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La Tour de guet ; Les Danseurs d'Arun

Eric Scala (Illustrateur de couverture), Elizabeth Lynn ( Auteur), Eléonore Bakhtadzé (Traducteur), Karine Lacroix-Pelletier (Traducteur)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/12/2005  -  livre
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Les Chroniques de Tornor

Elizabeth A. Lynn a commencé à publier en 1978 (A Different Light, traduit sous le titre L'Oeil du Peintre, 1981); elle a enchaîné cinq autres romans au cours des six années qui ont suivi: Watchtower (1979, La Tour de Guet, 1980), The Dancers of Arun (1979, Les Danseurs d'Arun, 1981), The Northern Girl (1980, La Fille du Nord, 1982), The Sardonyx Net (1981), The Red Hawk (1983) et The Silver Horse (1984), ainsi qu'un recueil de nouvelles, The Woman who loved the Moon and other stories (1981). Une très longue pause a suivi (entrecoupée seulement par la parution d'un second recueil de nouvelles, Tales from a vanished country, 1990), jusqu'en 1998 (Dragon's Winter). Elle a depuis publié deux autres romans, Dragon's Treasure (2003) et West Wandering Wind (2004). Les quatre romans traduits en français sont épuisés depuis bien longtemps, puisque les premières éditions datent de plus de vingt ans, jusqu'à ce que les Editions Terre de Brume aient la bonne idée de rééditer (avec une traduction revue) les trois romans formant Les Chroniques de Tornor (La Tour de Guet, Les Danseurs d'Arun et La Fille du Nord), et fait assez rare pour être souligné, c'est un regroupement des trois en deux volumes seulement qui a été fait.

Trois époques de l'histoire du pays d'Arun


Si les trois romans sont rattachés par une unité de lieu, par contre, ils sont nettement séparés dans le temps (environ deux siècles entre chacun d'entre eux), et peuvent se lire indépendamment.
Le premier récit relate la chute de la forteresse de Tornor aux mains de l'aventurier Col Istor, et l'apparition du mouvement des keari. Le second s'attache aux pas de Kerris, un jeune homme manchot, alors qu'il quitte Tornor pour partir découvrir Arun aux côtés de son frère, Kel, un danseur keari. Le dernier raconte un épisode de la vie de Sorren, jeune serve appartenant à Arré Med, la tête de la famille Med et l'une des dirigeantes de la ville du sud Kendra-du-Delta.

Une trilogie de fantasy au style original


Bien que les histoires soient indépendantes, le lecteur assiste dans chacune d'entre elle à l'expression de mouvements, de recherches qui ont été amorcées dans le précédent, et l'ensemble forme un tout cohérent. Cette impression est encore accentuée par le style très particulier de Elizabeth A. Lynn, extrêmement laconique, aux phrases très courtes, mais qui parvient de temps en temps à faire passer les images et la passion mieux que ne le feraient de longs discours. Et c'est important, car l'amour et le désir (hétéro- et homosexuel) sont soit au centre, soit du moins des ingrédients importants de chacun de ces trois récits, comme ils le sont dans le monde réel, et justement, cela permet à l'auteur de prêter une réalité tout à fait convaincante à certains de ses personnages et à leurs rapports entre eux. Les Chroniques de Tornor vaudraient la lecture déjà simplement pour ces aspects; j'ai été moins séduite par certaines parties des récits. La Fille du Nord et Les Danseurs d'Arun sont nettement mieux maîtrisés, et nettement plus convaincants au final (même si l'utilité de l'épisode à Tornor de La Fille du Nord est discutable), que La Tour de Guet. Ce dernier commence très bien, de manière originale et intéressante, mais le chemin du retour vers Tornor, et surtout la toute fin, semblent avoir été bâclés, comme si l'auteur avait soudain perdu tout intérêt pour ses personnages après avoir introduit les keari.
Les Chroniques de Tornor n'en restent pas moins une trilogie intéressante, de part les sujets abordés, les intrigues, et le style.

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