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Mia et le Migou

Jacques-Rémy Girerd (Scénariste), Benoît Chieux (Illustrateur interne), Folimage (Dessinateur)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 31/10/2008  -  jeunesse
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Mia et le Migou

Après le beau dessin animé de Jacques-Rémy Girerd diffusé pour Noël sur nos écrans, voici l’album du film. Cinéma oblige, Milan Jeunesse a choisi un format 16/9, un peu plus large qu’un format A4 en mode paysage. La présentation est propre, le papier agréable à toucher. La couverture est calquée sur l’affiche.

Comme toute traduction papier d’un dessin animé, l’histoire perd un peu de son enchantement (où sont les voix de Dany Boon et de Yolande Moreau ?). L’album est plutôt bon. Benoît Chieux, coscénariste du film, a mis ses talents d’illustrateur au service de l’adaptation du film, comme il l’avait déjà fait pour L’Enfant au grelot . A partir d’images du film, il recrée l’atmosphère de la nature enchantée et son style graphique original.

Mia et ses Migous

A cause de la sécheresse, il n’y a plus de travail au village. Le père de Mia est parti travailler loin sur un chantier  en bordure de forêt tropicale. Mia a un mauvais pressentiment. Toutes les nuits, elle rêve qu’un tunnel s’effondre sur son père. Contre vents et marées, elle décide de partir à sa rencontre pour le sauver.

Elle devra franchir une montagne, rencontrer une sorcière, traverser une forêt peuplée d’étranges personnages. C’est alors qu’elle rencontre des êtres étranges capables de changer de taille à leur guise, les Migous, gardiens de l’arbre sacré.

Mais en atteignant le chantier de son père, Mia y rencontre le patron du chantier, Jekhide, très en colère contre les Migous…

Avis partagés

Le livre n’ouvre pas sur le jeune Aldrin et son père Jekhide, le promoteur dévoré par son propre projet. Nous ne sommes pas dans une logique de rapprochement entre Aldrin, passionné d’astronomie, et de Mia, jeune villageoise orpheline de sa mère. Nous adoptons le point de vue de Mia qui part à l’aventure et rencontre Aldrin, par hasard. Un Aldrin un peu discret et dont l’émancipation n’apparaît pas très clairement dans l’album.

Le film a été décrit comme un film écolo, adapté aux préoccupations du temps. A vrai dire, les thématiques sous-jacentes sont multiples : écologique (ne pas mutiler la nature qui peut prendre sa revanche), économique (ne pas céder au délire d’enrichissement individuel), sociale (la vie d’un homme est plus précieuse qu’un fantasme de puissance), voire philosophique (la vérité est dans les étoiles). Bref, une vraie histoire citoyenne, riche, dense, à l’usage des petits et des plus grands.

Le principe de lecture est simple. Une illustration à droite en pleine page et un texte à gauche sobrement illustré. Ou vice-versa.  Quatre images en cours d’histoire s’étendent en longueur sur deux pages (format panoramique). Les textes semblent un peu étriqués au regard des images. Les illustrations semblent plus crayonnées que celles du film (sans doute en raison de leur aspect statique). Certaines images, plus contrastées, comme celle de l'arbre sacré ont plus de relief. Les dessins de Jekhide, de la sorcière ou des Migous semblent moins travaillés et moins esthétiques que Mia ou l’arbre magique. Les paragraphes étant un peu longs, certaines images sont parfois légèrement en décalage par rapport au texte (exemple du père qui tombe dans la crevasse sans que ce soit illustré). On aurait préféré parfois deux illustrations pour marquer les moments forts du récit.

Testé sur de jeunes enfants, les avis sont partagés. Les couleurs vives et variées plaisent. Les Migous amusent ou font un peu peur. L’avidité féroce du père d’Aldrin inquiète. Les conditions de retour à la nature après l’incendie dévastateur surprennent. Une question d’âge. Les plus grands sont plus critiques sur les images que sur le récit. C’est l’inverse pour les plus petits.

Qu’ils revivent le film vu au cinéma ou qu’ils découvrent l’histoire, les enfants ont envie de lire l’album, de le feuilleter, de le tenir dans les mains. Et le livre, en rupture avec les adaptations traditionnelles des films Disney ou Dreamworks,  ne les laisse pas indifférents.

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