Justine Niogret en interview

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Après Lionel Davoust, c'est au tour de Justine Niogret de faire l'objet d'une interview sur le site d'Elbakin.net. L'occasion pour elle de revenir sur ses deux premiers romans, leur univers bien particulier et les recherches que sa construction a entraîné, mais également de ses prochains projets. 

Extrait : 

Citation:
Depuis la sortie de Chien, on a souvent souligné votre style, qui ne ressemble à aucun autre. Est-ce votre façon d’écrire en général, pourriez-vous en changer ? 
En ce moment, je travaille sur un roman post-apocalyptique qui s’appelle Gueule de Truie. Le roman part du principe qu’un jour Dieu a ouvert la bouche et le monde est mort, c’est le jour du flache, et que l’Église survivante part du principe que c’était le jour du jugement dernier – et pour que la pesée des âmes ait lieu, il faut que tout le monde soit mort. Du coup, ils envoient un inquisiteur, Gueule de Truie, tuer les survivants. 
Donc au niveau du style, comme c’est un monde très différent de celui de Chien du Heaume et de Mordre, ça n’a plus rien à voir avec le Moyen-Age. Cela se déroule sur les ruines de la technologie, des cités, etc. Du coup, c’est un style que je trouve extrêmement différent : là où, dans Chien et Mordre, il y avait des envolées lyriques, des chants du cygne celtes, dans le monde de Gueule de Truie, les gens perdent l’art de parler, et ça devient donc très compliqué pour eux de s’exprimer. Ils n’ont plus le recul nécessaire pour gérer leurs propres émotions et leurs propres désirs. Ça reste du style extrêmement basique, surtout dans les discussions, puisque les gens sont incapables de dire autre chose que : J’ai faim. Je t’aime pas. Tuer. Par exemple, il n’y a aucune ponctuation. Ça m’a donc forcée à développer un style complètement différent, et même contraire à Mordre et à Chien sur plusieurs points. 
De toute façon, ça sera reconnaissable, parce que ça restera une histoire assez brutale, assez bizarre, on va dire. Mais pour le style verni, là j’ai vraiment été obligée d’en changer, et ça fait partie des choses qui sont intéressantes à découvrir en tant qu’auteur. 
Les descriptions sont quant à elles normales ; le narrateur raconte ce qu’il voit. Mais même là, il ne reçoit pas du tout les mêmes informations que si on mettait Chien dans le monde de Gueule de Truie ; par exemple, elle verrait où les animaux sont restés dormir, ce qu’il y a à manger, etc. alors que le narrateur de Gueule de Truie est beaucoup plus froid, beaucoup plus méthodique, vraiment différent.
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