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Révélation

Cycle/Série : 
Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : 
Date de parution : 30/04/2006  -  livre
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Révélation

Révélation ! En voilà un titre original pour les 700 dernières pages du roman marathon de Peter F. Hamilton ! Alors… Comment conclue-t-on une intrigue qui court sur près de 4000 pages ? Comment résout-on pas moins de dix intrigues croisées, qui nous emmènent à la rencontre d'une bonne centaine de personnages ?

Et bien je ne vous le dirai pas !

Je ne vous le dirai pas parce que cet ultime volume de L'Aube de la Nuit me pose un grave problème d'ordre déontologique. Sortons des canons traditionnels de la chronique, et laissez moi être tout à fait honnête avec vous.

Personnellement, je n'aime pas ce roman ! J'aurais tendance à penser que lorsqu'on prend le parti d'écrire une œuvre aussi monumentale c'est qu'on a quelque chose de sacrément intelligent à dire. Un vrai message à faire passer. Or, sans rien déflorer de la fin on sait déjà que ce n'est pas le cas. Sans quoi il est raisonnable d'imaginer que l'on en aurait déjà eu, au moins, un bref aperçu au cours des quelques 3300 précédentes pages. Nous n'avons pas affaire ici à un des classiques séminaux de SF, seulement une grosse pâtisserie déraisonnablement indigeste. Même si le style reste globalement assez fluide et ne frôle qu'assez rarement la platitude exaspérante qui prédomine dans le genre ces dernières années, force est de constater que Hamilton s'est laissé entraîner beaucoup trop loin. Trop d'histoires annexes, trop de personnages inutiles, trop de longueurs qui aboutissent à une fin qui ne peut être que décevante parce que trop longtemps attendue. Faire court c'est aussi la marque des grands auteurs.

Toutefois, je conçois parfaitement que L'Aube de la Nuit ait pu trouver son public. Au moins au mérite. Et, cas relativement inédit, chroniquer Révélation, c'est chroniquer la fin d'un livre. Et ça, ça ne se fait pas !

Sachez simplement que si vous avez aimé les précédents tomes, vous y retrouverez tout ce qui a pu vous plaire : les rebondissements, les personnages très différents, le dépaysement, et cet univers, somme toute, assez cohérent créé par l'auteur. En revanche, sachez que cette fin ne peut - techniquement et d'un point de vue strictement dramaturgique - être à la hauteur de vos attentes. C'est impossible. Même s'il amène naturellement ses intrigues à leur fins, sans recourir à des deus ex machina, Hamilton ne peut pas, structurellement, les amener à un développement équilibré. Arrivé en fin de parcours on est beaucoup trop éloigné du point de départ de l'intrigue pour ne pas perdre en efficacité.

L'Aube de la Nuit, restera sans doute dans l'histoire de la SF, comme le plus gros roman du genre jamais écrit (et en France pour la plus atroce série de couvertures jamais imprimées). C'est un peu court pour en faire un classique. Un peu bébête. J'espère en tout cas sincèrement que la démonstration aura suffit, et qu'elle ne va pas faire naître de vocation de la longueur, ni initier une sorte de Route du Rhum du gros pavé aussi imbécile que préjudiciable. Si c'est le cas, ce sera sans moi.

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