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Les Phalanges de l'Ordre noir

Enki Bilal (Dessinateur, Coloriste), Pierre Christin (Scénariste)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 31/07/2006  -  bd
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Les Phalanges de l'Ordre noir

Publié en premier lieu chez Dargaud en 1979, puis aux Humanoïdes Associés, Les Phalanges de l'Ordre noirLibération, enthousiaste devant ce qui est aujourd'hui un monument de la bande dessinée. Dans son éloge, le journaliste écrivait : " Les Phalanges de l'Ordre noir… vient de hisser définitivement le monde des bulles au niveau du roman. ", rien de moins. C'est dire si en quittant la science-fiction et le fantastique de leurs débuts (La Croisière des oubliés, Le Vaisseau de Pierre…), Enki Bilal et Pierre Christin allaient marquer le monde de la BD, tout en continuant à s'interroger sur le vingtième siècle.

Come-back

L'intrigue est celle d'un come-back, ou plutôt d'un réveil. Des années après la fin de la guerre d'Espagne, un groupuscule d'extrême droite se reforme pour exterminer tous les habitants d'un petit village ayant massivement voté à gauche lors des dernières élections. L'attentat revendiqué par les Phalanges de l'Ordre noir, vise selon ses auteurs à restaurer " les valeurs de l'occident chrétien " et menace de multiplier ces expéditions punitives. Devant ces événements, le sang de Pritchard, vieux journaliste anglais, ne fait qu'un tour. Il rassemble à grands coups de téléphone les anciens de sa section de combattants communistes pendant la guerre d'Espagne pour tenter de stopper le groupe fasciste. Des décennies plus tard, l'heure des règlements de comptes a sonné.

Dense

La re-formation de deux groupes d'anciens de la guerre d'Espagne a de prime abord quelque chose de jouissif (enfin surtout pour le groupe de communistes). Ces hommes et cette femme (il n'y en a qu'une) à l'approche de la soixantaine reprennent leurs idéaux de jeunesse dans un enthousiasme et quelques douleurs arthritiques qui font sourire. Mais au final, le propos est bien plus profond. Il y a des morts et surtout des désillusions qui font mal. Dans un récit assez dense (84 pages), Pierre Christin et Enki Bilal nous proposent une réflexion sur la fin des idéaux à l'aube des années 80. La nostalgie fait vite place au tragique. On comprend que l'œuvre ait marqué son époque. Et encore aujourd'hui, elle reste un monument de la BD. A lire absolument. Une des meilleures BD du tandem Christin/Bilal.

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