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L’Epicurien

St Ef (Dessinateur, Coloriste), St Jo (Scénariste)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/12/2004  -  bd
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L’Epicurien

L’Epicurien est le premier tome du diptyque Les Quartiers de l’Etrange réalisé par deux jeunes novices. Le dessinateur, St Ef, est né en 1971 au Québec. Après une formation en Art et en 3D, il travaille pour le jeu vidéo, devenant même chef de projets chez Ubisoft. Mais en 2001, le virus de la bande dessinée revient le titiller et il publie son premier album L’OEil de Bœuf (Editions 400 coups), dont il réalise scénario et dessins. Il rencontre St Jo, alors rédacteur web pour une maison d’édition (qui n’est pas Albin Michel), grâce au merveilleux outil qu’est l’Internet. Séduit par l’atmosphère de qui se dégage du travail de St Ef, le Belge St Jo, lui propose un scénario dont voici aujourd’hui l’étrange et sombre résultat.

La maison de chair et de chère

Guillaume parvient jusqu’à la petite ville de Montroit et décide de s’y arrêter afin d’y trouver un job. Il commence sa visite en s’arrêtant dans un hôtel-restaurant L’Epicurien. La jeune serveuse, fort jolie, sympathise très vite avec Guillaume, elle va même jusqu’à lui proposer de travailler pour l’établissement en tant qu’aide cuisinier. A L’Epicurien, la clientèle, masculine, vient pour savourer tous les plaisirs de la chair et les nombreuses hôtesses sont là pour s’en assurer. Mais que se passe-t-il réellement dans les entrailles de cet étrange établissement dirigé par une femme sur laquelle court les plus terrifiantes rumeurs ?

Un album en demi teinte

Troisième titre de la collection Post Mortem d’Albin Michel, cette série tranche singulièrement d’avec les deux premières, Alister Kayne et Fils de l’Enfer. La couverture est sans aucun doute attrayante avec son jeu de rouge et de noir, ses deux visages et surtout la série d’ombres sur l’escalier. Une couverture pleine de promesses en somme. Mais une belle couverture ne fait pas tout, qu’en est-il de l’histoire ? Et bien, ce premier tome laisse une impression étrange, un sentiment que le tout n’est pas maîtrisé entièrement. Certes, les deux auteurs débutent seulement et il faut leur laisser le temps de se parfaire, mais les faiblesses de ce premier tome sont parfois un peu trop voyantes et présentes. Les dialogues en sont l’exemple le plus frappant, ils sonnent atrocement faux, surtout au début de l’album. Toute l’histoire perd en crédibilité et en intérêt. Pourtant, l’intrigue de fond est plutôt attrayante et recèle une bonne part de mystère. La grosse maquerelle est le personnage le plus intriguant du récit puisque quasiment rien n’est révélé sur elle. A contrario le prêtre extrémiste est bien trop caricatural et on a peine à croire en sa vraisemblance. Du côté de bonnes idées, les auteurs prennent le parti de suggérer et de ménager des zones d’ombres y compris dans le dessin, creusant ainsi un sillon dans la pure veine fantastique.

Un mot des dessins tout de même qui feront sans aucun doute parler d’eux. St Ef réalise ses planches entièrement à l’ordinateur et le résultat est pour le moins déconcertant. Aucun trait ne vient discipliner la couleur, c’est de la couleur que naît l’image. Du coup, on se retrouve confronté à un univers glacé et peu attractif que sauvent in extremis les couleurs chaudes, qui par ailleurs soulignent le caractère infernal du bordel. Ce traitement à l’ordinateur aura ses adeptes mais en rebutera beaucoup. Le camp des « pour » mettra en avant l’innovation et le caractère inhabituel de ces dessins. Le camp des « contre », y verra un artifice qui peine à nous émoustiller l’œil.

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