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La Dernière Colonie

Didier Florentz (Illustrateur de couverture), John Scalzi ( Auteur), Mikaël Cabon (Traducteur)
Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/05/2008  -  livre
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La Dernière Colonie

John Scalzi est un écrivain américain relativement nouveau sur la scène SF mondiale. Il s’est fait connaître par son roman Le Vieil Homme et la guerre (2005), premier tome d’une série de space opera qui assume sa filiation avec le Starship Troopers de Robert A. Heinlein. Suit Les Brigades fantômes, second volume du cycle, publié début 2006. Scalzi démarre un nouveau cycle en 2006 avec The Android’s Dream (inédit en France), donc le second tome sortira l’année prochaine. Parallèlement à son activité d’écrivain, Scalzi tient plusieurs sites ou rubriques sur le web, dont une chronique cinéma hebdomadaire pour le réseau AMC.

La Dernière colonie, qui a raté de peu le prix Hugo 2008, est annoncé par l’éditeur français comme la conclusion de la trilogie du Vieil homme et la guerre. Un quatrième roman, Zoe’s Tale, est pourtant sorti aux Etats-Unis en août 2008.

Le retour de John Perry

John Perry, que l’on avait quitté à la fin du Vieil Homme et la guerre pour une retraite bien méritée, vit désormais sur Huckleberry avec sa femme Jane Sagan, ex officier des Forces Spéciales, et Zoé, leur fille adoptive. Il est le médiateur d’un petit village tandis que Jane y fait appliquer la loi. Leur quotidien tranquille est interrompu lorsque le général Rybicki leur demande de diriger une nouvelle colonie sur la planète Roanoke. C’est donc à la tête de deux milles colons que la famille Perry part confiante pour cette mission. Mais Rybicki ne leur a pas tout dit, notamment que leur destination est un des secrets les mieux gardés de la galaxie. Car le Conclave, cette assemblée mystérieuse de centaines d’espèces extraterrestres que l’on avait découverte à la fin des Brigades fantômes, pourrait ne pas voir d’un bon œil cette nouvelle implantation humaine. Roanoke sera-t-elle la dernière colonie de l’humanité ?

Un troisième tome dans la lignée des premiers

Ceux qui ont apprécié Le Vieil Homme et la guerre et Les Brigades fantômes ne seront pas dépaysés par La Dernière Colonie. Scalzi reprend les ingrédients qui ont fait le succès de cette série : un univers intéressant, cohérent et bien exploité, une intrigue de guerre interstellaire sans excès de militarisme, des personnages attachants et un ton désinvolte. Le retour à la narration subjective, abandonnée dans le second tome, se fait tout naturellement. On retrouve Perry et Sagan sans avoir l’impression que Scalzi ait forcé leur destin pour les impliquer dans une nouvelle aventure.

On sent pourtant une légère baisse de régime chez l’écrivain, dont le  présent roman manque un peu de sel par rapport aux précédents. Déjà, le contexte technologique, qui faisait la force des deux premiers romans, est a fortiori moins présent, puisque la nouvelle colonie doit quasiment repartir de zéro pour diverses raisons. On est même amusé par la naïveté de certaines trouvailles (déchiffrer des informations secrètes grâce au suivi des modifications des traitements de texte !). Si l’imbroglio politique prend de l’ampleur avec un certain bonheur, l’intrigue en elle-même est plus lente et légèrement moins intéressante. On est même parfois un peu déçu par la facilité avec laquelle les héros s’en sortent. Certes, il y a le quota de morts symboliques pour donner une crédibilité à la situation critique de la colonie, mais globalement Scalzi s’arrange pour que les affrontements entre humains et extraterrestres tournent à l’avantage des premiers alors que, du propre aveu de Perry, leurs chances sont infimes. Si bien que leur réussite paraît hasardeuse, voire suspecte. L’auteur donne ainsi l’impression d’être trop consensuel, y compris dans le choix de ses personnages qui, quel que soit leur camp, révèlent tous (ou presque) un bon fond.

Ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment de lecture. L’intrigue bien huilée de l’auteur, à défaut d’être totalement crédible, reste suffisamment rythmée pour nous emmener jusqu’à la fin du livre, et la légèreté un peu forcée du ton n’en procure pas moins de plaisir. Surtout, on est ravi de retrouver Perry et Sagan dans des rôles différents des premiers romans. Cela dit, on se demande si un quatrième tome au cycle ne viendrait pas à bout de notre enthousiasme…

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