Jean-Claude Dunyach a écrit :Dans ces conditions, peut-on m’expliquer pourquoi les libraires ont du mal à placer sur leurs tables et rayonnages 1000 titres en 2008 alors qu’ils y arrivaient avec 1216 en 1998 et 1314 en 1999 ? Vous allez me dire : il y a plus de grands formats à cause de Bragelonne...
Si je prends des grandes librairies à Bruxelles comme
Filigrane, Libris ou
Tropisme, je constate que malgré la place qu'ils ont pour les genres, le rayon SF se réduit de plus en plus. Les présentoirs sont principalement remplis de livres de fantasy. Seule la
FNAC arrive plus ou moins à garder un certain équilibre entre grand format et poche. Mais les librairies ne proposent pas tout. Certains titres ne sont disponibles que sur commande. Si je prends une petite librairie spécialisée comme
Malpertuis, il n'y a tout simplement pas assez de place pour tout présenter. Donc tous les libraires ne sont pas confrontés au problème du nombre de grands formats publiés.
- Peut-être est-ce le prix ? Est-ce qu'un Laffont aujourd'hui est beaucoup plus cher qu'un Laffont d'il y a 10 ans en tenant compte du pouvoir d'achat?
- Peut-être est-ce les sorties simultanées de livres. Par moment il n'y a rien d'intéressant, puis subitement il y a un coup de feu où le lecteur est obligé de faire un choix parce que sa poche n'est pas extensible.
- Peut-être que les grands formats ne passent pas assez vite en poche? Il y a quelques éditeurs qui font trainer les rééditions poche (et Bragelonne est du nombre, il suffit de voir combien de temps il a fallu pour avoir Légende en poche)
- Peut-être est-ce dû aux distributeurs qui deviennent de plus en plus exigeants avec les libraires? Et les libraires sont obligés de dire aux clients que certains titres ne sont pas disponibles, sauf après un certain temps. C'est absurde, mais c"est une réalité.
Et puis il y a surtout les éditeurs de plus en plus frileux, qui ont peur de sortir de la SF. Qui voient par exemple Bragelonne publier de plus en plus de SF. Et plutôt que de réagir en faisant pareil, préfèrent se morfondre sur eux-même et laissent le créneau se réduire de plus en plus. Il ne faut pas se voiler la face, l'érosion du domaine est aussi dû à la politique de certains éditeurs qui décourage l'écriture de SF.
Je terminerai en disant qu'à force de dire que la SF va mal, qu'elle se meurt, qu'elle va disparaitre, les éditeurs (et directeurs de collection en particulier) sont tout simplement en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.
Je sais... De temps en temps un coup de gueule est nécessaire.