Baisse du marché manga en France

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Les chiffres arrivent, pour la première fois en 15 ans, les ventes de manga en France affichent un recul (entre 3 et 5%).

Cela conduit Akata/Delcourt à réduire sa voilure :
http://www.akata.fr/news.php?id=707

Mais sur le site d'informations Mangaverse, trois éditeurs répondent et expliquent leur stratégie commerciale (dont Soleil Manga et Glénat Manga).
Je vous invite à lire les posts de chacun :
http://www.forum-mangaverse.net/viewtopic.php?p=202542#202542

La (longue) réponse de Stéphane Ferrand, dircoll de Glénat Manga, explique bien que la notion de surproduction n'est pas tant un problème que cela (ou plutôt, que ce n'est un problème qu'entre éditeurs et libraires).
Je colle ici sa conclusion, qui peut soulever des échos avec ce que nous connaissons chez nous :
Citation:
Voilà, si je mets tout cela, c'est pour dire, que la politique éditoriale a été construite bien entendu selon les schémas directeurs du marché, mais aussi de manière cohérente avec le catalogue Glénat. un tel schéma n'aurait pas pu être appliqué au catalogue d'un autre éditeur, chacun développe ainsi ses stratégies sur des données qui lui sont propres. c'est pourquoi vous ne pourrez pas, à mon avis, tomber d'accord, puisque vous confrontez deux subjectivités dont les objectifs ne sont pas forcément interdépendants. Le marché quant à lui ne se déplace pas en masse du shonen vers le shojo ou vers le seinen. l'aggrégation d'un public shojo naissant ne grève pas le public lecteur de shonen. l'interpénétration des genres dans le lectorat, fait que toute tentative d'identification des lectorats est impossible, vu que l'on sait q'un lecteur de shonen peut lire du shojo, et vice versa, de même qu'une fille lira du shonen, qu'un garçon lira du shojo.
La vérité c'est qu'il est bien malin celui qui expliquera clairement comment est bâti le public (qui n'est par ailleurs pas une entité fixe, mais bien un ensemble multiforme évolutif), que, comme tous les producteurs de produits culturels, on tente des paris, parfois on gagne, parfois on perd, et que, comme partout (musique, cinéma, jeux vidéo...) on perd plus souvent qu'on gagne. que ce que l'on sait, c'est que le public est toujours là, qu'on essaye tous toujours de savoir ce qu'il veut, mais que, honnêtement, on peut sentir, mais pas prévoir. parce que le public est vivant, donc il change tout le temps, sans compter que les générations se multiplient. C'est comme le vent , tu ne le vois pas, tu ne le prévois pas, tu le suis, tu t'adaptes, tu te coules dans son mouvement. s'ensuit de la surproduction, probleme bien géré par le public, via une impressionnante batterie d'outils pour mieux cibler ses achats = les critiques, chroniques, lectures en lignes, achats différés, emprunts, discussion sur forums, et même scantrad etc etc, donc probleme éditorial avant tout.


A noter aussi l'intervention du dircoll de Soleil Manga autour du manga érotique, qui va trouver son public principalement avec l'édition numérique (et tous les éditeurs de dire que cet élément va beaucoup changer le marché).

Erion
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