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La Fontaine pétrifiante

Christopher Priest ( Auteur), Eric Scala (Illustrateur de couverture), Jacques Chambon (Traducteur)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : 
Date de parution : 28/02/2003  -  livre
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La Fontaine pétrifiante

Il était une fois en Angleterre un jeune apprenti comptable… qui ne devait jamais le devenir. Pour le plus grand bien de la SF, Christopher Priest décida de plaquer les chiffres pour se consacrer aux lettres. Après un discret premier roman qui ne trouva pas d'éditeur en France et un excellent second qui fut mal traduit (Fugue for a Darkening Island devint Le Rat blanc…), il y eut en 1974 Le Monde Inverti et là justement, le monde su que le genre avait trouvé une nouvelle voix. Avec une production peu abondante, d'excellente qualité et traitant principalement de notre perception de la réalité, il est souvent (trop souvent à son goût) comparé à Dick.

L'introspection grâce à l'écriture et la métaphore

Dans La Fontaine pétrifiante, Peter Sinclair se retire à la campagne afin de faire le point sur sa vie. Son père vient de mourir, sa compagne l'a quitté, son travail aussi et son appartement lui est retiré. Bref, il est au bout du rouleau et trouve dans la rédaction de son autobiographie l'ultime moyen de ne pas achever cette dislocation intellectuelle, physique, économique et sociale. Il s'investit si totalement dans son œuvre qu'il la transforme en roman dont il est le personnage principal. Divergeant de plus en plus avec la réalité, il construit un océan peuplé d'îles dans lequel son alter ego remporte le gros lot de la loterie : l'immortalité.

Priest n'est pas Dick !

Alors que le personnage Dickien découvre par une incohérence dans la trame du réel que la réalité n'est pas ce qu'elle semblait être, celui de Priest, et en particulier Peter Sinclair, décide de se retirer du monde, de la normalité définie par l'acceptation commune d'un ensemble de caractéristiques considérées comme des faits pour construire une réalité plus conforme à leurs désirs.

Priest : une valeur sûre

En montrant alternativement Peter Sinclair dans notre réalité puis dans la sienne, l'auteur nous livre une réflexion claire mais poussée sur la mémoire, la conscience et l'écriture. Comme à son habitude, Priest nous laisse sur une conclusion ouverte et ambiguë pour laquelle le lecteur peut avoir au moins deux ou trois options différentes. Si ce genre de non-conclusion vous insupporte, passez votre chemin mais vous auriez tort car vous manqueriez un très bon texte servi par une écriture et une description extrêmement méticuleuse de la psychologie des personnages.

Régulièrement réédité

La Fontaine pétrifiante est au centre du cycle de L'Archipel du rêve dont le prologue est Futur Intérieur (à rapprocher de Simulacron 3 de Galouye). Constitué du recueil de nouvelles éponyme et du roman Le Don, bien que pouvant se lire indépendamment, on attendra avec impatience la réédition des autres. Une fois de plus, Christopher Priest nous démontre qu'en étant le plus Mainstream des auteurs de SF, il est aussi et définitivement un comptable raté, et c'est tant mieux !

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