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Vies de sorcières

Célia Rees ( Auteur), Anne-Judith Descombey (Traducteur), Lorenzo Mattotti (Illustrateur de couverture)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/04/2003  -  jeunesse
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Vies de sorcières

Au beau milieu de la déferlante Harry Potter et consorts, Journal d'une sorcière, le premier tome de Celia Rees dénotait. La sorcellerie n'y était pas présentée comme quelque chose de particulièrement ludique ni rigolo mais comme un motif d'excommunication et de torture chez les premiers colons du Nouveau Monde. Remarquablement bien écrit, documenté et prenant, ce premier volume a notamment été distingué en France du Prix Sorcière 2003 qui récompense le meilleur roman adolescent.

Le récit suivait le journal intime de Mary, jeune anglaise qui, après avoir vu sa grand-mère exécutée par les puritains pour suspicion de sorcellerie, partait, contre son gré, se cacher en Amérique dans une colonie de mormons. L'aventure de la jeune fille aurait pu se terminer à la fin du premier épisode, lorsque, découverte, elle s'enfuyait de la communauté et ne laissait derrière elle que son journal intime. Celia Rees précise d'ailleurs dans son préambule qu'elle n'avait pas prévu de suite. L'idée lui en a été soufflée par son éditeur: le risque était donc que ce second tome inattendu fasse tomber d'un seul coup la très bonne impression que nous avait laissée le premier...

Changement radical de décor

On avait quitté Marie s'enfuyant de sa communauté pour ne pas y être pendue, on la retrouve effrayée et éreintée, en train de s'endormir dans la neige. Seulement cette première scène n'est plus issue du journal intime de la jeune fille mais de la vision qu'Agnès, jeune indienne étudiante à Boston en 2001, vient d'avoir en terminant la lecture de ce journal récemment édité par une anthropologue. Profondément troublée par ce rêve qu'elle vient de faire, elle sait qu'il constitue la preuve que, comme toutes les femmes de sa famille, elle est -elle aussi- une sorcière.

A la fin de son livre, la chercheuse qui a édité le journal de Mary précise qu'elle est toujours à la recherche d'éléments lui permettant de retracer la vie de la jeune fille après son départ de Beulah. Agnès hésite mais se résout à la contacter. Dans sa tribu on raconte depuis très longtemps l'histoire d'une Chaman, une guérisseuse, blanche, qui aurait vécu un moment parmi les siens. La propre tante d'Agnès a d'ailleurs conservé des objets qui auraient très bien pu appartenir à Mary. Agnès les connaît bien: elle les a souvent regardés quand elle était petite.

Pour convaincre sa tante d'en dire un peu plus à la chercheuse sur ce qu'elle sait de Mary et essayer de comprendre d'où viennent ces étranges visons qui l'assaillent, Agnès repart donc passer quelques jours dans sa tribu. C'est le début d'un voyage à travers le temps pour savoir ce qu'il est advenu de Mary après sa fuite.

Différent mais à ne surtout pas manquer

Ce second tome déroute car l'ambiance y est radicalement différente du premier. L'introduction qui se déroule au vingtième siècle est relativement longue et on attend impatiemment de retrouver Mary et l'Amérique des premiers colons. Or, on retrouve bien Mary au bout d'un moment mais le cadre change également puisque cette fois, on va la suivre au sein de différentes tribus indiennes. Mais ceci ne fait pas de ce second tome un mauvais livre: bien au contraire. Comme dans le premier, on sent que rien n'est laissé au hasard et que l'histoire, bien que totalement fictive, est néanmoins étayée d'un bon nombre d'éléments historiques. C'est encore une fois très bien écrit, prenant et intelligent. Même s'il n'était pas indispensable, il serait quand même dommage de passer à côté.

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