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Panique à l’Université

Neal Stephenson ( Auteur), Benjamin Carré (Illustrateur de couverture), Jean-Pierre Pugi (Traducteur)
Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/12/2003  -  livre
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Panique à l’Université

Neal Stephenson est surtout connu comme auteur de cyberpunk. Dans cette catégorie, on lui doit Samouraï virtuel (Snow Crash, 1991), L'âge de Diamant (Diamond Age, 1995) et Zodiac (1988), un thriller écologique, le Cryptonomicon (1999). Panique à l'Université (The Big U, 1984), son premier roman, s'attaque plutôt au milieu universitaire.

La Mégaversité Américaine

Un énorme bloc de béton surmonté de tours, coincé entre les voies rapides, dans lequel s'agitent des dizaines de milliers d'étudiants. Il y a le génie incompris, rêvant de venger son chaton illégal, l'étudiante qui s'implique dans la vie politique de sa fac, mais refuse de composer avec les desiderata des cervelles de moineau qui peuplent son étage, le club de jeu de rôle qui a envahi les égouts, des colocataires en guerre sonore permanente, divers groupuscules antagonistes plus ou moins politisés et plus ou moins imbibés de substances illégales, sans compter des dératiseurs crotobaltislaves aux sombres desseins… Le fait que le doyen semble de taille à maîtriser tout cela relève du miracle. Mais l'est il vraiment ?

Brouillon et drôle

Pas vraiment de scénario ou de ligne directrice, des personnages pas franchement profonds, tous les éléments sont rassemblés pour que la débâcle ne touche pas seulement la Mégaversité… Et pourtant, ça marche. Pour peu que le lecteur ait subi une grande fac, les milliers d'étudiants (pas tous volontaires) entassés, la cité universitaire avec ses guerres de clans et de haut-parleurs, il devrait apprécier la description presque zoologique des différentes sous-espèces d'étudiants, et pouvoir suivre avec une fascination horrifiée la lente accumulation d'improbables éléments menant à la catastrophe finale. C'est bien du Stephenson, même si son style a beaucoup évolué par la suite. On retrouve la multiplicité des éléments et des intrigues, la lenteur de l'évolution (même s'il se passe quelque chose en permanence, il est parfois difficile d'en voir l'intérêt), et le style sarcastique, ici poussé à ses extrêmes, entre autres par le sérieux adopté lorsque la trame vire à l'absurde. Panique à l'Université n'est pas un must dans la bibliographie de Stephenson, mais reste un bon moment de ce qu'on pourrait qualifier de délire universitaire.

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