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One shot

Dominique Latil (Scénariste), Lucio Parrillo (Dessinateur)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 31/05/2006  -  bd
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One shot

Dominique Latil est né en 1970. Diplômé en cinéma et audiovisuel, il navigue entre animation, réalisation et écriture avant de rencontrer Christophe Arleston avec qui il crée la série Mycroft Inquisitor. Il a à son actif d’autres séries telles que Les manuscrits de sang ou Les guerriers, et est rédacteur en chef adjoint de Lanfeust Mag.
Lucio Parrillo est né en 1974 en Italie. Il travaille dans les années 90 pour le journal Il cavatore et pour le magazine de BD Color. Il réalise de nombreuses illustrations pour des magazines de BD, des CD, des jeux de rôle… Aujourd’hui sculpteur, modeleur et animateur 3D, il travaille avec divers éditeurs en France, Italie, Allemagne et Etats-Unis. Pour un échantillon de son travail, un petit coup d’œil sur son site :

La corne d’abondance

Dans un futur pas forcément éloigné, les hommes ont épuisé les ressources de la Terre. Les sources d’énergie, notamment l’essence, sont très rares et convoitées autant par les bandits que par le gouvernement. Celui-ci missionne une femme agent secret, Ash, afin d’éclaircir le mystère qui plane autour de la Zone Blanche, communauté du New Nevada dont on dit que tous les souhaits s’y réalisent. Elle va y croiser le mentor du groupe, un tueur à gage et un monstre qui en a assez d’effrayer les gens.

Une idée originale mais pas suffisamment exploitée


L’atout principal de cette BD, au niveau scénaristique, c’est cette idée d’un lieu où tout ce que l’on souhaite se réalise. Outre les effets comiques issus de mauvaises formulations des désirs des personnages, c’est la réflexion sociologique et politique amorcée par l’auteur sur le pouvoir et ce qu’on en fait qui interpelle le lecteur : comment gérer un pouvoir a priori illimité ? Quelle responsabilité incombe-t-elle à celui qui le détient ? Latil confronte plusieurs points de vue de manière très intéressante. Malheureusement, cette réflexion est trop rapidement interrompue. Car One shot est un… one shot, une BD en un tome et ce format, souvent apprécié par opposition aux séries qui s’éternisent, limite ici le développement de l’idée principale.

A côté de ça, le scénario est relativement classique : confrontation de personnages aux objectifs contradictoires – il est d’ailleurs assez difficile de s’y retrouver au début dans la multiplication des protagonistes –, univers dont l’écologie est épuisée, humour plutôt bien à propos… Pas de grande surprise, mais une maîtrise de l’intrigue qui rend la lecture très agréable.

Un graphisme remarquable

Autre point fort de One shot : son graphisme. Avec un style « couleur directe » rappelant un peu Civiello, Parrillo nous offre des dessins remarquables, avec un excellent travail sur les visages et les expressions, même si la méthode « Photoshop » est un peu trop voyante et les effets de flou trop fréquents. Les différentes ambiances sont également bien retranscrites : ville oppressante, désert étouffant, zone blanche fantasmagorique…

Seule ombre à ce tableau : les bulles de texte et la police de caractères qui ne s’intègrent pas aux cases, rompant leur harmonie.

On en aurait aimé plus…


Au final, One shot est une très bonne BD mais elle souffre de son format trop court. On aurait aimé que la réflexion sur le pouvoir amorcée par Latil soit plus approfondie, il y avait en tout cas de quoi faire au moins un second tome sans risquer de manquer de matière. Et profiter plus longtemps du joli dessin de Parrillo n’aurait pas été non plus désagréable !

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