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La Pierre

Michel Suro (Dessinateur), Eric Corbeyran (Scénariste), Luca Malisan (Coloriste)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/04/2009  -  bd
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La Pierre

Eric Corbeyran est un scénariste à l’imagination foisonnante. S’il a créé le monde des Stryges il y a une dizaine d’années avec Guérineau (souvenez-vous, ces créatures qui ressemblent vaguement à des oiseaux pas très rassurants), il ne cesse depuis de développer  l’univers tentaculaire qui leur est attaché. Au fil de nouvelles séries, c’est avec un plaisir non contenu que l’on retrouve ainsi ces êtres étranges. Après Le Chant des Stryges, Corbeyran réalise ainsi Le Maître de Jeu (avec Charlet puis Horne), Les Hydres d’Arès (avec Sentenac) ainsi que Le Clan des Chimères, conçu en collaboration avec Michel Suro. C’est avec ce même dessinateur que Corbeyran signe ici le premier tome du Siècle des Ombres (la série est prévue en 6 tomes). Michel Suro, artiste autodidacte au graphisme classique, réalise ici les dessins avec Luca Sumo, coloriste, dans une série qui met en scène l’univers des Stryges au XVIIIe siècle.

De l'ombre en pleine lumière

En plein siècle des Lumières, Abeau et Cylinia de Roquebrune travaillent au service du pape Benoît XIV. Ils n'ont qu'un objectif : mettre la main sur Sandor G. Weltman et ce, au péril de leur vie... Ils soupçonnent le baron d'Holbach, philosophe éclairé et ami de Diderot, d'être en réalité cet homme maléfique. Un soir, alors qu'il organise une réception chez lui, le baron d'Holbach se fait dérober une pierre précieuse aux obscurs pouvoirs. Une double traque commence alors : Abeau et Cylinia pourchassent le baron d'Holbach, lui-même sur la trace de l'étrange pierre...

Une pierre de taille


À tous les égards, ce premier tome du Siècle des Ombres est une réussite. La dimension fantastique de l’album est subtilement construite et tient le lecteur en haleine du début à la fin de l’intrigue. Le cadre historique est suffisamment réaliste (on voit Diderot féliciter le baron d’Holbach pour sa collaboration à l’Encyclopédie dans les premières pages) pour faire des éléments surnaturels présents dans l’histoire de simples indices qui font progressivement basculer le récit dans le fantastique. Les dessins adoptent eux-aussi le même souci de réalisme : Michel Suro compose un salon parisien plus vrai que nature, une forêt brésilienne sauvage et tortueuse, comme on se l'imagine.

Dans ce cadre, le scénariste ménage le suspens et fait planer un certain nombre d’interrogations d’où naît le fantastique : comment expliquer la nature de la pierre trouvée au Brésil et comment expliquer sa disparition ? Qui est vraiment le baron d’Holbach ? À quoi attribuer les pouvoirs étranges qu’il partage avec Cylinia ?  Le lecteur, plongé dans l’univers des Lumières qui voit triompher l’esprit rationnel, se retrouve donc  dans l’obligation d’interpréter avec les limites du sien les événements troublants qui ponctuent le récit…

Tout est fait pour maintenir l’attention du lecteur : l’intrigue est riche en rebondissements et  les personnages conservent une semi-opacité. Ainsi, le baron d’Holbach est un homme énigmatique mais Cylinia possède elle aussi sa part de mystère et ce, malgré ses vêtements moulants (dessinés avec soin par Suro) qui dévoilent à eux seuls beaucoup de choses (et qui sont parfaitement inadaptés à une expédition au Brésil, n'importe quelle fille l'aura noté). En bref, ce premier tome intitulé La Pierre semble donc à même de soutenir l'édifice des cinq tomes à suivre...

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