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Le Labyrinthe Infernal

Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/09/2007  -  bd
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Le Labyrinthe Infernal

Jacques Tardi est un personnage remarquable du paysage de la bande dessinée française. Il est depuis 1972 l'auteur d'une myriade de volumes, souvent sous forme de séries (Le Cri du Peuple, L'étrangleur, Adèle Blanc-sec,... ). Il est capable de mettre en bandes dessinées des histoires inventées par d'autres auteurs (par exemple Nestor Burma) mais aussi de raconter des aventures donc il est seul responsable de la trame. Comme Frédéric Dard, il lui arrive d'écrire une histoire au fil des pages sans même savoir où cela va le mener, et ses lecteurs avec lui.

Quand frappe le Minotaure

Adèle aspire à une vie rangée, tranquillement assise chez elle à écrire les feuilletons qu'elle aime inventer. Mais le calme n'est pas pour elle et son existence est un bien meilleur scénario que ce qu'elle couche elle-même sur le papier !
Les limules du tome précédent n'ont pas disparues, ni tous les personnages croisés par la jeune femme au cours de ses aventures. Peu à peu s'enchainent des évènements qui enserrent de plus en plus l'héroïne dans un labyrinthe d'intrigues et de questions sans réponses. Errant lui-aussi dans les rues et sur les toits de Paris, un minotaure carnivore qu'elle a connu autrefois va-t-il l'aider ou la dévorer comme ses autres victimes ?
Pourquoi essaie-t-on sans cesse de l'assassiner ? Et pourquoi les médicaments du docteur Chou ont-ils ces mystérieux effets secondaires ?

Glauque et prenant, comme une bd de Tardi !

C'est un rare plaisir que de retrouver Adèle, qui semblait disparue à jamais des librairies depuis 1998. Avec cette histoire tout aussi tordue et alambiquée que les précédentes, Tardi nous enchante encore une fois. le lecteur partage avec lui le plaisir intense qu'il a à retrouver tous les protagonistes des aventures de la belle, depuis Adèle elle-même jusqu'au ridicule Dentiste, en passant par Flageolet et Brindavoine.
Le scénario est, bien sûr, imprévisible et changeant, sans cesse secoué par des revirements, des intrigues secondaires et des apparitions inattendues. Il s'agit là d'une marque de fabrique que l'auteur sait manier à l'envie sans lasser ses lecteurs. Il maitrise à la perfection la manière de sauter d'un lieu à un autre, qui semble à première vue sans rapport, pour quelques pages plus loin nous dérouler le fil d'Ariane qui nous guide dans cette lecture à plusieurs sens. Il prend plaisir à nous perde puis à nous retrouver dans le labyrinthe de son imagination.
Ce qui ne gâche rien, c'est la qualité du dessin. A la première lecture, il semble simpliste, voire grossier. Mais les arrière-plans dessinent un Paris de l'entre deux guerres avec une qualité remarquable, une forme d'impressionnisme du trait qui nous plonge dans l'action bien plus complètement que ne pourrait le faire un trait plus complexe.
Il n'y a qu'une seule chose à reprocher à cette neuvième aventure d'Adèle Blanc-sec : de devoir attendre pour connaitre la suite...
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