Forum : Un avis sur Stratégies du réenchantement de Jeanne-A Debats

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[edit 2 : le titre original du thread était : Stratégies du réenchantement : La chronique des chroniques mais Charlotte m'a tout pourri ma phrase d'introduction en changeant le titre ^^]

Je pensais intituler ce fil "Le cantique des quantiques", mais il y a un copyright là dessus.

Je viens de lire, sur le site, sous la plume de Julien Delorme, la chronique de Stratégies du réenchantement. Une partie, en particulier, m'interroge.
Citation:
Ici et ailleurs

Huit nouvelles très différentes donc, dans des univers reliés entre eux par un certain pessimisme de ton, aux reflets post-apocalyptiques appuyés, à l’exception de la mise en bouche, les deux premières nouvelles tranchant sur le reste du recueil. Les cadres de l’action sont multipliés et l’on fait parfois le grand écart entre deux histoires, passant du soleil du sud de la France à un univers carcéral, d’un bunker privé d’air à une station spatiale perdue aux franges de l’humanité. Aires géographiques variées, individus, coutumes changeantes avec pour seule constante un je-ne-sais-quoi de désespéré, une solitude de tous les instants même pour les personnages les mieux entourés. Une SF sans grand espoir, où l’objectif des protagonistes consiste en une action rapide, désespérée, aux conséquences funestes. Amateurs de happy-end, passez votre chemin.

J'ai, étonnement, le sentiment de ne pas avoir lu le même recueil que le chroniqueur.

En particulier, je n'y ai lu/vu aucun désespoir, aucune conséquence funeste.
Ou alors, je n'ai pas compris (1) le statut de héros (2) que Jeanne-A a conféré à ses principaux protagonistes.
Il ne m'a pas non plus semblé que l'objectif des protagonistes consistait en une action rapide, désespérée...
J'ai cru trouver un fil directeur dans ce recueil (3) : les protagonistes sont, tous, leurs propres gom jabbar, confrontés à des décisions d'humanité. Avec un h minuscule. Car si "nobles fins" il y a, ce ne sont pas forcément celles qui serviront l'Humanité. Avec un H majuscule.
Et chacun se prouve (trouve ?) son humanité en prenant une décision qui n'a rien de désespérée ou de rapide (4)
Ainsi, les conséquences ne sont pas funestes : elles sont, bêtement, personnelles (5). Et, étant personnelles,elles me conduisent, moi, lecteur, à m'interroger : que ferais-je en place et lieu des protagonistes.


(1) ce qui est bien possible
(2) au sens premier du terme, celui qui se dépouille de sa condition humaine
(3) j'ai peur de paraphraser la postface de Poutouman ; j'espère qu'il ne m'en voudra pas
(4) le personnage principal de "privilège insupportable" ne met, par exemple, qu'une vingtaine d'année à réaliser son "action rapide"
(5) "Nettoyage de printemps" est à ce titre un exemple : l'éradication de l'Humanité vaut-elle que j'attrape un rhume ?



[edit : modification du titre du fil ; attention, c'est un piège]

MF
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