- le  

La 2.333ème Dimension

Marc-Antoine Mathieu (Scénariste, Dessinateur)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 29/02/2004  -  bd
voir l'oeuvre
Commenter

La 2.333ème Dimension

Marc-Antoine Mathieu, né en 1959, est auteur de bande dessinée et scénographe. Il travaille à la création d’exposition dans l’agence Lucie Lom. Entres autres réalisations, il a conçu l’expo « Espagne-Espagne » pour Angoulême en 1989, l’année suivante il crée « God Save the Comics » toujours pour la ville d’Angoulême et récemment il a participé aux festivités de Lille 2004 Capitale européenne de la culture en créant avec Philippe Leduc « La forêt suspendue ». Il publie sa première bande dessinée en 1987, Paris-Mâcon, chez Futuropolis. Le tome initial des aventures de Julius Corentin Acquefacques paraît en 1990. L’Origine remporte un vif succès auprès de la critique et est couronnée par une flopée de prix dont L’Alph Art coup de cœur 1991 à Angoulême. Le quatrième tome des péripéties narratives et graphiques de son héros rêveur intitulé Le Début de la Fin est paru il y a presque dix ans. Entre temps, Mathieu s’est attelé à deux autres albums. Mémoire morte (Delcourt) qui lorgne du côté de la science-fiction : un énorme ordinateur stocke la mémoire de tous les habitants d’une immense cité qui finissent par vivre uniquement dans l’immédiat. Et Le Dessin (Delcourt) dans lequel on suit la quête d’un homme qui se persuade que le tableau que lui a laissé son meilleur ami à sa mort recèle une énigme. Deux œuvres à lire absolument.

« Et un point de fuite mal réglé, ce sont des ennuis… en perspective.»

Des inspecteurs de la réalité se rendent chez Julius Corentin Acquefacques pour un contrôle d’oniroactivité. Ils tentent d’emprisonner tous ses rêves mais « le rêve à ne pas faire » s’échappe. JC Acquefacques provoque alors une catastrophe, en rêvant qu’il rêve, il détruit un point de fuite et donc du coup toute perspective : tous les autres personnages se retrouvent alors à plat. Le relief fait cruellement défaut et la platitude a gagné toutes les pages de la bande dessinée. Acquefacques est désigné volontaire pour l’opération « fuite en avant », il doit se rendre dans l’inframonde et récupérer le point de fuite.

A ne manquer sous aucun prétexte

Une vraie petite merveille d’intelligence et d’humour que ce cinquième tome à l’instar de tous les autres albums de la série. Marc-Antoine Mathieu a décidé de nous entraîner cette fois dans les méandres de la perspective. Alliant toujours la forme et le fond, il promène son lecteur dans les rêves de son héros Julius et nous fait découvrir cette fois la nécessité de la perspective dans le dessin. A la manière de Scott Mc Cloud théorisant la bande dessinée en bande dessinée, Mathieu fait de la bande dessinée le personnage de son récit. Ses jeux graphiques, son inventivité pourraient être comparés à ce que faisait Pérec en littérature. De la contrainte, de la logique, des mathématiques naît le poétique. Les trouvailles s’enchaînent, toutes plus subtiles les unes que les autres, la plus flagrante étant l’introduction de planches rouges et bleues qui ne peuvent se lire qu’avec des lunettes 3D ou le clin d’œil à deux autres auteurs qui aiment jouer avec le media bande dessinée, Schuiten et Trondheim. La 2.333e Dimension est un exercice de style sérieux tout en gardant la légèreté nécessaire pour ne pas tomber dans le didactique. Marc-Antoine Mathieu aime profondément la bande dessinée et nous donne l’occasion de jouer avec lui. Une série que toute bibliothèque qui se respecte doit posséder.

Genres / Mots-clés

Partager cet article

Qu'en pensez-vous ?