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Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 11:50 am

Pour Alcor :

Oui, je tiens Ballard pour un immense auteur. Les romans de lui que j'ai lus (La Forêt de cristal, Crash, Le Rêveur illimité...) m'ont impressionné à maints égards.

Maintenant, m'a-t-il plus influencé qu'un autre ? Je ne crois pas. Je suis avant tout le neveu de tonton Boris *. Parmi les auteurs anglo-saxons, je me sens plus proche de Sturgeon et de Silverberg. Mais aussi de Dickens et d'Emily Brontë qui m'ont marqué quand j'étais ado. Mes maîtres ne se trouvent pas forcément dans la SF. Ni même dans la littérature ;-)


* Vian, of course.

Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 11:57 am

Pour Katioucha :

Hadès Palace, comme tous les romans qui ont suivi La ville au fond de l'œil, est un roman "humain" avec des personnages qui rient et qui souffrent, comme toi-z-et moi. Même si Hadès lui-même est quelque peu déshumanisé.

Le "voyage dans le temps des biens immobiliers" (quelle classe, ma chère !) est le fruit d'une déduction logique : une fois le corps et l'âme de Bran Hadès réunis, ses pompes et son œuvre ne peuvent que régresser jusqu'à l'état initial. D'où la métamorphose à l'envers du Palace – assez jouissive à écrire, je l'admets ;-)

jerome
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Message par jerome » lun. déc. 15, 2008 2:26 pm

Francis Berthelot a écrit :Bonjour à tous et merci à Actu SF pour son invitation :-)

Réponse à Jérôme :
Comment naît l'idée d'un livre ? C'est un processus long et complexe, que j'appelle "l'élaboration" et qui prend diverses formes : des flashes arrivant de façon impromptue à l'occasion d'une rencontre, d'une image vue à la télé, d'un spectacle auquel on assiste, d'un événement de la vie quotidienne, etc. ; ou une réflexion qui suit son chemin et aboutit à une nécessité logique (il faut que je parle de ÇA) ; ou, le plus souvent, de la conjugaison des deux.
Dans le cas du "Petit Cabaret des morts", j'avais plusieurs désirs : donner un fils à Bran Hadès ; raconter l'histoire des cousins d'Ivan et Maxime Algeiba ; développer le thème de l'âme des morts abordé dans "Hadès Palace" ; et aussi plonger une nouvelle fois dans l'univers du spectacle.
Pourquoi avoir choisit le monde du spectacle; Qu'est-ce qui t'intéressait là dedans ?
Jérôme
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céline B
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Message par céline B » lun. déc. 15, 2008 3:28 pm

bonjour,

beaucoup de personne s'accorde à dire que la couv' du " petit cabaret des morts" est sublime. Avez-vous votre mot à dire en tant qu'auteur sur le choix de l'illustration ?
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Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 3:30 pm

Pour Jérôme :

Avant d'écrire des romans, j'ai fait quatre ans de théâtre amateur. J'ai également vécu pendant sept ans et demi avec un comédien, Luc Alexander, grâce à qui j'ai connu de près les milieux du théâtre professionnel.

Le spectacle revient sous diverses formes (marionnettes, théâtre, cirque) dans beaucoup de mes romans : La Ville au fond de l'œil, Le Jongleur interrompu, Mélusath, Le Jeu du cormoran, Hadès Palace et Le Petit Cabaret des morts.

J'aime beaucoup introduire un spectacle à l'intérieur d'un roman, car cela permet d'y ouvrir une dimension esthétique autre, de procéder à des mises en abyme, de créer une fiction dans la fiction, etc. C'est un procédé qu'utilise un auteur comme Mandiargues dans nombre de ses nouvelles.

Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 3:37 pm

Pour Céline B

Je suis très heureux de ce que tu me dis. Moi aussi, j'aime beaucoup cette couverture : elle est l'aboutissement d'une collaboration entre Olivier Girard, directeur du Bélial, l'illustrateur Eric Scala et moi-même. Nous avons d'abord échangé des idées par téléphone, par mail, puis commenté les différentes étapes de la création d'Eric, chacun y est allé de ses suggestions, jusqu'à ce que le résultat nous satisfasse tous les trois. Ça restera un excellent souvenir.

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Mélanie
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Message par Mélanie » lun. déc. 15, 2008 3:45 pm

Francis Berthelot a écrit :Et non, au départ, je n'imaginais pas une seconde dans quoi je m'embarquais. "L'Ombre d'un soldat" et "Le Jongleur interrompu" n'ont aucun lien entre eux, sinon le fait de se situer à peu près à la même époque. C'est seulement'en écrivant "Mélusath" que je les ai réunis, en reprenant Olivier (héros de "L'Ombre") quelques années plus tard et en lui faisant rencontrer Lily-Rhum du "Jongleur" – cela dans "Mélusath". Ensuite, j'ai voulu raconter la fin de l'histoire de Tom-Boulon dans "Le Jeu du cormoran", en prenant pour héros le fils aîné du dompteur du "Jongleur". La suite s'est enchaînée de proche en proche, par un mélange de "flashes" et de déductions logiques. L'ensemble du cycle ne s'est imposé à moi qu'après avoir écrit "Nuit de colère".
Je n'ai pas encore lu tout le cycle mais j'ai eu l'impression effectivement que Nuit de colère, qui est peut-être mon préféré, marquait un tournant. J'ai l'impression aussi que la tonalité devient plus sombre à partir de là, est-ce que c'est aussi ton ressenti ? Je pense notamment à l'héritage familial de Kantor, seul survivant du suicide collectif de la secte dirigée par son père, dans Nuit de colère, et à l'ambiance vraiment noire de Hadès Palace. Même Le jongleur interrompu dont la fin m'a bouleversée ne m'a pas laissé une telle impression de noirceur.

Sur une note plus légère, une question bête mais qui s'impose : toi qui es féru de séries télé en tous genres, est-ce que ça a la moindre influence sur ton écriture et ton inspiration ?

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Message par Fabien Lyraud » lun. déc. 15, 2008 3:52 pm

Sur une note plus légère, une question bête mais qui s'impose : toi qui es féru de séries télé en tous genres, est-ce que ça a la moindre influence sur ton écriture et ton inspiration ?
Je rebondis sur ce que dit Mélanie. L'éciture télévisuel ça te tenterait ?
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Message par Lucie » lun. déc. 15, 2008 4:02 pm

Salut Francis

1) Lorsque tu mets en scène les âmes, dans Le Petit Cabaret des morts, tu utilises un mode de narration directement issu de la tragédie antique, avec le choeur qui répond ou commente... Pourquoi ? Est-ce pour insister sur la mythologie grecque, après Hadès, Orphée, Eurydice...? Ou bien pour te/nous distancier de ce que vivent et ressentent les âmes ? Ou parce que décidément, les âmes manquent de chair ?

2) Est-ce que tu regrettes la parution de La Ville au fond de l'oeil ?

3)
• Carnaval sans roi : Le Bélial’, à paraître en 2010

• Abîme du rêve : Le Bélial’, à paraître en 2012
c'est du pur sadisme de nous faire attendre aussi longtemps, n'est-ce pas ?

Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 4:13 pm

Pour Mélanie :

Plusieurs des romans du cycle correspondent à un tournant. À commencer par Mélusath qui scelle la structure à venir en offrant une suite commune aux deux premiers, jusqu'alors indépendants, et y introduit la dimension fantastique.

Nuit de Colère est le cinquième volume : il se situe donc au milieu de l'ensemble. De plus, il correspond à mon retour dans les littératures de l'imaginaire, ce qui m'a donné (consciemment ou non) une plus grande liberté dans l'usage des éléments fantastiques et/ou science-fictionnels. Enfin, Roger Bozzetto a signalé dans un de ses articles qu'avec Nuit de colère, la tragédie faisait son entrée dans cet univers. Je suis assez d'accord avec cette analyse : auparavant, j'étais plus dans le registre du mélodrame.

Pour les séries télé, le lien évident est la structure "feuiletonnesque". Mais celle-ci me tenait déjà à cœur quand, à douze ans, j'achetais Tintin toutes les semaines ! Par ailleurs, il y a sans doute des influences, mais pas forcément conscientes. La plus notoire est celle de David Boreanaz / Angel sur le personnage de Kantor ;-)


Pour Fabien Lyraud :

Non, l'écriture télé ne me tente pas une seconde. Un scénario télé n'est pas une "œuvre" : c'est le support d'une œuvre que réalisera quelqu'un d'autre. Et puis je ne suis pas attiré par l'univers de la télé, qui semble terriblement contraignant pour des raisons économiques. Dans un roman, les effets spéciaux ne coûtent pas un centime : dans un épisode de série, leur prix devient le critère principal. A quoi bon s'imposer une telle contrainte ?

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jlavadou
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Message par jlavadou » lun. déc. 15, 2008 4:25 pm

Salut Francis,
Francis Berthelot a écrit :Par ailleurs, il y a sans doute des influences, mais pas forcément conscientes. La plus notoire est celle de David Boreanaz / Angel sur le personnage de Kantor ;-)
Oh mon dieu ! Quelle désillusion :) Savoir que la série Buffy (que j'ai en horreur) a contribué à la création d'un chef d'oeuvre comme Nuit de colère, c'est... c'est... ah non, je ne veux pas y penser ! Oublions cela :)

Plus sérieusement, pour rester sur Nuit de colère, et même sur les tomes précédents, ils sont aujourd'hui difficilement trouvables. Une réédition est-elle prévue ?

Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 4:26 pm

Pour Lucie :

1) Si j'ai choisi une écriture théâtrale pour les scènes avec les âmes, c'est effectivement pour suggérer le fait qu'elles se déroulent sur un plan différent du nôtre. Je reprends d'ailleurs ce principe dans le volume neuf du cycle, Abîme du rêve, dans un contexte différent... que je ne préciserai pas ! Ma référence n'était pas le théâtre grec mais l'opéra, puisque j'écoute beaucoup d'opéras (surtout russes) quand je travaille et qu'on y trouve l'alternance soli/ choeurs. Les titres des chapitres correspondant sont d'ailleurs explicitement reliés à la musique.

2) Je ne regrette pas une seconde la parution de La Ville au fond de l'œil. Ce roman a marqué un changement radical dans mon écriture. Il m'a permis d'entrer chez Denoël et dans le groupe Limite. Par ailleurs, je serais totalement incapable d'écrire un tel livre aujourd'hui. Heureusement pour mon état mental, d'ailleurs ;-)

3) Ce n'est pas mon sadisme (au demeurant réel) qui est en question: plutôt des contraintes éditoriales liées au fait que mes romans se vendent rarement à plus d'un million d'exemplaires ;-)

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Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 4:34 pm

Pour jlavadou

Désolé de t'avoir brisé le cœur, Jérôme :lol:

En fait, ce n'est pas la série Buffy qui m'a inspiré : c'est uniquement le personnage d'Angel, tiraillé entre le bien et le mal et consumé de l'intérieur. Et j'ai utilisé le physique de Boreanaz pour décrire Kantor (personne ne s'en est aperçu, d'ailleurs !).

Le Bélial' envisage très sérieusement une réédition en trois gros volumes (trois romans par volume) de l'ensemble du cycle. Le premier devrait paraître en 2010, à peu près à la même période qu'Abîme du rêve.

Lucie
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Message par Lucie » lun. déc. 15, 2008 4:42 pm

Tu parlais de Vian, un peu plus haut. Quels sont les titres de lui qui t'ont le plus marqué ? Livres et chansons ?

Francis Berthelot
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Message par Francis Berthelot » lun. déc. 15, 2008 4:56 pm

Pour Lucie

J'adore les chansons de Vian. Mais même à l'époque où j'écrivais des chansons (celles que j'attribue à Lon Orfelt dans Hadès Palace datent des années 70), ce n'était pas lui qui m'influençait. Plutôt les poètes surréalistes ou des auteurs compositeurs comme Jean Vasca.

Côté romans, L'Écume des jours et L'Arrache-coeur sont pour moi deux références essentielles. Mais plus que d'une influence, je parlerai d'une parenté. L'imaginaire de Vian et le mien sont proches et se rencontrent sans cesse, même de façon inconsciente. J'ai découvert il y a quelques années seulement qu'il était passionné par le Kalevala, qui est une de mes grandes références mythologiques (à partir de la musique de Sibelius). Quand j'ai écrit La Maison brisée, j'ai parlé d'une petite fille qui arrosait tous les jours la chaumière de sa grand-mère pour l'empêcher de rétrécir : mais elle n'y parvenait pas, et la chaumière finissait par devenir une tombe. En relisant L'Écume des jours, j'ai découvert avec stupéfaction que la maison de Colin et Chloé rétrécissait elle aussi. Je l'avais totalement oublié !

Enfin, dans la nouvelle Le Parc Zoonirique, j'ai introduit – de façon délibérée, cette fois – une référence au nénuphar qui ronge le poumon de Chloé.

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