- le  

Fonds de Tiroir

Douglas Adams ( Auteur), Michel Pagel (Traducteur), Benjamin Carré (Illustrateur de couverture)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/04/2004  -  livre
voir l'oeuvre
Commenter

Fonds de Tiroir

Le titre anglo-saxon de ce livre, The Salmon of Doubt, qui ne correspond finalement qu'à une petite portion du livre, a été abandonné dans cette version française au profit d'un titre bien plus révélateur : Fonds de Tiroir. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : après le décès de Douglas Adams, le 11 mai 2001, son directeur littéraire, son agent, sa femme et quelques amis ont parcouru la quantité de textes qu'il n'avait  pas encore publié, et en ont tiré ce recueil posthume.

Des morceaux fantastiques

On pouvait craindre le pire de ce rassemblement de textes disparates. Mais on découvre ici que l'auteur de la première trilogie en cinq volumes (ou peut-être le premier auteur qui ait osé l'avouer), avait à son actif bien plus que quelques romans, aussi bons soient-ils. Défenseur des Macintosh et des rhinocéros jusque dans la vraie vie, Douglas Adams a écrit de nombreux articles sur des sujets très divers. C'est parfois d'un intérêt douteux, mais il y a également des morceaux fantastiques. Et le lecteur français (enfin, la plupart) a l'avantage de ne jamais avoir eu accès à ces articles. Y alternent la passion, qu'il s'agisse d'apprécier de la musique (ah les Beattles) ou de défendre ses convictions, que ce soit l'athéisme, l'évolution, ou le fait que, oui, on a encore besoin de rhinocéros sur notre planète (il a écrit un livre intitulé Last Chance to See avec le zoologiste Marc Carwardine, où il raconte leurs voyages à la rencontre de certaines des espèces animales les plus menacées) ; l'émerveillement pour tous ces petits bitoniaux technologiques nouveaux et extraordinaires qu'il faut absolument acquérir et essayer, même si on doit ensuite s'arracher les cheveux pour les faire marcher ; la mauvaise foi, lorsqu'il s'agit de se faire financer un voyage au bout du monde sous le prétexte de faire un test comparatif entre scooter sous-marin et raies manta comme moyen de traction; ou de défendre les Macintosh*.

Fini pour toujours

Et puis on a les nouvelles, et le début de roman. Du Douglas Adams pur jus. On dévore avec bonheur, quand, soudain, le récit s'arrête. C'est fini. Et ça ne sera jamais terminé. Il reste juste une ébauche de quelque chose qui aurait pu être fantastique. Ou de quelque chose de fantastique qui aurait pu être. Comme un chat dont on aurait perdu la moitié. Et c'est là qu'on se rend vraiment compte que Douglas Adams aussi, c'est fini, pour toujours. Plus de Dirk Gently, de Zappy Bibicy. La trilogie du Routard Galactique n'aura jamais six volumes. Fonds de tiroir n'est pas qu'un livre, c'est un éloge funèbre, l'un des plus drôles et des plus tristes qui aient existé. Ecrit par la personne qui connaissait le mieux le défunt : lui-même. Venez découvrir toutes les facettes de Douglas Adams. Il est trop tard, mais ce n'est pas une raison.

Genres / Mots-clés

Partager cet article

Qu'en pensez-vous ?