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L'édito de Bifrost -35
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L'édito de Bifrost -35

Je sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, ça sent les vacances et c’est pas dommage. Bientôt fin juin. Plus qu’à torcher l’édito et zou : sea, sex and sun (enfin, surtout sea). Vous parlerais bien de comment je vais me dorer la pilule aux frais des abonnés dans un endroit paradisiaque peuplé d’allemands. Si, si. Sauf que vous vous en en tapez, naturellement (ce en quoi vous avez bien tort). Les vacances ? Oui. Ou tout du moins un petit break entre un début d’année 2004 pas franchement folichon et une fin d’année qui promet d’être mouvementée en terme de remembrements Éditoriaux — à défaut d’être sexy en ce qui concerne la librairie et les nouveautés de qualité. Il y a d’abord, bien sûr, les grandes manœuvres chez les grands patrons des grands groupes éditoriaux français, le genre de truc qui, comme l’orage, nous passe bien au-dessus de la tête mais nous retombe en pluie fine sur le sommet du crane dès qu’on met les pieds en librairie. Editis bien sur, dont le bon baron Ernest-Antoine et sa holding Wendel viennent de racheter 60 % au constructeur de missiles Lagardère (pour 660 millions d’euros, soit 8250 années de budget de Bifrost, ce qui laisse tout de même le temps de voir venir…) au nez et à la barbe de Gallimard et Media Participation (groupe catho qui proposait tout de même 20 millions de plus, hein). Dans l’escarcelle, notamment : Pocket et le Fleuve Noir, La Découverte (Éditeur de Michael Moore, ce qui est assez rigolo) ou encore 10/18. Tous les potes de Seillière clament haut et fort qu’ils sont là pour quinze ans, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas encore arrivés qu’ils parlent déjà de se barrer. Bon… Et puis les bruits alarmants sur l’État de santé du groupe Flammarion (racheté par l’italien Rizzoli il y a quelques mois). Et puis les clashes au Seuil (tout juste racheté par La Martiniére), et son ex PDG, Claude Cherki, démissionnaire/viré, accusé par Jean-Claude Guillebaud (directeur littéraire de la maison) de s’en être foutu plein les fouilles de manière peu élégante… Bref. Enfin, du côté des petits, avec un impact à plus court terme sur nos genres d’élection, il y a le plantage d’Imaginaire Sans Frontière, qui embarque dans sa tourmente la revue de fantasy Asphodale (ce qui nous fait tout de même deux revues spécialisées, après Ténèbres, à dégager en quelques mois). Si les livres d’ISF étaient plutôt moches, ils étaient plutôt bons. Voici donc un Éditeur qui disparaît, ou qui semble bien en passe de le faire, éditeur qui affirmait son attachement à la véritable science-fiction, notamment sous sa forme la plus percutante, la nouvelle (on pense aux recueils de Bisson, Girardot, Ayerdhal ou encore Reed). Un éditeur qui n’étayait pas son catalogue de gros pavés de fantasy, bref, un éditeur mort ou à tout le moins moribond… Et puis il y a les nouveaux, une chiée : Octobre d’abord, maison créée par Pierre Grimbert… dédiée à la grandeur de Pierre Grimbert… avec, pour premier titre, Le Testament oublié, la suite de Secret de Ji de… Pierre Grimbert. Il est annoncé trois à quatre titres par an, de la fantasy pour l’essentiel, signés Audrey Françaix et… Pierre Grimbert. Nous avons également Eons, une maison d’édition dont à cette heure je ne saisis pas tout à fait l’ambition. Il semblerait que l’idée soit de publier des bouquins (des rééditions, visiblement) à la fois ´ physiquement ª, mais aussi disponibles par téléchargement. Premiers titres : le cycle de Yorg de l’Ile d’Alain Le Bussy (dispo) et Le Courant d’Alcyon de Brian Stableford. Pour plus d’infos, promenez vous sur leur site : www.eons.fr, pour peu que ce dernier fonctionne correctement (pas gagné). Enfin et plus ambitieux, voici Les Moutons électriques, la maison d’édition lancée par notre collaborateur de toujours, André-François Ruaud. Qui connaît l’animal sait que nous trouverons à coup s°r au catalogue futur de cette petite structure des livres de bon aloi, plutôt intellos et marqués au sceau de la fantasy de qualité (même si l’éditeur proposera également de la S-F). Premier titre : un Panorama illustré de la fantasy et du merveilleux, gros et ambitieux volume disponible à la rentrée (possibilité de souscription jusqu’à fin août). Le site des Moutons, pour l’heure un embryon appelé à évoluer, se trouve à l’adresse : http://www.moutons-electriques.com. Pas mal de changements, donc, et je vous fais gr‚ce des deux ou trois projets dont j’entends parler ça et là mais qui sont encore en gestation. A suivre.

Avant de définitivement quitter mes jeans pour un calbute à fleurs du plus bel effet, quelques lignes sur ce nouveau Bifrost. Pourquoi un ´ spécial aventures spatiales ª ? Simplement parce que c’est l’essence même du genre S-F et que nous adorons ça. Le principe appliqué est le même que pour notre ´ spécial uchronie ª : l’ensemble des fictions proposées qui ressortit au domaine, auxquelles répond un article central, guide de lecture et présentation du space opera, histoire de savoir o_ on va et de compléter sa bibliothèque. En attendant un spécial Français à la rentrée, opus qui devrait brosser un panorama assez complet de la situation de nos auteurs au sein du paysage éditorial actuel. Mais, pour l’heure, accrochez-vous : l’aventure est là, juste derrière, et elle débute par la rencontre du ´ chasseur sous l’horizon ª d’un certain Thomas Day. Et puis, n’oubliez pas : ´ dans l’espace, personne ne sentira l’odeur de votre crème solaire ª !

Bon surf…

Olivier Girard

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