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L'Apprentie sorcière

Cerise (Coloriste), Clarke (Dessinateur), François Gilson (Scénariste)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 30/04/2007  -  bd
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L'Apprentie sorcière

Dans ce quinzième album, la famille de Mélusine s’élargit. Au hasard d’une visite de sa demi-sœur (ou plutôt double-sœur si l’on en juge par son embonpoint relatif), notre jeune sorcière découvre sa nièce, une jeune peste, nommée Malicella. Encore apprentie, comme Cancrelune, cette jeune harpie est confiée à Mélusine pour une durée indéterminée et mène la vie dure à son entourage tout au long de l’album. Elle vient donc rejoindre les copines de Mélusine et la galerie des monstres du château : fantômes, vampires, fées maladroites, démons et autres créatures maléfiques.

Auteur de séries burlesques thématiques chez Dupuis (Garage Isidore, Cactus Club), dignes de chez Bamboo, François Gilson est le scénariste créateur de Mélusine avec le dessinateur Clarke. Dans la seconde moitié des années 90, tandis que la fièvre magique gagne le jeune public (succès d’Halloween, de Harry Potter, de Buffy et les vampires), nos deux compères font bonne pioche en lançant la série. Celle-ci s’est peu à peu imposée comme une valeur sûre de Spirou et des éditions du groom rouge.

De son côté, le prolifique Clarke, alias Frédéric Seron, a enrichi sa palette de personnages en dessinant d’autres séries (Les Cambrioleurs, Durant les travaux l’exposition continue, Luna Almaden, Sales petits contes), en signant seul des albums solo (Thérapies en vrac, P38 et bas nylon, Cosa nostra, Le Miracle de la vie) ou une série solo telle que Mister President. Mais c’est pour Mélusine, sa série la plus célèbre, qu’il a dessiné le plus grand nombre d’albums.

Une apprentie souricière

Il faut croire que de mauvais gènes circulent dans la famille de Mélusine. Sa nouvelle nièce est insupportable. Cette jeune adolescente, qui ne veut pas rester chez sa tante,  met toute son énergie à le faire savoir. Elle mystifie.  Elle tend des pièges. Une vraie souricière. Elle casse le mobilier, elle écrase des pieds, elle mord des vampires, elle traverse des fantômes. Le problème, c’est qu’elle utilise aussi tous ses pouvoirs magiques et que ces pouvoirs, elle les contrôle mal… Les transformations en lapin, en grenouille ou en dragon vont bon train. Les apparitions, les disparitions dérapent. Au grand dam de Mélusine et de ses copines, prises au piège comme de tendres petites souris. 

Malicella est loin d’être une apprentie modèle. Elle ne veut suivre aucun enseignement, elle n’apprend rien si ce n’est des tours pendards à jouer aux habitants du château hanté. Pan sur le nez !

Beaucoup de tracas, beaucoup de dégâts

La plupart des gags, de une à trois pages,  mettent en scène une Malicella source intarissable de tracas et de dégâts. Décidément l’entrée dans l’adolescence est difficile. Surtout quand on ne peut pas s’en prendre à des parents absents. Le petit monde de Mélusine n’était déjà pas très tranquille, mais là, on frise le chaos. Bonne idée. L’arrivée de la jeune apprentie rajeunit et dynamise la série.

Le trait de Clarke est toujours aussi constant, limpide et élégant. Un vrai régal pour les yeux. Les couleurs sont fidèles à elles-mêmes, jaunes, vertes, rousses sur un fond parfois noir tendance violet.

Les histoires de Gilson sont tantôt amusantes tantôt drôles. Jamais triviales, bien mises en dialogue et toujours pleines de poésie.

L’apprentie sorcière est l’un des bons albums de la série. Essayez-le vous aussi. Abracada. Abrabracadra. Et laissez s’opérer la malice de la Malicella…

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