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Le Dernier Prédateur

Jean-Philippe Marie (Illustrateur de couverture), Whitley Strieber ( Auteur)
Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : 
Date de parution : 30/11/2003  -  livre
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Le Dernier Prédateur

Whitley Strieber a vendu des millions d’exemplaires outre-Atlantique. Cet auteur d’origine texane a relaté son enlèvement par des extraterrestres en 1985 dans différents ouvrages tels que Communion ou Transformation. Cependant, c’est grâce à ses livres d’épouvante qu’il rencontre le succès. Le Dernier Prédateur peut-être considéré comme la suite du roman Les Prédateurs, mais il peut se lire indépendamment de ce dernier.

Quand le chasseur devient la proie

Miriam Blaylock, belle gardienne américaine et vivant au grand jour dans le monde des hommes, sent au fond de ses entrailles que le temps est venu d’enfanter. Elle se rend donc au Conclave d’Asie afin de trouver un mâle robuste pour donner à sa race un nouveau représentant. Cependant, lorsqu’elle parvient dans le lieu tenu secret depuis des millénaires, elle découvre que le conclave a été entièrement décimé. Aucun Gardien d’Asie n’a survécu. Prise de panique, elle décide de partir tout de suite avertir le conclave européen du danger qui guette leur clan. Aussitôt atterrie à Paris, elle est prise en chasse par un homme qui a juré la perte des Gardiens : Paul Ward. Quand le chasseur devient la proie, on ne sait plus qui peut bien être le dernier prédateur…

Un roman essoufflant

Le roman est une longue course-poursuite qui ne trouvera sa résolution que dans les ultimes pages. On se laisse au début emporter par le rythme effréné de la narration et le lecteur s’attache au personnage de Miriam, que le narrateur pose d’abord comme une victime avant de faire évoluer son jugement. Pourtant, Strieber ne parvient pas à garder en alerte son lecteur jusqu’au bout. Au-delà des incohérences avec le premier tome, Les Prédateurs, ce sont surtout les incohérences internes à ce roman, et notamment au niveau des personnages et de leur caractère, qui se révèlent être les plus désagréables. On termine la course-poursuite à bout de souffle en espérant enfin voir la dernière borne chapitrée se profiler.

En outre, Strieber brode sur le thème des vampires sans le renouveler véritablement et efficacement. Miriam est aussi attirante qu’elle est dangereuse et connaît toutes les gestes et les regards qui font succomber hommes ou femmes. L’auteur teinte son récit d’érotisme qui semble se nourrir de ses propres fantasmes. Il use d’une écriture très masculine qui se dévoile sans pudeur à travers son personnage Paul Ward. En effet, celui-ci se transforme, au fil du roman, en super héros jusqu’à la caricature. La fin est plus qu’attendue à la vue des grosses pierres laissées tout au long du roman à la place de petits gravillons qui auraient été plus suggestifs et moins lourds.

N’ayons tout de même pas la critique trop facile, il y a de bonnes surprises comme l’utilisation du motif des vasistas qui fait office d’écho narratif ou l’astuce des voiles qui donne son nom à la boîte de nuit de Miriam. S’y ajoutent les discours indirects libres dans lesquels Miriam parlent des hommes comme d’un troupeau savamment élevé par les Gardiens. Idée relativement angoissante pour le lecteur qui n’a d’autre choix que de se réfugier dans les pensées de Paul Ward qui présente, lui, les vampires comme des animaux. A la fin le lecteur reste perplexe et l’on se doute qu’un troisième tome verra le jour. En bref, un récit à réserver aux amateurs d’histoires vampiriques qui ont déjà lu les classiques du genre.

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