Simon Bréan - La Science-fiction en France

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Patrice
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Simon Bréan - La Science-fiction en France

Message par Patrice » dim. nov. 11, 2012 5:38 pm

Salut,

Parce que c'est quand même un événement - une thèse récente et portant sur une période relativement récente, comme le souligne bien Gérard Klein dans sa préface, je souhaiterais ici faire part de mes impressions de lecture au fur et à mesure (car la lecture va être longue).

Bref, j'ai commencé ce livre comme je le fait pour tout essai ou étude, à savoir par le début et par la fin.
Le début: la préface de Gérard Klein: excellente, narquoise et sérieuse à la fois. Gérard Klein ne se prive pas, alors qu'on lui offre de publier aux Presses Universitaires de la Sorbonne, de critiquer le classicisme desdits universitaires, leur manque d'audace, leur frilosité. Et il n'a pas tort: quand on regarde un catalogue des thèses pour voir ce qui se fait dans le domaine de la SF et du fantastique (ne parlons pas des autres littératures), on ne peut que constater que si quelque chose a moins de 50 ans, il n'est pas étudié. C'est narquois, donc, mais ça se termine très positivement en appelant à une collaboration plus étroite entre universitaires et amateurs de bonne tenue.

La fin: oui, je fais partie de ces cinglés qui lisent les dictionnaires et le bibliographies. Donc j'ai lu la bibliographie de Simon. Une bibliographie qui me confirme dans le fait que décidément je déteste les bibliographies classées, thématique. Une poule n'y retrouverait pas ses petits, car pour savoir où trouver une référence, il faut déjà savoir comment l'auteur considère cette référence: "article", "critique" ou, comme ici "commentaire et prise de position". C'est très subjectif. Trop, peut-être. Ainsi, trouve-t-on une rubrique "Ouvrages généraux sur la science-fiction", laquelle contient trois sous-rubriques: "répertoires, encyclopédies et bibliographies", "Ouvrages de vulgarisation", et "La science-fiction dans les autres arts".
Mais pour le coup, toutes les monographies consacrées à la SF prennent place dans "Ouvrages de vulgarisation", alors qu'à mon avis les ouvrages de Henriet, Labbé et Millet, ou Van Herp, par exemple, ne relèvent pas de la vulgarisation. Ou alors toute monographie est un ouvrage de vulgarisation, et dans ce cas, la thèse de Simon aussi.

L'introduction: (ben oui, quand même, après je reprends la lecture dans l'ordre): pas grand chose à dire. Simon ne jargonne pas (c'est toujours ma grande crainte en ouvrant un ouvrage universitaire). C'est clair, posé, aisé à lire. Je note que, à la différence de l'auteur, mais en accord avec la préface de Gérard Klein, j'ai de plus en plus de mal à croire en la "rupture" du début des années 50. C'est du détail, ça n'engage rien pour la suite.

Et donc justement, à suivre...

A+

Patrice
Modifié en dernier par Patrice le jeu. nov. 22, 2012 2:34 pm, modifié 1 fois.

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Jacques Ah !
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Message par Jacques Ah ! » lun. nov. 12, 2012 4:02 pm

J'ai commandé "Destination Univers" à la librairie et je signale "Troisième Humanité" de Bernard Werber ; ludwing ; :? :?
Artiste polymorphe, écrivain et président d'un Groupe d'Entraide Mutuel : le Social Art Postal Club de Choisy-le-Roi. Site : http://jacquesabeasis.e-monsite.com ;

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Patrice
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Message par Patrice » lun. nov. 12, 2012 4:03 pm

Salut,

Y a-t-il un rapport avec la thèse de Simon Bréan???

A+

Patrice

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Eons
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Message par Eons » lun. nov. 12, 2012 5:26 pm

Il y avait déjà le trou normand.

Avec Jacqhes Ah !, il y a maintenant le trou Bréan (dans lequel il s'est engouffré).
Les beaux livres, c’est aussi par ici : www.eons.fr

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silramil
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Message par silramil » lun. nov. 12, 2012 5:58 pm

... :?
Ce dont on ne peut parler, il faut le faire.

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Nébal
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Message par Nébal » lun. nov. 12, 2012 6:03 pm

... un Bisounours ?

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MF
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Message par MF » lun. nov. 12, 2012 6:36 pm

Patrice a écrit :Y a-t-il un rapport avec la thèse de Simon Bréan???
peut-être que J.A laisse sous-entendre que la bibliographie établie par Simon est incomplète et qu'il y manque les deux ouvrages sus-nommés par lui ?


non, je déconne...
Le message ci-dessus peut contenir des traces de second degré, d'ironie, voire de mauvais esprit.
Son rédacteur ne pourra être tenu pour responsable des effets indésirables de votre lecture.

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Jacques Ah !
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Message par Jacques Ah ! » mer. nov. 14, 2012 9:26 am

Je ne connais pas Simon Bréan, mais j'essaie de faire connaissance ; ludwing ;
Artiste polymorphe, écrivain et président d'un Groupe d'Entraide Mutuel : le Social Art Postal Club de Choisy-le-Roi. Site : http://jacquesabeasis.e-monsite.com ;

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Nébal
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Message par Nébal » mer. nov. 14, 2012 9:29 am

Tu t'y prends bien.

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Patrice
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Message par Patrice » ven. nov. 16, 2012 1:10 pm

Salut,

Bon, revenons à des choses sérieuses.
Chapitre 1: "Précurseurs et modèles: l'imagination scientifique et la science fiction"

Le chapitre qui pose problème, si l'on en croit la préface de Gérard Klein, avec laquelle, après lecture, je suis bien d'accord.
D'abord, il va falloir que je me fasse à l'idée qu'il s'agit d'une thèse de Lettres, et non d'une thèse d'Histoire. En effet, des phrases du type "un chercheur peut relier les points entre eux, comme Jean-Jacques Bridenne a su le faire, mais un lecteur contemporain n'a pas eu le sentiment d'être confronté à un ensemble cohérent de textes [...]" (p. 59) ou bien "néanmoins, pour l'ensemble des lecteurs et des auteurs français, dès cette époque, le modèle à suivre vient des Etats-Unis" (p. 71), des phrases comme celle-ci donc, me font venir cette réflexion à l'esprit: "mais où donc les lecteurs se sont-ils exprimés? Quelles sont les sources?
Cela me gène un peu aux entournures, du coup. De la même manière, lorsqu'il traite des collections, Simon signale: "Aucun revue ni collection n'a proposé régulièrement des textes d'imaginaire scientifique". Aucune revue, c'est vrai (sauf peut-être Science et Voyages), mais pour les collections ça n'est pas tout à fait exact.
Chez Ferenczi, par exemple, on compte à peu près 10% de romans SF dans les collections "Le Petit roman d'aventure" et "Mon Roman d'aventure". 10%, ça a l'air peu, mais sur près de 700 volumes, ça fait de quoi lire. Le pourcentage doit être à peu près le même chez Tallandier.
Certes, pas de collection dédiée, mais des collections qui en contiennent bien, et qui sont populaires. Ces fascicules sont, à mes yeux, de bons équivalents des pulps.

Autre problème: la transition après la Seconde Guerre mondiale. Simon indique que très peu d'auteurs français sont passés de l'imagination scientifique à la science-fiction. De fait, il n'en cite que trois: Léon Groc, René Barjavel et B. R. Bruss. Il en manque quand même. Ne serait que Maurice Limat et Paul Berato (alias Yves Dermèze ou Paul Béra ou André Gascogne). Ce sont les plus connu, il y en a sans doute eu d'autres. Sans compter des textes d'avant guerre qui tiennent plus de la SF que du merveilleux scientifique, comme la Roue fulgurante de La Hire.

Rien à redire par contre sur la deuxième partie, qui fait rapidement le descriptif de la SF américaine contemporaine.

Juste une réflexion comme ça en passant: j'ai parfois l'impression que la différence entre la "SF" française d'avant guerre et la SF américaine est du niveau niveau que la différence entre le space opera et le NSO: le deuxième est la même chose que le premier, mais avec tout en plus grand.

A suivre...

A+

Patrice

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Message par Patrice » ven. nov. 16, 2012 1:16 pm

Tiens, un truc au passage: à propos du roman de Léon Groc, Le Maître du soleil, que je n'ai pas lu, mais dont Simon donne un résumé. A la lecture de ce résumé, justement, j'ai l'impression d'une version "amplifiée" du récit de SF d'Alexandre Kouprine, Le Soleil liquide, traduit en français en 1922. Mais bon, pour vérifier, il faudra que je jette un oeil au Groc.

A+

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silramil
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Message par silramil » ven. nov. 16, 2012 1:32 pm

Merci pour cette lecture et ces commentaires !
Je préfère pour l'instant éviter de réagir trop, pour ne pas perturber ton appréciation générale.

Je précise quand même que ce n'est pas un ouvrage d'érudition, mais de réflexion critique. Il est possible de souligner des manques (et j'accueille avec intérêt toutes les remarques en ce sens), car le but n'est pas d'être exhaustif, mais de donner une idée aussi exacte que possible de l'histoire de l'édition et des procédés d'écriture, en proposant mes propres interprétations.
Concernant les sources, je me fonde surtout sur les articles publiés pendant les années 50, en particulier dans Fiction. Il n'y a pas méconnaissance du passé d'imagination scientifique à cette époque, bien au contraire, et je l'indique assez clairement, je pense, mais il y a des éléments spécifiques de réception, dont je donne quelques exemples au chapitre suivant, si ma mémoire est bonne.
Concernant les collections... il me semble justement que les 10% d'imagination scientifique dispersés dans une collection d'aventure ne peuvent donner lieu à une réelle identification générique. Je crois plus probable qu'un lecteur aborde ces ouvrages comme des ouvrages d'aventure, même si certains lecteurs ont sans doute eu des préférences.

Sur le fond, à savoir ce qui s'est transmis entre l'imagination scientifique d'avant-guerre et la science-fiction d'après-guerre, nous discuterons au plus tôt après ta lecture du premier chapitre.

(bon j'ai pas mal causé, en fait, mais je résisterai à la tentation au maximum!)
Ce dont on ne peut parler, il faut le faire.

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Message par bormandg » ven. nov. 16, 2012 1:50 pm

Personnellement et jusqu'à nouvel ordre (je viens de lire le chapitre sur les précurseurs auquel le seul reproche que je ferais pour l'instant serait de trop parler de l'évolution de la SF au-delà des limites de l'étude), j'aurais tendance à souscrire presque totalement aux idées exprimées par Simon dans ce prologue, même quand elles me font infléchir mes propres idées antérieures. Sans doute cette approbation sera-t-elle plus nuancée quand j'aurai terminé ma lecture et ma réflexion, mais elle devrait demeurer pour l'essentiel.
Pour commencer, les allusions aux avis des lecteurs se réfèrent, comme Simon doit te l'indiquer dans son message, aux opinions exprimées dans les revues et études antérieures. ce qui, d'ailleurs, fait que je ne trouve pas pour l'instant les défauts usuels des thèses universitaires, jargon et déformation suivant les dogmes en vigueur, différents en fac de Lettres et en fac d'Histoire, mais aussi dérangeants dans les deux cas pour le lecteur qui, comme moi, n'est pas un universitaire dogmatique étalant de façon pontifiante son érudition conforme aux Lois Universitaires.
Quant à la transition après la Guerre Mondiale, Patrice, il faudrait aussi traiter de façon différente des auteurs qui ont commencé avant l'arrivée de la science-fiction en France (mais est-ce le cas de Limat, ou de Paul Berato? sans doute au moins pour le premier, mais je ne suis pas sûr des dates de ses romans pré-Fleuve Noir) et la récupération après guerre d'auteurs qui, effectivement, peuvent être intégrés (Jrean de la Hire, par exemple), mais qui n'en demeurent pas moins des précurseurs.
"If there is anything that can divert the land of my birth from its current stampede into the Stone Age, it is the widespread dissemination of the thoughts and perceptions that Robert Heinlein has been selling as entertainment since 1939."

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silramil
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Message par silramil » ven. nov. 16, 2012 2:00 pm

Cool !

Dermèze a écrit des textes de SF, au sens large, pendant les années 40.
Ce dont on ne peut parler, il faut le faire.

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Message par Patrice » ven. nov. 16, 2012 4:08 pm

Salut,

Il y a vraisemblablement eu une controverse au sujet de Dermèze et de sa prétendu inspiration Van Vogtienne, puisque Michel Demuth s'est senti obligé d'invalider cette inspiration lors de sa réédition du Titan de l'espace au Masque SF. Une manière de dire que dès le début des années 50, Dermèze / Bérato écrivait de la SF à l'américaine. Je ne connais pas, par contre, ses oeuvres des années 40: je peux juste dire que de par leurs titres ils relèvent bien ou de l'imaginaire scientifique ou de la SF, mais pas du simple roman d'aventure.

Sinon, Simon, au sujet de ça: "Je précise quand même que ce n'est pas un ouvrage d'érudition, mais de réflexion critique". J'allais justement y venir: c'est sensible dans le chapitre II, que je n'ai pas encore fini, mais dans lequel tu prends soin en même temps de bien présenter ton sujet à des "novices" notamment en indiquant en note la qualité de chacun des intervenants. Ce chapitre II se dévore...

A+

Patrice

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