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Le voyageur imprudent

Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 26/03/2014  -  bd
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Le voyageur imprudent

Laurent Parcelier est né en 1962 à Chamalières. Il a étudié aux Arts Appliqués Duperré à Paris, et collaboré pour le magasine Triolo avec comme scénariste Didier Convard. On le connaît pour ses séries La Malédiction des Sept Boules Vertes ou encore Le Drôle de Monde, sorties de 1988 à 1996 aux éditions Casterman. Il fait partie de ces dessinateurs qui privilégient le style de la ligne claire, et des traits précis et rigoureux. Il se consacre maintenant à la peinture.
 
Samuel Epié est un coloriste de bande dessinée qui vit actuellement à Bordeaux. Il a réalisé un véritable travail de titan pour cette réédition de La Malédiction des Sept Boules Vertes.
 
Le voyage de Guilio
 
Quand un matin, Izar, le faucon apprivoisé de Guilio lui rapporte un étrange objet, le jeune garçon décide qu'il est temps pour lui de partir à l'aventure. En effet, personne ne semble savoir ce que peut être la trouvaille du rapace, preuve pour Guilio qu'il existe un autre univers derrière la Grande Forêt qui entoure son petit monde. Malgré les conseils de prudence, la peur de l'inconnu et les risques à affronter, il part sur le chemin de l'immense bois d'où personne n'est jamais revenu.
 
Accompagné d'un étrange bûcheron, Guilio va braver tous les pièges et obstacles à la recherche du monde inconnu. Arrivera-t-il au bout du chemin et surtout saura-t-il enfin ce qui se cache derrière cet horizon forestier ?
 
Une réédition parfaitement réussie
 

Tout en poésie et finesse, l'auteur nous conte une légende des plus oniriques. Entre rêve et réalité, le voyage du jeune Guilio et du bûcheron Ozgur ne va pas être de tout repos. Bien des péripéties vont agrémenter une route qui semble s'étirer sans fin. Le récit alterne au gré des pages les haltes dans des oasis et les épreuves. Les deux amis vont devoir faire appel à toute leur ingéniosité pour parvenir au bout de leur quête. J'aime beaucoup le personnage très attachant de Guilio : il semble ne jamais être vraiment pessimiste, il s'amuse de tout et même quand cela est très mal engagé il arrive encore à rire. Quant à son compagnon Ozgur, là c'est plutôt la sagesse tranquille qui avance à son rythme et que rien ne peut arrêter.

Ce voyage au cœur de cette forêt avaleuse d'homme se déroule dans un univers original et décalé. Les arbres semblent prendre vie, tantôt gigantesques et lugubres, tantôt majestueux et lumineux. Le périple est difficile et le lecteur aura une impression de malaise jusqu'à la fin,  avec le sentiment d'étouffer généré par  le manque d'horizon, et la sensation d'être observé à chaque pas ou page tournée. C'est en tout cas une belle ode à la nature qui peut être aussi belle et fascinante que sombre et dangereuse.

Samuel Epié a relevé avec brio le défi d'une nouvelle colorisation de la série. Il utilise toute une gamme de couleurs en fonction des peurs et des joies des personnages, et réussit à donner un autre regard à cet album tourné vers l'imaginaire et le rêve. Il n'hésite pas à jouer sur les tons pour amener un peu de tension, et faire ressentir le côté étouffant de cette forêt tentaculaire et carnivore, où le lecteur se perd avec les personnages. Cela laisse présager une suite des plus intéressantes. Il suffit parfois d'un petit rien pour entamer l'aventure de sa vie. Guilio vous invite à le suivre, n'hésitez pas...

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