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Highgate: Luisa

Stéphane Betbeder (Scénariste), Riccardo Crosa (Dessinateur)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 23/09/2009  -  bd
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Highgate: Luisa

L'auteur de Alister Kayne, chasseur de fantômes et le dessinateur Riccardo Crosa des Humanoïdes Associés s'étaient déjà rencontrés le temps d'un manga, Sanctuaire Reminded, dans Shogun Mag. Ils se retrouvent pour cette histoire de vampires en one shot, Highgate. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la couverture annonce la couleur.

James Harbor, fin limier hémophobe de Scotland Yard, mène l'enquête sur une série de meurtres sordides dans la City de Londres. Les indices sont maigres et ses soupçons se portent sur un homme qui ne serait ni plus ni moins qu'un mage noir d'une ancienne société occulte ayant pour objectif de réveiller un vampire séculaire... Son enquête le mène à un prêtre exorciste qui semble en savoir beaucoup sur ce qui rôde dans les cimetières londoniens, en particulier celui de Highgate...

Un début poussif

Le danger du format policier, dans n'importe quel genre, est qu'il requiert des compétences scénaristiques solides – et en ce qui concerne la BD, synthétiques de surcroît. Or, hélas, Stéphane Betbeder nous livre une histoire intéressante mais maladroite. Des pistes sont exploitées, puis abandonnées au profit de la trame occultiste qui est au cœur du récit. Des personnages secondaires attirent notre attention mais sont aussitôt délaissés pour Harbor, un héros à la dépiction hyper-caricaturale mais qui n'a finalement pas l'envergure d'un héros de roman noir. Les dix premières pages de Highgate plantent le décor au tractopelle, et le contexte semi-futuriste n'apporte rien à l'ensemble. Pourquoi s'échiner à créer un univers aussi élaboré pour le mettre complètement de côté les pages suivantes ? Au final, le contexte occultiste se suffit à lui-même.

Un album d'ambiance

Highgate se résume finalement à une atmosphère, celle de la Morte amoureuse de Théophile Gautier qui rencontrerait L'Exorciste, mâtinée de Dracula (forcément). Les dessins de Crosa y sont pour beaucoup, son trait a la dureté et la sobriété adéquates, et les lumières sont étudiées. Ils confèrent aux quelques dernières pages de l'album le principal intérêt du récit : une ambiance mi-gothique mi-romantique. Highgate aurait en fin de compte eu tout intérêt à se déployer en deux ou trois tomes, le temps de développer un scénario plus cohérent et moins confus. Le résultat final donne plutôt l'impression d'un « m'as-tu vu », avec sa couverture gothico-érotico-gore dans les tons noir-rouge vif. Dommage.

À ne recommander qu'aux aficionados de Betdeber et Crosa, et en attendant un second tir plus conséquent.

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