A comme Alone
( 1 )
de Thomas Geha
aux éditions Rivière Blanche
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Post apocalyptique

Auteurs : Thomas Geha
Couverture : Juan
Date de parution : septembre 2005 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 161
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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A comme Apocalypse.

Thomas Geha sort là son premier roman dans la dynamique maison d’édition Rivière blanche. Ce n’est pas un coup d’essai dans l’écriture puisqu’il est l’auteur d’une vingtaine de nouvelles parues soit dans des anthologies comme L’Esprit des bardes ; Rêves d’absinthe, soit dans des revues comme Lunatiques, Black Mamba… Il fut aussi lauréat du second prix Pépin 2005 pour une histoire courte (Prescient).

Avec A comme Alone, nous sommes dans un futur proche. L’humanité a basculé dans le chaos suite à un dérèglement d’unités robotiques censées aider les humains. Mais rien n’est sûr si ce n’est qu’il y a eu la Grande Catastrophe. Pépé est un enfant de l’apocalypse, il a grandi et survécu grâce à une experte en survie qui s’appelle Grise. C’est une alone.

S’étant retrouvé seul à la suite d’une embuscade, Pépé tente de survivre dans ce monde hostile. L’alone qu’il est devenu aide Gaby, survivant lui aussi, pour retrouver des objet "d’Avant ". C’est dans une Rennes dévastée devenue extrêmement dangereuse que Pépé prend conscience que Grise n’est peut-être pas morte…

A comme action.

Nous sommes ici dans un roman d’action. Et cela fonctionne bien. Le héros s’exprime à la première personne ce qui installe rapidement le lecteur dans ce monde hostile.

L’univers se compose de villes dévastées, de communautés religieuses fanatiques pratiquant une religion dévoyée, d’anciens militaires survivalistes, d’apprentis dictateurs régnant sur des groupes tentant d’établir un semblant de vie organisée.

Evidemment, l’alone n’est bien vu nulle part : trop solitaire, trop indépendant, refusant de se fixer. Surtout trop libre aux yeux des différents groupes.

Les personnages sont redoutables et bien dépeints.

C’est un climat qui nous rappelle un certain Max ROCKATANSKY, errant sur les routes à bord de son V8 trafiqué. Cette ambiance, désuète maintenant, nous offre un brin de nostalgie salutaire dans une production romanesque dont parfois la ressemblance induit un manque d’originalité.
A comme attention  !

Ce livre est un hommage à Julia Verlanger. Tous les ingrédients de ses romans sont là. Ainsi on retrouve le personnage, héros de L’Autoroute sauvage, Gérald le solitaire.

Le thème de la mutation est abordé par l’intermédiaire de Corbeau, sorte de devin psychique qui se nourrit des peurs et des émotions des autres. Cela fait penser à des romans comme Les Hommes marqués ou Les Ratés.

Mais, à la différence de Julia Verlanger, Thomas Geha est un optimiste. Son héros marque une certaine joie à survivre, un peu comme un sportif de l’extrême. Alors que la survie chez Verlanger est un mode de vie très cynique, très désabusé où la moindre erreur est fatale.

C’est le seul (petit) défaut que l’on peut reprocher à l’auteur, un manque de noirceur qui entraîne une faiblesse dans la profondeur de l’univers.

Evidemment la comparaison que peuvent faire les fans de Julia Verlanger risque d’être au détriment de ce roman, l’univers de Géha n’étant pas assez fidèle à celui de la grand écrivaine.

A comme artistes.

Deux artistes : l’auteur qui ose pasticher Verlanger pour son premier roman et fait appel à un univers passé de mode, et Philippe Ward qui nous offre une bonne bouffée de post apo et ose le pari de publier un premier roman sur ce thème.

Un excellent livre qui est une bonne introduction à l’univers de Julia Verlanger et qui, on l’espère, relancera ce genre atypique.

Stéphane Wawrzyniak