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Interview des éditions Balivernes
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Interview des éditions Balivernes

ActuSF : Comment est née l'aventure des éditions Balivernes ?
Editions Balivernes : Dans une vie antérieure, Marie-Christine et moi travaillions à Infogrames/Atari, donc dans le monde des jeux vidéo. Durant le temps passé là-bas, 13 ans pour moi par exemple, il y a eu pas mal de hauts et quelques bas, dont le dernier a conduit à différents plans sociaux qui nous ont amenés tous les 2 à quitter l’entreprise. Nous nous sommes alors posés la question de ce que nous voulions faire, et les aides du plan social associées à notre passion commune des livres nous ont poussé à utiliser ce moment pour nous lancer dans l’édition de livres. C’était aussi une idée qui mûrissait depuis longtemps pour nous deux. A ce moment-là, nous devions aussi nous poser la question du domaine éditorial vers lequel nous diriger. J’aurai adoré me lancer dans la SF qui est vraiment mon style de lecture préféré, mais cela aurait probablement été suicidaire, donc nous avons choisi plutôt d’aller vers l’édition jeunesse où les livres restent plus longtemps en rayon. De plus dans ce secteur, même les petites maisons trouvent une place.

ActuSF : Quelle est votre direction éditoriale ? Comment choisissez-vous vos livres ?
Editions Balivernes : Notre goût pour les littératures de l’imaginaire nous fait préférer des livres où l’imagination est très présente, où l’on peut trouver soit des éléments de fantastique, de magie, de science aussi, tout cela bien sûr adapté aux enfants. Le choix en lui-même est basé presqu’uniquement sur des coups de cœur, donc tout est en fait ouvert quand nous recevons un projet.

ActuSF : Comment travaillez-vous avec les auteurs et les illustrateurs ?
Editions Balivernes : Tout d’abord, nous avons eu tous les cas de figure dans les relations auteur/illustrateur. Nous avons travaillé par exemple avec des auteurs-illustrateurs, avec des auteurs à qui nous avons accepté un texte et pour lequel nous avons cherché un illustrateur ensuite, avec des illustrateurs avec lesquels nous voulions absolument travailler mais qui ont dû attendre que nous trouvions le texte qui leur corresponde. Ensuite, une fois que le projet est lancé, nous laissons une grande liberté et nous ne demandons, je crois, que peu de modifications, sinon parfois des problèmes de cohérence dans un texte, entre un texte et une illustration, mais nous voulons vraiment que les auteurs et illustrateurs puissent s’exprimer et laisser libre court à leur style.

ActuSF : Quels sont les titres que vous avez un peu fantastique ou science-fictionnesque ?
Editions Balivernes : Plusieurs sont dans ce cas ! Parmi nos toutes dernières parutions, nous avons par exemple pour les plus jeunes « Albert Camembert » qui raconte la recherche d’un singe nommé Albert qui construit une fusée pour aller rencontrer des extra-terrestres cultivant du camembert. Cet album est à destination des 3 à 6 ans et je suis persuadé qu’il faut aborder ces thèmes dès le plus jeune âge pour faire rêver les enfants et pour que plus tard, ils puissent un peu garder ce goût pour les genres fantastiques et science-fiction qui ont toujours cette image de niche injustifiée.
Nous avons aussi sorti cette fin d’année « La fenêtre d’Ileana » où à Venise, une jeune fille a été emprisonnée dans un tableau et un peintre va la libérer. Il s’agit là d’un thème classique mais très bien traité, et les illustrations magnifiques donne un relief particulier à ce récit.
Toujours dans le fantastique, « Le livre d’en bas » raconte la descente dans les sous-sols d’une bibliothèque d’un enfant à la recherche du livre le plus effrayant au monde. Et cette descente va lui faire rencontrer des personnages et des lieux de plus en plus effrayants…
En revenant dans le domaine science-fiction à l’imagination débridée, nous avions sorti en 2006 « Semeurs d’étoiles », un voyage loufoque à la rencontre des extra-terrestres qui fabriquent les étoiles, en rendant visite au passage à quelques créatures spatiales délirantes.
Avec « La balade du Père Grégoire », nous avons un autre voyage dans l’espace d’un vieux jardinier sur son lit, qui en profitera pour aider un cosmonaute en panne.
Et nous avons aussi souvent aborder ce qui relève plus de la fantasy, avec par exemple des livres comme « A l’orée des fées », un panorama de fées très différentes, décrites avec poésie et drôlerie, et illustrées magnifiquement, l’auteur et l’illustrateur ayant poursuivi ensuite avec « Mieux que dix fées ». Nous avons aussi sorti des petits romans avec la série des « Léopard Nicolos » où se trouve aussi beaucoup d’éléments fantastiques, dont les mystères seront révélés pour la plupart dans le prochain tome à paraître l’année prochaine.

ActuSF : Quels est le retour des enfants ? Quels sont leurs regards sur vos livres ? Est-ce que tous les thèmes leurs parlent ou ont-ils des préférences ? Et si oui lesquels ?
Editions Balivernes : Le retour des enfants est bon, mais il est vrai qu’ils ont leurs préférences. Les contes et légendes comme « Marara » ou « Les orangers de Tahiti » intéressent plutôt les plus âgés. Sinon, les enfants sont incroyablement ouverts à tout, sans préjugés, et ils sont aussi intéressés par des histoires de magie, des histoires d’extra-terrestres que par des récits plus réalistes. Ils ne sont limités par aucun carcan intellectuel et la notion de genre n’existe pas vraiment pour eux. L’important est qu’ils soient pris par le récit, et si un livre les captive, peu leur importe qu’il contienne des thèmes de science-fiction, de magie ou non. Et bien évidemment, comme il s’agit pour nous de livres illustrés, la qualité de l’illustration est primordiale pour qu’ils s’attachent au livre et pour qu’ils entrent complètement dedans.

ActuSF : Quel est votre bilan après quatre ans d'existence ? Satisfait ?
Editions Balivernes : Dans l’ensemble, nous sommes plutôt satisfaits. Le domaine de l’édition reste extrêmement difficile, même dans le secteur jeunesse, mais nous avons petit à petit construit un catalogue dont nous sommes contents et fiers. Nous sommes de plus en plus reconnus par les libraires, les bibliothécaires, et le public commence aussi à se souvenir de notre nom, toute proportion gardée car nous sommes minuscules par rapport aux grosses maisons. Nous avons un retour comme quoi nos livres ont dans les textes et les illustrations un imaginaire très fort et souvent poétique, que ce sont des beaux objets de qualité, ce qui nous fait bien évidemment très plaisir.

ActuSF : Et puis pour terminer, quels sont vos projets ?
Editions Balivernes : Continuer, mais en essayant d’élargir notre catalogue vers d’autres tranches d’âges. Par exemple, nos romans sont destinés plutôt aux premiers lecteurs pour le moment, de 7 à 9 ans, et nous souhaiterions aller vers un public légèrement plus grand, voire vers des romans tous publics. Pour les albums, cela est difficile car les livres illustrés ne plaisent plus trop passé un certain âge, mais nous avons déjà pensé aller vers d’autres genres comme la BD. Nous n’en sommes pas encore là. Peut-être un jour…

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