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Date de parution : 08/06/2026
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Métro pour l'enfer de Vladimir Volkoff. Un roman fantastique comme dans le long poème de Dante.

L’année 1963 fut riche en évènements majeurs, entre l’assassinat du président Kennedy, le succès de la chanson de Sheila L'école est finie et la sortie du peplum italien Taur, roi de la force brutale… Parmi les catastrophes de moindre ampleur, cette année ‘63 sonna également le glas du prix Jules Vernes et, sans qu’il soit possible d’établir un rapport entre les deux faits, Vladimir Volkoff en fut le dernier titulaire avec Métro pour l’enfer... Pas vraiment porté sur la démocratie, de tendance plutôt royaliste, ancien officier du renseignement pendant la guerre d’Algérie et spécialiste de la désinformation, Vladimir Volkoff sent un peu le souffre… Et pourtant, certains de ses romans jouissent d’une assez bonne réputation. S’il a finalement assez peu écrit pour la science-fiction en regard de ses nombreux autres ouvrages, pourquoi ne pas risquer un œil précautionneux sur l’un d’entre eux, maintenant que les penchants politiques de l’auteur sont clairement identifiés ?

Assez plaisant, en dépit d’une méfiance initiale…

Nicolas, un soldat mélomane, croise dans le métro la jeune femme qu’il aime passionnément. Seulement, elle devrait être morte ! Évidemment, il suit cette étrange apparition et après l’avoir rejoint, ils franchissent ensemble la limite après laquelle, selon le précepte édicté par la régie des transports autonomes, votre ticket n’est plus valable... Un autre personnage, Henry Mauvisage le bien nommé, dirige une grande société de pompes funèbres. Après avoir enquêté sur les nombreuses disparitions post-mortem de ses clients, il tient enfin une piste sérieuse. Pas de chance, il se fait assommer et se réveille allongé sur la table d’un inquiétant bloc opératoire… Quant à Bathilde Bar, médecin à la tête d’une banque du sang, elle a elle aussi remarqué d’étranges agissements dans le cadre de son commerce. Une société privée, en particulier, fait une très importante consommation d’hémoglobine. Dans quel but ? C’est ce qu’elle découvrira auprès du Prince de Lumière (gloire à son nom !) qui la rebaptisera du joli nom d’Adénosyne Triphosphate. Bienvenue en Enfer ! Bienvenue dans un Royaume où règne une administration tatillonne dirigée par un Lucifer aux allures de playboy oisif. Bienvenue aussi dans les cercles démoniaques où les bourreaux souffrent presque autant que les damnés…

Serions-nous dans une émission de Léthé-réalité ?

Comme dans le long poème de Dante où les références à la vie intellectuelle de son temps abondent, Métro pour l’enfer contient une part d’allusions aux années soixante qui n’évoqueront certainement pas grand-chose aux jeunes lecteurs de notre vingt-et-unième siècle. Rien de bien méchant, cependant, et même l’influence du parcours de vie de l’auteur ne se fait sentir autrement que lors de scènes d’action, où perce souvent un second degré bienvenu. Les batailles livrées par les légionnaires du commando venu conquérir l’Enfer ont parfois un côté bouffon, avec ses Lieutenants poètes et son Capitaine Trouilloud… Presque tous les personnages, à l’exception notable de Nicolas, le soldat amoureux, sont méchants, avides de pouvoir, et désespérés à l’idée de ne pouvoir mourir définitivement. L’Enfer selon Volkoff pourrait bien ressembler à notre monde moderne, avec ses hommes d’état sournois, ses ordinateurs qui décident de la place que chacun est destiné à occuper dans la société. En comparaison, le Prince de Lumière (gloire à lui !) en semblerait presque sympathique ! Intéressant et bien écrit, sans atteindre (et de très loin) le statut de chef-d’œuvre du genre, ce Métro pour l’enfer peut figurer dans une pile de livres à lire respectable (mais tout en bas…)

 

 

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