De la Paralittérature... de Fabien Clavel

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Fabien Clavel a signé un article nommé De la Paralittérature sur le Cafard Cosmique.

Extrait :
Citation:
Je suis de ceux qui considèrent la littérature de genre comme une paralittérature (le terme n’a aucune valeur péjorative et recouvre aussi les livres que j’écris). Je m’explique. On peut définir la paralittérature par le contrat spécifique qu’elle établit entre l’auteur et son lecteur [1].
Quand on achète un livre de fantasy, par exemple, un grand nombre de signes indique déjà ce que le lecteur va trouver à l’intérieur : la couverture, le titre, le nom de l’auteur, la collection, voire la série. Cela explique d’ailleurs la relative pauvreté lexicale des titres de fantasy, ainsi que les motifs récurrents des couvertures. On doit se trouver en terrain connu, être sûr d’en avoir pour son argent.
De l’autre côté, l’auteur a pour devoir de se conformer aux attentes du lecteur et de respecter un code aux règles plus ou moins contraignantes. On pourrait se pincer le nez en grimaçant à cette idée, mais, personnellement je trouve une certaine grandeur à la parallitérature. Il arrive que l’auteur suive la pression de ses lecteurs. C’est ce qui s’est passé avec Les Mystères de Paris au XIXe siècle. Eugène Sue voulait d’abord jouer sur la peur des classes dangereuses mais les réactions de ses lecteurs l’ont conduit à donner une tonalité sociale à son œuvre.
Le phénomène, poussé plus loin, nous ramène à une forme de littérature orale comme le conte ou le mythe où la transformation, le lissage du récit par les générations successives, a abouti à une forme de perfection. Les racines de la fantasy puisent d’ailleurs dans les contes et la mythologie. Il y a donc une tendance naturelle à se faire paralittérature.

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