympathie des lecteurs. Violent et raciste entre autres défauts, il est emprisonné pour le meurtre d’un indien qui a osé draguer sa petite amie un soir dans un bar. Du coup c’est la tôle qui l’attend avec sa guerre des gangs et ses bizutages sous la douche. Tom le dur à cuire devra trouver les ressources morales pour survivre dans cet univers carcéral hyper violent. Heureusement pour lui, notre homme a un petit atout : il s’imagine être le seigneur des loups, puisant sa force et sa volonté dans une meute imaginaire…

Antipathique au début, le héros de Extermination Highway devient de plus en plus sympathique au fur et à mesure que l’on fait connaissance avec lui et que l’on découvre son histoire. Bien sûr, la rédemption qui l’attend à la fin de la nouvelle lui fera quitter complètement le côté obscur de la force. On sera soulagé d’apprendre que bon, finalement il n’est pas vraiment xénophobe (les évènements vont quand même le forcer, contre son gré, à se faire tatouer une croix gammée sur l’épaule…) et pas vraiment méchant. Ouf…

Cette histoire de Thomas Day est tout simplement une réussite. A condition de bien rentrer dedans, on se laisse facilement mener par cette intrigue qu’il maîtrise de bout en bout. Day est au mieux de sa forme et on ne s’en plaindra pas. On en redemanderait même encore un peu.

Bien sûr, c’est à chacun de juger, mais pour moi, le pari de Bifrost est largement gagné. Les rochons pourront toujours se venger en lisant les interviews de Gadner Dozois et de Jean-Louis Fetjaine. C’est déjà ça.

 

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