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La muse égarée

Brian Stableford ( Auteur), C. Rabier (Traducteur), Anne-Claire Payet (Illustrateur de couverture)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/03/2011  -  livre
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La muse égarée

Brian Stableford est un vieux routard de l'Imaginaire qu'il a pratiqué sous toutes ses formes. Depuis les années 70, il a écrit un nombre impressionnant de romans et de nouvelles en science-fiction, fantastique et fantasy. Une partie seulement a été traduit en français dont les séries Asgard, Daedalus, David Lydyard (avec Les Loups-garous de Londres comme premier tome de ce dyptique) et Genèse. Un peu sur la touche en France depuis la fin des années 90 (malgré la réédition partielle de son cycle Grainger des Etoiles aux éditions Eons), Brian Stableford est désormais pensionnaire de la collection Rivière Blanche qui a édité en 2010 un recueil de nouvelles, Dimension Brian Stableford, avant La Muse égarée, autre recueil de trois récits cette fois complètement inédits.

Mnémosyne, île d'artistes...
 
Dans un monde où l'Empire romain dure depuis 2000 ans (César n'a pas été tué par Brutus), la vie s'écoule tranquillement sur l'île de Mnémosyne, fréquentée par de nombreux artistes. Parmi eux Axel Rathenius est un peintre au talent reconnu par tous. C'est surtout un maître dans l'art de faire et de défaire les intrigues qui nourrissent le quotidien de leurs petites communautés. Dans L'Exposition secrète, il participe à un défi avec un peintre qui vient de débarquer sur l'île. Ils sont chargés de faire le portrait d'une même jeune femme pour comparer leurs talents...

Dans la deuxième nouvelle, L'Incube de la Rose, Axel Rathenius se montre sous un jour encore plus manipulateur puisqu'il organise littéralement la conquête d'une musicienne talentueuse mais lesbienne par un compositeur de génie...
 
Enfin dans le dernier texte, le plus long, il accompagne son amie à la rencontre d'un de ses anciens amants qui a trouvé refuge dans le phare de l'île pour en être le gardien. Un récit étonnant dans lequel il développe un nouvel art, celui de modeler les rêves : le mophéomorphisme...

Une ambiance douce et fantastique avec l'art en toile de fond...

La Muse égarée est un recueil de nouvelles dans lequel le fantastique et l'uchronie ne jouent qu'un rôle mineur. Brian Stableford tisse des intrigues dans lesquelles les histoires entre les êtres humains sont les plus importantes. Souvent cruels, ses héros n'hésitent pas à se manipuler les uns les autres juste par distraction, s'inventant des histoires par jeu, soulignant ainsi la vacuité de leur quotidien... C'est une sorte de théâtre permanent que domine la figure centrale d'Axel Rathenius, tour à tour sympathique, généreux, protecteur mais aussi dangereux et immoral...

La lecture de ce recueil au parfum douceâtre et écoeurant n'est pas désagréable. Brian Stableford y installe une ambiance particulière avec un rythme faussement lent. On se délecte de la perversion de cette communauté décadente d'où se dégage une certaine poésie mais aussi de l'amitié et du respect entre ses membres. Une jolie réussite d'un auteur qui mériterait sûrement qu'on le traduise un peu plus en France... 

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