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L'échelle de Darwin

Greg Bear ( Auteur), Jean-Daniel Brèque (Traducteur), Jürgen Ziewe (Illustrateur de couverture)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/05/2001  -  livre
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L'échelle de Darwin

Greg Bear commet des livres de science-fiction qui traitent de l'évolution biologique. C'est un peu son dada. Auteur de 27 livres variés, c'est surtout pour ces qualités qu'il est reconnu. D'ailleurs, L'échelle de Darwin, son dernier livre a reçu le prix Nebula 2000. Voyons cela de plus près…

Un cas digne des affaires non classées

Kaye lang est microbiologiste, certes. Mais si elle voyage en Géorgie, c'est pour affaire, et non pour réaliser des typages génétiques sur des cadavres. Car cadavres il y a, et en nombre, car l'ONU vient de découvrir un véritable charnier où des populations d'hommes et de femmes enceintes ont été sacrifiées. Purification ethnique ? Peut-être pas…

Christopher Dicken est chasseur de virus pour le compte de l'Amérique et il est, lui aussi, dans les parages. Mais ses investigations sont interrompues par un retour précipité au bercail. La cause en est une épidémie foudroyante d'un virus non identifié, surnommé la grippe d'Hérode, qui cause des fausses couches par dizaines aux Etats-Unis, et bientôt dans le monde…

Mitch Rafelson est paléontologue, épris à ses heures de promenades en montagne et de belles norvégiennes. Mais en se laissant mener par le bout du nez au cœur des Alpes autrichiennes, il est bien loin d'imaginer qu'il va mettre la main sur un couple de momies néandertaliennes mortes de froid il y a 10 000 ans. Détail anecdotique : la femelle, blessée, porte contre son sein un bébé mort-né, le crâne enfoncé…

L'attaque des rétrovirus endogènes

Et si tout cela n'était pas qu'une succession de coïncidences ? Chacun des trois protagonistes possède une partie des pièces du puzzle, mais aucun ne sait les assembler, car les inconnues sont trop nombreuses.

Pendant ce temps l'épidémie progresse. L'agent infectieux est identifié : SHEVA, un rétrovirus endogène vient de s'activer dans le génome humain, et il semble pathogène. Les travaux de Kaye Lang dans ce domaine lui ouvrent les portes du prix Nobel.
Mais la préoccupation de Kaye est ailleurs. Avec Mitch et Christopher, ils veulent éclaircir le mystère de SHEVA. Kaye est convaincue qu'il ne s'agit pas d'un pathogène, mais plutôt d'un agent responsable de l'évolution. L'Homme serait-il en train de changer ? Kaye veut en avoir le cœur net, mais pour cela, elle sera son propre cobaye.

Quand la science nuit au récit

L'échelle de Darwin se veut une description pertinente de l'évolution possible de la lignée humaine. L'auteur reconnaît lui-même ses ambitions et la disponibilité en fin de volume d'un précis de biologie ainsi que d'un lexique abondent en ce sens. Il s'agit donc d'un livre touchant un public plutôt averti. Ce public là risque d'être fort déçu…

Si l'histoire est prenante et plutôt bien menée, elle est gâchée par des considérations biologiques trop approximatives. On ne saurait trop conseiller à l'auteur de relire Darwin (qui doit se retourner dans sa tombe) car sa vision de l'évolution en est bien éloignée : jamais saltationnisme et progrès biologique n'ont été développés par Darwin. Quant aux hommes modernes, ils ne descendent pas en droite ligne des néandertaliens comme Bear l'entend.
Peut-on attendre mieux d'un auteur dont les compatriotes apprennent encore à leurs enfants que le monde a été créé en sept jours par un grand dadet paresseux ? J'ose espérer que oui.

Enfin, et parce qu'il ne faut pas toujours accabler la même bête de somme, je m'insurge contre la traduction de ce livre qui nuit aussi à sa lisibilité. Darwin n'a jamais parlé d'échelle, et sa vision de l'évolution était tout sauf une ascension vers le progrès. On préférera donc le titre original : Darwin's radio.

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