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Le Serment des Tengu

Jean-Luc Sala (Scénariste, Dessinateur, Coloriste)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/08/2006  -  bd
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Le Serment des Tengu

Après la Fantasy urbaine avec Wisher, la deuxième série de la collection Portail entraîne le lecteur dans un Japon de contes et légendes. L’auteur Jean-Luc Sala, s’il a fait l’Institut Saint-Luc de Liège et a vu sa première bande dessinée éditée, La Légende de Kynan, se dirige d’abord vers l’univers du jeu vidéo. Il y occupera différents postes de story-boarder à scénariste jusqu’à devenir chef de projet. Alors qu’il a fait le tour de ce que pouvait lui apporter le monde du jeu vidéo, il retourne vers ses premières amours et fonde l’atelier Le Bocal avec d’autres rescapés. Après avoir scénarisé Cross Fire (Soleil) pour Pierre Mony-Chan, il décide de soumettre un projet en solo à l’éditeur de son premier album, Le Lombard. Le Serment du Tengu, premier volet de Bakemono, paraît donc dans la nouvelle collection dédiée aux littératures de l’imaginaire.

« Les plateaux de la grande balance présentent toujours un périlleux déséquilibre. »


Dans un Japon merveilleux, l’équilibre de la balance est menacée. Si l’un des deux plateaux venaient à se renverser, qui sait ce qui adviendrait du monde des hommes. Une guerre voit s’affronter les troupes de l’Empereur Blanc et celles du Roi Noir. Pour mettre fin au conflit, l’Empereur Blanc décide d’affronter en duel son ennemi juré. Victime de la traîtrise de ce dernier, il meurt non sans avoir demandé à son plus ancien ami, un tengu, d’honorer une dernière promesse. Elle concerne les trois filles de l’Empereur élevée en secret et séparément. Première étape l’Académie Impériale où se trouve Lame qui va enfin pouvoir révéler sa véritable nature.

« Les augures sont unanimes, une apocalypse va s’abattre sur le monde des mortels. »

Premier conseil, ne vous fiez pas à la couverture qui dessert l’ambiance posée par Jean-Luc Sala dans ce tome d’exposition. Elle donne l’impression que l’on va retrouver deux samouraïs projetés dans une galaxie lointaine. Il n’en est rien, l’intrigue se déroule dans un Japon médiéval empreint de merveilleux où les dieux interviennent parfois dans les affaires des hommes. L’auteur a centré son intrigue sur le Tengu, un demi-dieu, un homme-corbeau, un héros déchu retiré du monde qui va pourtant honorer l’ultime promesse de son ancien allié et ami. Le lecteur rencontre alors deux des premières filles de feu l’Empereur Blanc, Lame et Jade, aussi différentes que dotées chacune d’un caractère bien trempé. Bien que l’histoire soit régie par un manichéisme revendiqué sous couvert du dualisme inhérent à la pensée nippone, on prend plaisir à suivre les héros naissants. La balance est la figure centrale de la série, tout se joue sur un rythme binaire (le bien et le mal, le blanc et le noir) mais le trio formé par les jeunes femmes sera peut-être la pierre de voûte d’un équilibre retrouvé.

Sala structure son intrigue notamment par le découpage en chapitres et ménage des temps de pauses marqués par des accents poétiques. Son trait est alors plus apaisé avant de redevenir nerveux et dynamique dans les scènes de combat. Cependant, l’indéniable qualité de ce premier tome est de plonger le lecteur dans un univers original qui prend sa source dans un folklore peu usité encore en bande dessinée, les contes et légendes des pays orientaux. Le manga mis à part, seules quelques séries telle que Okko (Delcourt) s’inspirent du Japon médiéval qui est pourtant une alternative séduisante à l’Heroic Fantasy classique. Ce premier tome de Bakemono contient la promesse d’une épopée de haut vol en plus de donner un bel élan à la nouvelle collection Portail.

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