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Rencontres

Rodolphe (Scénariste), Léo (Dessinateur)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 31/12/2002  -  bd
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Rencontres

Léo, de son vrai nom Luis Eduardo de Oliveira, est aujourd'hui un artiste connu et reconnu grâce au succès d'Aldébaran. Pourtant, il lui a fallu attendre de nombreuses années avant d'acquérir une certaine renommée. Né au Brésil en 1944, il fuit son pays en 1971 suite à sa participation active au sein de la gauche étudiante. Réfugié au Chili, il revient clandestinement au Brésil après le coup d'Etat de Pinochet et un séjour en Argentine. Il s'installe finalement à Paris en 1981 après avoir découvert la Bande dessinée franco-belge grâce aux magasines Pilote et Métal Hurlant. Le succès n'est pas immédiat malgré quelques planches publiées dans L'Echo des Savanes et Pilote. Le scénariste Rodolphe par le biais des illustrations sur la vie de Gandhi aux Editions Centurion. Il lui confie le dessin de Trent dont le premier album paraît en 1991. Son travail est enfin reconnu, Léo peut alors réaliser un vieux rêve : la publication d'Aldébaran, série de science-fiction dont il assure le scénario et les dessins. Depuis Léo est à la tête de plusieurs séries incontournables telles que Bételgeuse (Dargaud), la suite d'Aldébaran, ou Dexter London (Dargaud) qu'il écrit pour Frédérik Garcia.

Rodolphe a d'abord été professeur de français puis libraire avant de devenir scénariste de BD grâce à Jacques Lob qui l'initie à la technique du scénario en 1975. Depuis, il est devenu un des piliers du 9ème Art et a reçu plusieurs prix prestigieux. Il choisit toujours avec parcimonie les nombreux dessinateurs avec lesquels il collabore en adaptant ses scénarios à leur style. Sa bibliographie n'en est que plus éclectique, ainsi s'y côtoient des séries telles que Gothic (Delcourt) avec Marcelé, Marie La Noire (Dargaud) avec Magnin, Cliff Burton (Dargaud) avec Durand… Il officie aussi en tant que critique, à ce titre il a travaillé pour les plus grands magazines de BD dont A Suivre…, Métal Hurlant, Pilote et maintenant à La Lettre de Dargaud. Depuis quatre ans Rodolphe est conseiller artistique auprès du Festival de Blois et a réalisé plusieurs expositions consacrées notamment à Loisel, Baru, Le Tendre.

Disparu corps et biens

Kenya, 1947, une expédition safari menée par l'écrivain John Remington a disparu corps et biens. Un petit groupe, formé par Kathy, Jacques et Konrad, part à leur recherche et retrouve leur trace grâce à Tom, seul rescapé, apparemment. Ce dernier leur raconte en détail les événements précédent la fatale nuit qui a vu disparaître tous les membres du groupe. Après la découverte et l'immobilisation d'un énorme mastodonte semblant surgir de la préhistoire, le groupe décide d'établir leur campement pour la nuit. La tension est vive entre les différents membres de l'expédition et les cris plaintifs, qui progressivement se transforment en hurlements, de la bête apeurée n'arrangent rien. Tout cela n'empêche pas Remington de profiter de l'absence de Mr Vernon pour tenter de séduire sa femme, ni qu'un singe à poils longs et aux canines acérées attaque le campement et se mette à dévorer consciencieusement une partie de ses membres, ni à des soucoupes volantes de traverser les airs. Face aux déclarations de Tom, le trio reste prudent mais leur propre confrontation à d'étranges phénomènes vont rapidement les faire changer d'opinion.

Palpitant !

Ce deuxième tome conforte l'idée que l'on pouvait avoir à la lecture du premier, la série va être une des plus palpitantes à suivre ces prochaines années. Loin de répondre aux nombreuses questions soulevées dans Apparitions, Rencontres approfondit le mystère. Rodolphe et Léo continuent à fortifier leur récit tout en construisant les bases d'intrigues secondaires. L'une des forces du scénario est l'aura de mystère qui entoure chaque personnage et la complexité de leur rapport, l'action se situant sur fond de Guerre Froide. A des centaines de kilomètres de chez eux les protagonistes n'échappent pas à la politique et oeuvrent pour les intérêts de leur pays respectif. L'autre point fort de la série est la maîtrise du matériau fantastique par Léo. Au-delà du fait que l'on " sent " sa patte dans le scénario même avec l'introduction de son bestiaire fabuleux, il renoue avec les règles du genre fantastique en créant, par son dessin réaliste, un univers familier, bien qu'exotique puisque africain, et en y ouvrant une brèche, une faille avec l'apparition inopinée d'éléments incongrus. Pourtant dans ce deuxième album, on pressent que du fantastique, les auteurs passent, tout en douceur, presque insensiblement, à la science-fiction. C'est un deuxième tome extrêmement travaillé, méticuleux (aucune case et aucune fraction de dialogue ne semble pouvoir être ôtée sans dénaturer d'emblée le propos) et passionnant.

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