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David Calvo online
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david



Enregistré le: 11 Juil 2007
Messages: 65

MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 1:36 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

bon allez pour détendre l atmosphère

http://www.croquemonster.com Very Happy
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david



Enregistré le: 11 Juil 2007
Messages: 65

MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 1:42 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Anonymous a écrit:
THIS IS AN HAPPY HAPPENING!!!
Console ou PC ?
L'herméneutique dickienne ebranle-t'elle ton joypad ?


mais LOL

heu

console ET PC !
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Epikt



Enregistré le: 06 Mar 2007
Messages: 234
Localisation: PapichanLand

MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 1:59 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Reviendons-en au nerf de la guerre.

J'avais envie de causer de jeu vidéo (domaine que j'ai malheureusement laissé tombé ces derniers temps Sad ) et puisqu'on a dérivé sur le sujet et que finalement cela me semble très présent dans l'oeuvre de David (ce que j'en ai lu en tout cas) de linéarité.
Tu a déjà pas mal déffriché plus haut et dans ton article, c'est cool.
D'ailleurs, j'ai compris pourquoi tu ne concidères pas le JV comme un art narratif lorsque tu dis "ce qui m intéresse déjà dans le jeu vidéo, c est pas tant le jeu que le monde" - j'ai bizarrement (et un peu conscient quand même du coté bancal de la chose) toujours associé le JV à l'art narratif.

Quoi qu'il en soit, avec le jeu vidéo on a de plus en plus la possibilité de s'affranchir de la structure "début - parcours - fin", enfin, surtout la fin : le jeu sera plus un espace que le joueur va explorer, et va finalement abandonner au bout d'un moment, quand il n'y trouvera plus suffisament de choses pour l'y accrocher. Le parcours est donc différents pour chaque joueur, la fin encore davantage, et comme tu dis, il se pourrait bien qu'il devienne lui même artiste à la place de l'artiste, le developpeur ne faisant que lui donner les outils (cf tous ces jeu où on peut fabriquer sa map perso) - le developpeur comme créateur d'environnement, ça te va ?
D'une manière générale, puisque t'es dedans tous les jours de la semaine et que ça doit bien te titiller, quelles sont pour toi les voies à explorer ? les potentialités qui t'éclatent, qui te fascinent, ou simplement t'interpèlent ?
En particulier une chose qui me turlupine, ces derniers temps on a de cesse de developper des possibilités réseau/internet pour les JV (sur PC biensur, mais aussi sur console : Xbox live et cie), le jeu vidéo a-t-il un avenir off-line, hors du réseau ? ou au contraire l'aventure vidéoludique solitaire égoiste - le joueur, lui, lui seul et la machine, isolés - est-elle morte ?

Sinon, je souscris volontiers quand tu parles de puiser son inspiration dans les autres média pour nourrir son écriture, d'autant plus qu'il vont être éloignés de la littérature - en faisant toutefois de ne pas réduire le résultat au dénominateur commun de tous ces média, mais au contraire de l'aborder suivant un angle nouveau et de révéler d'autres possibilités (je m'aime quand je dis des choses profondes).
Que peut donc apporter une expérience vidéo-ludique à un travail d'écrivain ? L'écrivain comme créateur d'environnement, est-ce que ça marche aussi ?
(ça me semble bien possible, il m'est arrivé de prendre un pied pas possible à lire des notices de jeu de rôle, pourtant ineptes d'un point de vue littéraire, mais offrant la place à la création de la part du lecteur : d'ailleurs il n'y a pas grande différence entre un MJ préparant une session de JdR et un type qui bidouille sa map de CS)
Comment peut-on adapter la non linéarité du jeu vidéo (mais aussi d'Internet, qui a peut-être donné naissance à une autre façon de lire, bien moins linéaire) à la littérature ? D'ailleurs, le peut-on ?
A ce sujet (désolé, ça commence à etre décousu), écrire sur Internet, jouer avec les liens tout ça, ça te tente ? (edit : ou simplement pour un support informatique, comme un e-book)

Bon, maintenant, c'est à toi. C'est marqué "David Calvo répond à vos questions", pas "Epikt monologue", faut pas déconner. Twisted Evil
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« Je m’en fiche. Dans ma tête je peux aller où je veux. C’est moi qui décide.
Je n’ai qu’à décider, et je peux aller où je veux... Ailleurs, n’importe où.
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david



Enregistré le: 11 Juil 2007
Messages: 65

MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 2:49 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

systar a écrit:
Alors, David, la fameuse question sur la post-modernité, maintenant.

Je repars de la remarque d'Olivier sur le fait que ton livre avait une parenté avec la post-modernité d'un Pynchon, par exemple. (par exemple sur son blog, ou dans le numéro 42 de Galaxies, la meilleure revue de SF, celle qui fait pas des razzies).
Alors: c'est quoi, pour toi, écrire un livre post-moderne?
Est-ce que tu écris en ayant conscience (voire en revendiquant) d'appartenir à une veine dite "post-moderne"?

Et puis, tant qu'à faire, c'est quoi ou qui tes livres/auteurs préférés en roman, en poésie, en philo (mainstream + SF), et pourquoi? (voilà, avec ça, t'as de quoi t'occuper jusqu'à ce soir ^^)


ok

déjà le postmoderne ca veut dire tout et n'importe quoi, dans mon cas, je m en suis souvent servi pour irriter les journalistes et les gens de l art contemporain, donc c était souvent n importe quoi. il y a quelque chose de très beau dans le postmoderne conscient de lui-même, comme on le voir chez baldessari, chez gibson même. après, moi je lis pas pynchon, ça me fait un peu chier quand même. le nouveau roman aussi, je trouve ça vraiment à mourir d ennui, et tout ce que la littérature dite postmoderne a engendré, sauf pt murakami ou john tranter que j aime vraiment bcp, a tendance à m'endormir (même si j admire souvent le tour de force). pour moi, le postmodernisme vaut pas grand chose, surtout qu en plus, au niveau de la forme, c est vraiment une boucle à l infini, un loop dans un loop dans un loop. le seul endroit où pour moi ça marche vraiment, c est en architecture. je suis vraiment un grand admirateur de l architecture postmoderne, je trouve ca vraiment beau, graves, venturi, y'en a tellement....

après il y a la postmodernité, et déjà, ça me parle plus. le cadre dans lequel nous vivons, nous allons vivre, tant que le capitalisme continuera à se bouffer, ad nauseam. évidemment, si on regarde un peu comment lier mcluhan et la virtualité, on se dit que le virtuel, c est vraiment LA postmodernité en action, où, éventuellement, le postmodernisme pourrait exister de manière non artistique, et donc servir à quelque chose au niveau de la société etc. il y a eu de très belles études là-dessus par mon idole, richard bartle, sur la façon dont on pourrait sortir le pomo de son inutilité dans le réel (ce point de vue sarcastique qui n est finalement que son propre objet/sujet). l'idée que l abstraction puisse servir, par rebond, à régler des problèmes du réel. c est précisément là-dessus que tous les critiques du pomo se sont attaqués, ce clin d oeil permanent à sa propre ruse. le pomo ayant développé des outils pour réfuter toute critique, on tourne vite en rond et cette stérilité a bloqué la machine, en a fait quelque chose d inavouable et de rédouté.

il se trouve que je pense qu en fantasy, plus qu en SF, on peut aller très loin, pas seulement dans la forme (gaiman s est rendu maître de la chose, et on ne compte plus les pastiches en rafale, auxquels les bouquins steampunk de xavier mauméjean ont taillé un cercueil sur mesure) mais dans le fond, je pense notamment à des gens comme james stoddard ou même tim powers, dont je suis très très fan et que je connais bien (comme ça se voit bcp dans ce que j écris, même si je partage pas sa connaissance de l histoire). on retrouve ça aussi bcp dans le jeu de role, des trucs comme unknown armies notamment, pr ki le postmoderne n est pas un gros mot (en gros, ton environnement devient mythe immédiat, change l'environnement, tu changes le mythe, donc la réalité déduite du mythe etc etc). les mondes imaginaires étant véritablement infinis, la postmodernité engendrée par un monde qui n existe pas sera peut etre plus réelle que le réel, hyper réelle, donc tangible. disney était, en la matière, précurseur, même si on débat encore de la teneur pomo de disneyland (certains disent qu il s agit de la modernité américaine dans toute sa splendeur, et dont nathanael west, mettons, aurait pu représenter le classicisme).

après, je pense que ce qui est certain, c est qu on a besoin de sortir de la modernité, d exercer un nouveau point de vue sur les choses, d affirmer la subjectivité, de réfuter la raison (en tout cas dans la création), de revenir à des choses primitives, de lier très ancien et très contemporain. c est ma vision du truc. le pomo est juste un point de départ, une tentative hative de la modernité de classifier comme renégat ce qui est en fait une fuite naturelle de la création vers les territoires vierges. c est un moyen de creuser un trou dans sa cellule avec une petite cuillère. le pomo est déjà mort, depuis flashdance en fait, maintenant, tout le monde découvre ça en poussant des cris, et se pamant ou en pestant (voir l attitude navrante de JCmenu dans ses éprouvettes). mais en france, on est à la masse. aux US, le pomo s achève dans le chaos sonore, et au japon, le truc n a pour ainsi dire jamais existé, ou alors, mort-né. il est certain que le fric est devenu notre nouveau référent, et que nos mythes émergent de fresques commerciales. c est pas une fatalité. il faut pas revenir en arrière, se dire : olala, c était mieux avant, avec nos valeurs et nos étiquettes. il faut traverser la postmodernité et sortir de l autre côté.
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Dernière édition par david le Mar Juil 17, 2007 4:11 pm; édité 1 fois au total
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systar



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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 3:37 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Merci pour cette belle réponse sur la post-modernité, David.

Sortant de ma niche à l'heure du goûter, j'ai envie de te poser maintenant une question sur le mythe.
Celui-ci est une structure fondamentale qui nous permet de mettre en forme le monde que nous percevons. ça, c'est Cassirer qui le disait dans les années 30, en mettant en garde la rationalité contre les dangers d'un retour à une forme de pensée mythique exaltant la terre, la force, etc. Il ne fut pas écouté, et dès Davos les étudiants lui préférèrent Heidegger, qui incarne un peu un certain irrationalisme, et fut le philosophe qui introduisit en philo des motifs tels que le "dieu à venir", les événements dans l'histoire de l'être, bref tout un tas de trucs bizarres (indépendamment du fait qu'il eut une période d'engagement nazi, puisque la thèse adoptée par la plupart des heideggeriens aujourd'hui est qu'on peut dissocier l'engagement politique de l'homme, de l'oeuvre du philosophe, et que le premier n'a pas infecté la seconde).

Le mythe est donc à la fois constitutif de notre imaginaire, de la manière dont nous percevons la réalité, et une sorte de point originaire vers lequel il peut être dangereux de régresser.
A l'évidence, la façon dont tu parles d'un Gondwanaworld comme scène d'un mythe (tu as parlé de mythopoétique, si tu peux expliciter un peu plus tout ça, ça sera sympa Wink ) n'a rien à voir avec l'exaltation des grands mythes axés sur la force, le sang, la terre. Comment désamorces-tu ce danger de régression intrinsèque au mythe? Casimir et Mickey, est-ce que c'est finalement ce que l'époque a engendré comme nouveaux mythes pour faire oublier les anciens? Est-ce de se placer volontairement dans les mythes d'enfants ou de fans grands enfants qui permet de restituer au mythe une sorte d'innocence et de force à même de créer des mondes? (puisque créer des mondes est, comme tu l'as dit, ton objectif fondamental en tant qu'artiste).

Voilà, voilà. Sinon je suis curieux de voir ce que tu répondras à Transhu sur la façon dont tu emploies la métaphore, et si tu considères encore ton travail comme de la SF... (quand bien même tu viens de dire que la fantasy te semble un terrain plus favorable pour avancer dans la post-modernité).
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Bruno - http://systar.hautetfort.com
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david



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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 3:43 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Epikt a écrit:
Reviendons-en au nerf de la guerre.

J'avais envie de causer de jeu vidéo (domaine que j'ai malheureusement laissé tombé ces derniers temps Sad ) et puisqu'on a dérivé sur le sujet et que finalement cela me semble très présent dans l'oeuvre de David (ce que j'en ai lu en tout cas) de linéarité.
Tu a déjà pas mal déffriché plus haut et dans ton article, c'est cool.
D'ailleurs, j'ai compris pourquoi tu ne concidères pas le JV comme un art narratif lorsque tu dis "ce qui m intéresse déjà dans le jeu vidéo, c est pas tant le jeu que le monde" - j'ai bizarrement (et un peu conscient quand même du coté bancal de la chose) toujours associé le JV à l'art narratif.

Quoi qu'il en soit, avec le jeu vidéo on a de plus en plus la possibilité de s'affranchir de la structure "début - parcours - fin", enfin, surtout la fin : le jeu sera plus un espace que le joueur va explorer, et va finalement abandonner au bout d'un moment, quand il n'y trouvera plus suffisament de choses pour l'y accrocher. Le parcours est donc différents pour chaque joueur, la fin encore davantage, et comme tu dis, il se pourrait bien qu'il devienne lui même artiste à la place de l'artiste, le developpeur ne faisant que lui donner les outils (cf tous ces jeu où on peut fabriquer sa map perso) - le developpeur comme créateur d'environnement, ça te va ?
D'une manière générale, puisque t'es dedans tous les jours de la semaine et que ça doit bien te titiller, quelles sont pour toi les voies à explorer ? les potentialités qui t'éclatent, qui te fascinent, ou simplement t'interpèlent ?
En particulier une chose qui me turlupine, ces derniers temps on a de cesse de developper des possibilités réseau/internet pour les JV (sur PC biensur, mais aussi sur console : Xbox live et cie), le jeu vidéo a-t-il un avenir off-line, hors du réseau ? ou au contraire l'aventure vidéoludique solitaire égoiste - le joueur, lui, lui seul et la machine, isolés - est-elle morte ?

Sinon, je souscris volontiers quand tu parles de puiser son inspiration dans les autres média pour nourrir son écriture, d'autant plus qu'il vont être éloignés de la littérature - en faisant toutefois de ne pas réduire le résultat au dénominateur commun de tous ces média, mais au contraire de l'aborder suivant un angle nouveau et de révéler d'autres possibilités (je m'aime quand je dis des choses profondes).
Que peut donc apporter une expérience vidéo-ludique à un travail d'écrivain ? L'écrivain comme créateur d'environnement, est-ce que ça marche aussi ?
(ça me semble bien possible, il m'est arrivé de prendre un pied pas possible à lire des notices de jeu de rôle, pourtant ineptes d'un point de vue littéraire, mais offrant la place à la création de la part du lecteur : d'ailleurs il n'y a pas grande différence entre un MJ préparant une session de JdR et un type qui bidouille sa map de CS)
Comment peut-on adapter la non linéarité du jeu vidéo (mais aussi d'Internet, qui a peut-être donné naissance à une autre façon de lire, bien moins linéaire) à la littérature ? D'ailleurs, le peut-on ?
A ce sujet (désolé, ça commence à etre décousu), écrire sur Internet, jouer avec les liens tout ça, ça te tente ? (edit : ou simplement pour un support informatique, comme un e-book)

Bon, maintenant, c'est à toi. C'est marqué "David Calvo répond à vos questions", pas "Epikt monologue", faut pas déconner. Twisted Evil


super intéressant ton post epikt, je pense qu'on a de quoi y passer le reste de la nuit Wink

j espère que ça va pas pas saouler tout le monde parceque je vais parler d harvest moon ou d animal crossing forcément, tout le monde va partir, et tant pis pr les hits (je décoooooone ^^)

déjà, jeu vidéo, art narratif, mouarf. à la limite du me parle des vieux lucasarts ou de quelques sierra, voir de half life ou deus ex, ok, mais sinon, ca reste très bas du front (je pousse le bouchon un peu loin car il y a de très belles choses que je cite pas hein, c est juste que c est pas une constante du jv, qui préfère les trous dans les murs). pr faire du narratif avec du jv, il faut un sacrée paire de couilles, que pas grand monde a dans le milieu, surtout parce que ça coute hypra cher de faire un jeu. tu vois les équipes qu il faut monter, tu te tires une balle direct.

après, t as des jeux bac à sable, comme sim city tout ça, qui marchent bien, qui s embarassent pas de linéarité - si ce n est une progression temporelle souvent malléable, et c est là où pour moi se niche la richesse narrative du jeu vidéo. je joue à animal crossing depuis sa sortie sur ngc, puis sur DS et je m en suis jamais lassé, pourtant y a rien à faire dans ce jeu ! mais en fait, je me suis rendu compte que ce jeu, c 'était la vie. j ai appris à organiser ma chambre avec, à faire des choses que j aurai jamais fait dans la vie réelle. je grossis le trait, mais au bout d un moment, j ai amené ma narration dans ces pixels apparement sans intérêts. j ai coloré tout ca avec mon âme. ca me fait penser, quand je jouais sur atari tout môme, on avait des super jaquettes avec des dessins de vaisseaux sublimes, des tanks super bien designés, et le jeu, c'était juste des cubes et des triangles qui faisaient bip bip. moi, je voyais les tanks. et j étais pas le seul.

avec le online, on assiste à une convergence des communautés et du jeu, dans un monde persistant (souvent pas très environnemental, mais c est parce que les joueurs préfèrent grinder que s occuper des fleurs). en couplant de micro événements temporalisés avec les actions quotidiennes des joueurs, on a de quoi faire l histoire d un monde, d un mythe, d une société, de la micro-histoire (c est d ailleurs un courant historique qui existe je crois et qui a déjà été appliqué à la guerre de cent ans). on a donc moyen de créer des expériences , et de donner aux joueurs des outils pour les vivre à leur facon. alors oui, dans le jeu vidéo, il n y a plus d artiste, il n y a que des utilisateurs (même nous, en développement, nous sommes les utilisateurs de nos programmes de configuration). IN THE FUTURE, NOBODY WILL BE FAMOUS. on est déjà en train de voir ca dans les communautés virtuelles, l effacement du mur entre acteurs et spectateurs - en art contemporain, les artistes s accrochent encore pathétiquement à leur étiquette d artistes alors que trente ans avant, lygia clark les avait déjà tous pulvérisé (sauf certaines personnes comme aernout mik ou louise bourgeois, mais ca reste très rare, imho). l interactif, c est déjà la narration (comme dirait un bon ami à moi qui se reconnaitra ^^). après, chacun en fait ce qu'il veut. le mot interactif a été amalgamé avec multimédia, et le multimédia, c est juste la version mainstream, le truc pour papa, c est comme le terme "vidéoludique", la pire chose qui soit. il faut rester proche de la source, c est vital.

sinon, je pense qu en offline, on va vraiment se diriger vers un jeu casual de plus en plus experimental. je sais pas si vous connaissez growcube http://www.eyezmaze.com/grow/cube/ mais c est énorme. ca devrait en dire plus que dix mille discours.

après, la façon dont moi j utilise le jeu vidéo dans mes livres, je crois que c est assez évident pour qui me lit attentivement. je veux pas m étendre là dessus, c est ma tambouille personnelle, c est la façon dont je fais mes trucs, c est maladroit encore mais ca va devenir de plus en plus clair, j espère. je n en suis qu au début, ca va me prendre des années, c est presque le travail d une vie. sinon, les liens tout ca, l hypertexte, bof bof, ce que j ai lu/vu en la matière m a fait penser à du mauvais chris marker textuel. je préfère de loin la fiction interactive (j en écris un peu sur inform 7, c est le pied).
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Virprudens



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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 5:38 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Quand on connait ta fascination pour une sorte de narration déstructurée, on comprend mieux ton intêret pour REZ (je suis étonné que tu ne l'ais toujours pas cité d'ailleurs). Je suppose qu'a contrario, la narration toute-puissante d'un Metal Gear Solid 3 doit te chatouiller légèrement, non ?

De par ta double compétence, écriture/jeux vidéos, n'es-tu pas tenté, consciemment ou non de calquer la structure de l'un sur l'autre ? Je m'explique (j'essaye) : un programme informatique, bien que déroulant un flux linéaire (une histoire, des images une à une, des couleurs sautant d'un pixel à l'autre) est constitué de modules, de routines, de fonctions objets, de tout un fatras illisible indépendamment. C'est son code. La traduction, la compilation puis le run de ce code donne l'histoire.
D'où ma question : ta prose ne doit-elle pas être considérée comme le code source de quelque chose de plus vaste qui n'a pas encore subi son 'run' ? Et notre cerveau le compilateur ? Où est le .exe ?
(Putain, je suis pas sur d'avoir été hyper clair sur le coup - mais j'ai vraiment essayé d'être sérieux)

Et une dernière pour la route (pour le côté Disney): tu connais certainement la blague 'pourquoi les castors ont la queue plate' ? Se sont trop faits sucés par des canards, bon, ok, c'est super, mais que pense-tu du fait que Riri, Fifi et Loulou étaient des Castors Juniors ?
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david



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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 6:08 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Transhumain a écrit:
Nous sommes sur un forum consacré à la science-fiction, aussi n'est-il pas inutile, il me semble, d'aborder le sujet avec toi. Serge Lehman (encore lui) écrit dans "Par-delà le vortex" : "[..] la science-fiction, ce pourrait être cela : l'expérience subjective du saisissement ou du vertige qui se produit lorsqu'on passe - au sens propre - de l'autre côté du miroir ; lorsqu'on tombe dans l'image". C'est la réification. Le réel devient métaphore de l'image devenue concrète (j'espère que je ne dis pas trop d'âneries : je n'ai pas encore lu ce texte jusqu'au bout).
Or chez toi, l'imaginaire se retourne comme un gant, puis à nouveau, et encore, jusqu'à ce que tout soit brouillé. Pas comme chez Dick, pas du tout. L'image, chez toi, n'est pas ontologiquement différente du réel (chez Dick, c'est l'impossibilité de discerner les deux qui suscite l'angoisse). On ne "tombe" pas dans l'image chez David Calvo, pas plus que l'image ne s'immisce dans le réel. Il y a le réel. Il y a l'image. Tes textes se situent dans un troisième monde, à la croisée des deux autres, et où le sense of wonder ne saurait exister. Tu n'écris donc pas de SF, si l'on s'en tient à la définition de Lehman, mais cela n'a strictement rien à voir avec les modes de narration (ceux-ci n'étant que des symptomes visibles) ou la présence d'une spéculation scientifique rationnelle. Bien sûr, ta littérature fait surgir d'abondantes réflexions, images, sensations. Minuscules Flocons, ce sont tes "Impressions de L.A.", comme Roussel avait celles d'Afrique. Mais faire surgir des significations nouvelles, des images inédites, n'est pas le propre de la SF. Tu en penses quoi ? Est-ce qu'il te semble que tes textes relèvent malgré tout de la SF ?
Fabrice (qui n'écrit pas de SF non plus, du moins dans ses romans chez L'Atalante ou au Diable) serait l'Arpenteur, donc, celui qui lie des éléments disparates, qui invente avec du réel. Toi, tu es alors le joueur de Go, le poète algorithmique, le schizo heuristique. Chez toi le réel n'est pas plus métaphore de l'imaginaire, que l'inverse. Tu as raison, en définitive, chez toi, il ne s'agit pas tant de lier, que de créer. Arpenter, oui, mais seulement des terres qui l'instant d'avant n'existaient pas. Dès lors, tes récits sont des chemins, une suite de choix, comme dans les jeux vidéo. Tu parles de littérature ambient, comme on dit de la musique, c'est cohérent, tout ça se tient. Mais est-ce seulement possible ? A moins de dénier aux mots leur sens intrinsèque, la littérature ne saurait être purement sensorielle, sensuelle, comme peut l'être la musique ("le plus profond et le plus puissante de tous les arts", pour Schopenhauer, pour qui la musique était l'expression du monde comme volonté). "Si nous n'écoutons pas la musique de Bach en parfaits et subtils connaisseurs du contrepoint et de toutes les variétés du style fugué, et devons par conséquent nous passer de la jouissance proprement artistique, nous aurons, à l'audition de sa musique, l'impression (pour le dire à la sublime manière de Goethe) d'être présents au moment même où Dieu créa le monde", écrivait Nietzsche dans Humain trop humain. Ta littérature se veut noétique, mais restera toujours la langue, forcément signifiante, y compris dans ses expressions les plus radicales (je pense à des textes comme Bing de Beckett). A moins de la condenser, de la dépasser, de l'exprimer dans un unique symbole (d'où ma question sur le Pixel). Systar nous dira qu'il ne s'agit jamais que du Verbe divin singé par le nôtre, si petit...


non non c est très clair ce que tu dis. c est même suprenant que ce soit aussi clair ^^

il m est difficile de reprendre point par point ce que tu dis tant c est dense et pensé. je pense aussi que ca me fait du bien ce que tu dis sur la différence entre fab et moi, je crois qu il doit apprécier aussi, il pourrait venir en parler s il trouve quelques minutes. c est vrai que c est pas simple de vivre l un collé à l autre comme ca dans l esprit des gens, alors qu on est très différents, et qu on a besoin de poser cette différence pour qu on puisse se regarder et exister par nous même (je dis ca surtout pour moi, parceque c est vrai que depuis le début, on me prends toujours pr quelqu'un d autre, c est pas que j en ai souffert, quoique, mais maintenant c est cool que ca s arrete ^^). enfin, je sais pas, je trouve que c est bien que ce soit toi qui le fasses. tu nous connais, tu nous lis, tu peux parler, et t es pas dans la frustration, donc ca me rassure. c est pas courant d avoir ce recul sur les choses, de pas faire d amalgame, et je t en remercie publiquement.

je répondrai pas au mythe car il y a une question de systar plus loin qui m interpelle sur le sujet, et je pourrai reboucler. je vais juste te parler de forme. il est certain que je n ai pas trouvé la mienne. même si je sais qu elle est diégétique et noétique. alors oui, l impossibilité de rendre compte de l ambient, du pixel, avec des mots, c est une évidence de tous les jours. j ai un gros travail à faire sur moi. d'écoute, de prise de risque, de confiance à garder. je veux dire, je dessine, je dois mettre en mouvement tout ca. la boucle de nid de coucou est over, maintenant je trace vers les étoiles, mais je sais pas si je vais atterir avant longtemps. peut etre que je vais me crasher en catastrophe quelque part, c est bien mon genre ^^ peut etre qu'il y aura des ruines, ou des autochtones, je sais pas, ca me fait penser à ce tex avery, le chat qui détestait les gens, qui se retrouve sur la lune pour quitter ces connards d humains et qui se retrouve en enfer ^^ le gars s 'expulse finalement de la lune en se posant sur un tee et se botte le cul au club de golf, retour direct vers la terre ^^ trop fort ///

bref, en tout cas, tu m as donné une quantité de pistes de réflexion. je suis pas du tout un garçon fini, disons que j ai mis cette indécision, et cette impulsivité au centre de mon boulot et je crois que c est ce qui m a gardé en vie tout ce temps, malgré les échecs, malgré la peur. j espère peut etre me mettre quelque part où je pourrais toujours garder le choix d être un autre. des sauvegardes. des checkpoints. des arborescences lumineuses, des retours, des fast forward. des descentes en enfer, des montées vers déesse. je me souviens d une humiliation du milieu de la SF, quand j ai commencé à écrire, je dirai pas qui me la fait subir parce que s il lit ce forum, comme je pense qu il le fait, il se reconnaitra. je devais dédicacer wonderful je crois, qui venait de gagner un prix. j étais à ma table, j avais l impression d être calvin vendant de la limonade, personne venait mais je m en foutais, j étais content d être là, ca devait etre nantes, ou paris XVIIIème, pour présence d'esprit je crois, bref. j avais une petite pancarte avec mon nom dessus, david calvo, écrivain. j 'étais tout fier. je suis parti acheter un coca et quand je suis revenu, quelqu'un, ce type, qui signait pas loin, avait rajouté un point d interrogation derriére "écrivain". tout le monde s est foutu de ma gueule. j ai ri. j ai fais celui qui n en avait rien à foutre. ca m a fait rire, mais putain, ca m a fait mal. et c est la même chose depuis le début. alors j ai fini par croire que je devais pas être écrivain, pour assumer cette injure. et j ai finalement trouvé ca pas mal. d etre tout sauf écrivain, en écrivant. c est pas un crédo commercial, car je gagne rien, ni même médiatique. mais c était une évidence. qu écrivant, je pouvais être guitariste, programmeur, discobole, pilote ou archéologue. tous mes rêves de gosse.
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david



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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 6:23 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Virprudens a écrit:
Quand on connait ta fascination pour une sorte de narration déstructurée, on comprend mieux ton intêret pour REZ (je suis étonné que tu ne l'ais toujours pas cité d'ailleurs). Je suppose qu'a contrario, la narration toute-puissante d'un Metal Gear Solid 3 doit te chatouiller légèrement, non ?

De par ta double compétence, écriture/jeux vidéos, n'es-tu pas tenté, consciemment ou non de calquer la structure de l'un sur l'autre ? Je m'explique (j'essaye) : un programme informatique, bien que déroulant un flux linéaire (une histoire, des images une à une, des couleurs sautant d'un pixel à l'autre) est constitué de modules, de routines, de fonctions objets, de tout un fatras illisible indépendamment. C'est son code. La traduction, la compilation puis le run de ce code donne l'histoire.
D'où ma question : ta prose ne doit-elle pas être considérée comme le code source de quelque chose de plus vaste qui n'a pas encore subi son 'run' ? Et notre cerveau le compilateur ? Où est le .exe ?
(Putain, je suis pas sur d'avoir été hyper clair sur le coup - mais j'ai vraiment essayé d'être sérieux)

Et une dernière pour la route (pour le côté Disney): tu connais certainement la blague 'pourquoi les castors ont la queue plate' ? Se sont trop faits sucés par des canards, bon, ok, c'est super, mais que pense-tu du fait que Riri, Fifi et Loulou étaient des Castors Juniors ?


j ai pas cité REZ ? mais si, relis bien ^^
MGS, ca ma saoule, oui. pr moi, c est emblématique de ce qui marche pas en jeux vidéo. c est long, c est chiant, c est dur, merde.

je vais répondre à ta question sur le code dans ma réponse à systar, parce que ca l articule aussi. je répondrai aussi à ta question sur les castors juniors dans mon post sur disney demain, qui traine depuis quelques jours. sache juste que j étais archi-fan des castors juniors ! j avais tous leurs manuels. c était trop bien. je suis en train d écrire un truc sur le sujet dans mon blog, disneyland zonderkommandos. je suis censé le mettre un peu à jour la semaine prochaine.

sinon, non, je calque pas les structures du jeu vidéo dans ce que j écris. c est bcp plus insidieux, c est dans ma tête que ça se passe, c est mon secret ^^
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Elisabethforever



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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 7:33 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Citation:
sinon, je pense qu en offline, on va vraiment se diriger vers un jeu casual de plus en plus experimental. je sais pas si vous connaissez growcube http://www.eyezmaze.com/grow/cube/ mais c est énorme. ca devrait en dire plus que dix mille discours
.

bon dieu, ç'est là que je joue la vieille de service.
Animal crossing ? J'ai jeté un œil sur la ds de la fifille de Roland, c'est mignon tout plein, mais bon ? Qu'est-ce que ça m'apprend sur le monde où je vis ? qu'est-ce que ça me fait ressentir que je n'ai jamais ressenti ? qu'est-ce que ça me fait comprendre ou voir que je n'avais pas vu ? C'est ça que je rercherche, dans quelque forme d'art/d'expression que ce soit.
J'ai testé le cube, c'est marrant. Mais ton point de vue m'intéresserait.

Bon, et pour rester concret, le dernier bon bouquin de SF que tu as lu, c'était quoi ?
Ou si pas SF, autre chose. Qu'est-ce que tu attends d'un livre en tant que lecteur ?
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Epikt



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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 9:13 pm    Poster un sujet: Répondre en citant

Yaaaaaaahhhhhh !!!!! Very Happy Very Happy Very Happy
J'ADOOOOOORE GrowCube !!!!!!!!!

Je commence à me débrouiller pas mal, mes petits bonhommes creusent tout la montagne, mes tubes poussent de partout, je crée tout plein de cascades, mais je sais toujours pas quoi foutre de cette balle et de ces scrogneugneuh de ressors.

Tout ça pour dire David, qu'au lieu de réfléchir à faire progresser ce débat, grâce à toi je joue à des jeux crétins !
J'espère que tu es fier !
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Epikt



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MessagePosté le: Mer Juil 18, 2007 1:42 am    Poster un sujet: Répondre en citant

Me revoilou !

Au sujet du JV comme art narratif, j'avoue que ma vision vient pour beaucoup du fait que les arts narratifs, "c'est mon dada" (avec l'accent du crustacé), et que j'ai donc intégré le jeu vidéo comme une sorte d'art narratif élargi.
Cela se heurte à certains exemple évidents, mais j'avoue que l'idée interactivité=narration me plait, ne serait-ce que parce que ça m'arrange ! (en passant, je crains que nous ayons les mêmes amis, j'en connais un qui m'a justement fait la même remarque sur gtalk suite à mon post - trop prévisible le gars Rolling Eyes )

Intégrer une narration (au sens littéraire/littéral du terme) au jeu vidéo, au dela du "les joueurs préfèrent fraguer que de suivre/vivre une histoire", ne me semble finalement pas une si bonne idée : on se retrouve avec une histoire vaguement interactive mais horriblement linéaire - ce qui ne m'empéchera jamais de m'être éclaté comme un fou sur des jeux comme Les chevaliers de Baphomet (de toute façon j'adore le point&click, c'est plus fort quemoi). Je sais plus qui parlais de MGS, c'est encore pire (cela dit, j'aime ce jeu, mais je parle en terme d'exploiter les possibilités du médium) puisqu'il s'acharne de plus en plus à devenir un film : on sent le gars qui assume mal le coté vidéo ludique, et qui lorgne vers un art "plus noble" (?)(en tout cas plus grandiose). Enfin, passons.

Je fais une paranthèse dans mon "raisonnement" car je suis ta réponse et quelque chose m'interpèle.
Je ne suis pas d'accord sur le coté "nobody will be famous". Je veux bien croire qu'il y ait une sorte de glissement de la "qualité" d'artiste du créateur à l'utilisateur, alors peut-être que finalement, "dans le jeu vidéo, il n y a plus d artiste, il n y a que des utilisateurs", comme tu dis (même si je reste quand même convaincu que le créateur garde un statut particulier). En fait, le "nobody will be famous" serait valable off-line (et dans une relation très égoiste au jeu, une conception qui me tient à coeur), mais dès qu'on est on-line, que l'on crée une communauté, il y a forcément une hierarchie naturelle qui s'établie - parce que untel a buter tout seul le dragon niveau 87, ou je ne sais quoi d'autre. Autre exemple, la "starissisation" de certains progamers, pas en France biensur (ici l'idée fait toujours sourire), mais dans les pays où le phénomène commence à prendre de l'ampleur (la Corée pour citer un pays que j'aime bien).

Je ferme la parenthèse.
J'avoue que le on-line, je n'y suis pas très à l'aise. D'où ma question sur le off-line. Peut-être que je n'ai pas encore croisé de jeu on-line qui me le fasse aimer, mais bon... j'ai l'impression qu'en on-line on se disperse (prenons un mmorpg, on parcourt le pays en tapant du troll).
Plus haut, tu donnais l'exemple de GrowCube pour l'avenir du off-line, et laisse moi te dire que ça me va parfaitement (en passant, ayé, j'ai fini le jeu, j'adore), c'est même véritablement le genre d'expérience que je recherche dans le JV (au dela de la séance de défoulement d'un Soul calibur) : une expérience d'immersion personnelle, et de compréhension d'un univers et de sa logique interne. C'est entre moi et la machine, moi et l'univers, dans notre bulle, tu vois. Dans ce genre de situation, tu établies un lien privilégié avec l'univers que t'explores, et l'arrivé d'un tiers casse toute l'harmonie ! C'est très égoiste et très autiste, mais j'assume !
D'ailleurs quand je réfléchi aux jeux qui m'ont marqué, j'ai developpé avec eux ce genre de relation : que ce soit en recommençant 500 fois le même tableau de Another world jusqu'à pourvoir le faire les yeux fermés parce que dans ce jeu si tu fais un pet de travers t'es mort, ou en entammant le 471e niveau de Populous, en sachant bien que jamais j'arriverais au bout - le premier est "narratif", l'autre pas, mais pas grave, je commence à perdre le fil de mes pensées.
Ce sont le genre de jeux qui me feront peut-être reprendre les JV de manière plus assidue (moué, m'acheter une DS).
Enfin, c'est très clair dans ma tête (?), mais mis par ecrit ça l'est tout de suite moins.

(en espérant que ça t'inspire des réactions, sur ce, je vais faire dodo)
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systar



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MessagePosté le: Mer Juil 18, 2007 8:13 am    Poster un sujet: Répondre en citant

david a écrit:
je me souviens d une humiliation du milieu de la SF, quand j ai commencé à écrire, je dirai pas qui me la fait subir parce que s il lit ce forum, comme je pense qu il le fait, il se reconnaitra. je devais dédicacer wonderful je crois, qui venait de gagner un prix. j étais à ma table, j avais l impression d être calvin vendant de la limonade, personne venait mais je m en foutais, j étais content d être là, ca devait etre nantes, ou paris XVIIIème, pour présence d'esprit je crois, bref. j avais une petite pancarte avec mon nom dessus, david calvo, écrivain. j 'étais tout fier. je suis parti acheter un coca et quand je suis revenu, quelqu'un, ce type, qui signait pas loin, avait rajouté un point d interrogation derriére "écrivain". tout le monde s est foutu de ma gueule. j ai ri. j ai fais celui qui n en avait rien à foutre. ca m a fait rire, mais putain, ca m a fait mal. et c est la même chose depuis le début. alors j ai fini par croire que je devais pas être écrivain, pour assumer cette injure. et j ai finalement trouvé ca pas mal. d etre tout sauf écrivain, en écrivant. c est pas un crédo commercial, car je gagne rien, ni même médiatique. mais c était une évidence. qu écrivant, je pouvais être guitariste, programmeur, discobole, pilote ou archéologue. tous mes rêves de gosse.


La vache! Dis-moi qui c'est, que j'aille lui crever ses pneus...
Plus sérieusement: j'ai lu hier soir les quelques premières pages de Nid de coucou: bon, ben voilà... Ecrivain? Ben, ouais, plutôt... L'invocation, page 13, je sais pas où t'as été chercher ça, mais ça brasse très large: si je suis un peu audacieux, j'y trouve des résonances de l'ouverture de l'Enéide (pas tant les thèmes qu'une certaine façon de dynamiser, de donner de l'emphase, de s'installer dans la puissance et dans la joie très vite), j'y trouve plein de belles choses... Et puis ce mot, là, "Gondwanaworld", à prononcer c'est jouissif, faudrait essayer avec la bouche pleine de chamallows ou de meringue!
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MessagePosté le: Mer Juil 18, 2007 8:16 am    Poster un sujet: Répondre en citant

Katioucha a écrit:
Citation:
Je ne suis pas certain qu'il ait besoin de ses chiennes de garde.

Citation:
ça fait pas partie du jeu, avec un auteur comme David, de se marrer un peu?
Ce qui se fait pas, c'est de causer à sa place vu que c'est lui qui est le sujet du thread et pas vous. Allez zou ! à la niche.
Bonjour David, ici Catherine. Dis-moi, quel est le titre du livre qui a changé ta vie ?


bonjour ma belle ^^

pardonne moi de ne pas avoir répondu à ton post tout de suite, je l avais pas vu Embarassed

je pense que le livre qui a changé ma vie quand j étais mome, c est l histoire sans fin. plus près de moi, c est le Yi-King qui m a vraiment retourné la tête. les deux sont liés je crois.
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Dernière édition par david le Mer Juil 18, 2007 8:28 am; édité 1 fois au total
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MessagePosté le: Mer Juil 18, 2007 8:27 am    Poster un sujet: Répondre en citant

Elisabethforever a écrit:
Citation:
sinon, je pense qu en offline, on va vraiment se diriger vers un jeu casual de plus en plus experimental. je sais pas si vous connaissez growcube http://www.eyezmaze.com/grow/cube/ mais c est énorme. ca devrait en dire plus que dix mille discours
.

bon dieu, ç'est là que je joue la vieille de service.
Animal crossing ? J'ai jeté un œil sur la ds de la fifille de Roland, c'est mignon tout plein, mais bon ? Qu'est-ce que ça m'apprend sur le monde où je vis ? qu'est-ce que ça me fait ressentir que je n'ai jamais ressenti ? qu'est-ce que ça me fait comprendre ou voir que je n'avais pas vu ? C'est ça que je rercherche, dans quelque forme d'art/d'expression que ce soit.
J'ai testé le cube, c'est marrant. Mais ton point de vue m'intéresserait.

Bon, et pour rester concret, le dernier bon bouquin de SF que tu as lu, c'était quoi ?
Ou si pas SF, autre chose. Qu'est-ce que tu attends d'un livre en tant que lecteur ?


sylvie,

il est très difficile de se faire une idée d un jeu vidéo sans y jouer. c est comme si tu voulais qu un livre te dise quoi ressentir avec son quatre de couv ("vous ne serez plus jamais pareil !", "ca va vous terrifier", "ca va vous faire croire en dieu"). en plus, l inutile est très important dans animal crossing (comme manger une cerise). il faut absolument lâcher quelque chose avant d entrer, tu peux pas attendre la même chose d un jeu que d un livre. et ce que tu découvrira, si tu ouvres ton esprit, c est pas forcément des choses que tu avais envisagé. demande à la fille de roland ce qu elle en pense. je pense pas qu animal crossing t intéressera, parce que c est vrai que c est pas facile de s attacher à une girafe virtuelle, mais tu pourrais essayer de jeter un coup d oeil à shadow of the colossus par exemple Smile

le dernier livre de SF que j ai lu ? je sais pas. je lis pas trop de fiction tu sais. j ai lu un bouquin de card que j avais jamais lu, hart's hope, que j ai trouvé dans une pile de rebuts chez ruaud, et j ai adoré, mais c est de la pure fantasy. en sf, je crois que c était accelerando de stross, qui m a fait rire (un peu, pas longtemps). en fait, j adore les nouvelles de SF plus que les romans, ou alors faut qu ils soient courts. greg egan, ballard, ted chiang, gibson, leurs nouvelles sont extraordinaires.

j attend pas spécialement quelque chose d un livre. je le lis, et j en tire quelque chose, ou pas. si ca ma broute, j arrête de le lire, je le laisse dans la rue pour que quelqu'un d autre le lise, c est quelque chose que je fais beaucoup, de donner mes livres ou de les abandonner. je croule pas sous les livres, j ai rêvé un jour que je mourrai dans un tremblement de terre, écrasé par ma bibliothèque Wink
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