Interview Catherine Dufour sur l'Histoire de France

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Catherine Dufour vient de signer L'Histoire de France pour ceux qui n'aiment pas ça. Elle revient sur la genèse de ce projet sur le blog d'Efelle

Extrait : 

Citation:
Après plusieurs romans de SF et de Fantasy, Catherine Dufour a changée de registre pour prendre l'histoire de France à bras le corps. Elle a acceptée de revenir ici plus en détail sur sa démarche. 

- Ton essai semble dans un premier temps s'attacher à dynamiter les idées reçues, les poncifs ou les contre sens dans l'Histoire de France. Comment t'es venue l'idée de clarifier ou démystifier ces divers points ? 

Un jour mon fils, qui avait alors 10 ans, m'a demandé : 

- Maman ? Napoléon, c'est avant ou après Charlemagne ? 

Je me suis hérissée comme une poule devant un couteau, j’ai fait « Cot ? » et j'ai pondu un livre. Nous l’avons lu ensemble, le soir à la chandelle, d’un bout à l’autre. Puis je l’ai refermé et mon fils m'a demandé : 

- Donc François de Nazareth, c'est celui de la poule au pot ? 

C’est là que j’ai compris que, toute dévouée à sa culture historique, j’avais un peu négligé sa culture religieuse. Nous sommes donc passés à la bible. 

Tout à fait immodestement, je crois avoir rendu un vrai service à pas mal d’écoliers en sortant ce livre. Prends le traité de Picquigny. J’ai pâli au collège sur le traité de Picquigny, j’ai vu mon fils blêmir sur le traité de Picquigny. Sais-tu ce qu’est le traité de Picquigny ? 

« Le traité de Picquigny a été signé en 1475 entre le roi de France Louis XI et le roi d’Angleterre… » 

Là, tous les enfants du monde sont déjà en train de dormir. Alors que si on leur explique : 

« 1475. Louis XI va à la rencontre du roi d’Angleterre. Celui-ci vient de débarquer à Calais avec vingt mille hommes et la ferme intention de se faire couronner roi de France. Louis XI n’a pas autant de soldats mais, par contre, il a trois cents chariots de vin. Gracieusement, il les offre aux Anglais. Quelques heures plus tard, seul au milieu de son armée ivre morte, le roi d'Angleterre signe avec Louis XI une paix définitive. La guerre de cent ans en aura duré cent cinquante. » 
Eh bien, ça se retient mieux. En fait, le mot-clef de mon livre est « repères ». Mon but est de donner des « repères ». 800 Charlemagne, 1800 Napoléon. Entre deux ? L’an 1000, le Moyen-âge dans toute sa splendeur. 1350 ? La Grande Peste Noire. Etc. C’est comme une corde à linge : une fois qu’elle est bien tendue entre deux repères, on peut y accrocher tout ce qu’on rencontre, et garnir peu à peu sa mémoire de centaines d’histoires affriolantes. Alors que sans corde, elles tombent à terre, s’entassent et s’abîment.


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