IW de Charlotte Bousquet pour son roman Sang-de-lune
de Charlotte Bousquet
aux éditions Gulf Stream ,
collection Electrogène
Genre : Dystopie

Auteurs : Charlotte Bousquet
Date de parution : août 2016 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
Nombre de pages : 320
Age minimum : 14 ans
Titre en vo :

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Il vient tout juste de paraître aux éditions Gulf Stream, dans l’excellente collection Electrogène, Sang-de-lune est le dernier roman né de l’imagination de Charlotte Bousquet. Voici ses réponses à nos quelques questions sur le roman...

ActuSF : Pourriez-vous présenter votre tout dernier roman paru chez Gulf Stream, Sang-de-Lune ?

Charlotte Bousquet : Il s’agit d’un Electrogène, ce qui implique une couverture classe, un trailer qui déchire, de l’électrique, de l’érogène... euh, pas trop d’érogène, dans Sang-de-Lune, en fait (vous en trouverez plus dans La Boiteuse, de Françoise Grard, qui sort en octobre).
Mais de la tension, oui. Sang-de-Lune, c’est une quête d’identité et de liberté dans un monde souterrain où les femmes sont traitées en esclaves, où la société entière vit dans la soumission à l’autorité. C’est aussi une histoire d’amour profond entre deux sœurs et de rédemption.
 

ActuSF : Dans quel genre le classeriez-vous ?
 
Charlotte Bousquet : Dystopie, je pense.
 

ActuSF : Quel message souhaitez-vous faire passer en particulier au travers de ce roman ?

Charlotte Bousquet : Plutôt qu’un message, un constat et des questions. Alta est une société-prison, où la violence est devenue une norme, où l’application aveugle des lois, l’obéissance importe plus que l’affection, la compassion, la justice. Les habitants d’Alta sont anesthésiés, complètement soumis à une autorité née de la domination de quelques uns que de la pression du groupe.
 
Alta est également un microcosme dans lequel les femmes, originellement coupables, sont traitées en esclaves, dressées et conditionnées dès leur plus jeune âge à souffrir et endurer. 
Doit-on ou peut-on juger ceux qui courbent l’échine ? Comment parvient-on à se libérer de telles entraves ? A quel prix ?
 

ActuSF : Certaines dystopies vous ont-elles inspirées pour écrire Sang-de-Lune ?

Charlotte Bousquet : Non. En revanche, Labyrinth, un jeu de rôles écrit par Guillaume Herlin et Tony Godin, paru il y a quelques années, a été une source d’inspiration.
 
L’actualité - rien à voir avec la dystopie, donc :) - également : les violences faites aux femmes, la banalisation de l’intolérable (culture du viol, etc.), l’absurdité des lois qui en font clairement des êtres inférieurs (en Arabie saoudite, par exemple) ou des objets (les marchés de femme de Daech... dire qu’au lieu de dézinguer ces ordures et de libérer leurs prisonnières, notre gouvernement crée une polémique autour du burkini et attise la haine)...
 

ActuSF : Est-ce un roman qui se lit en one-shot ou une suite est-elle prévue ?

Charlotte Bousquet : C’est un one-shot.
 

ActuSF : Autre chose à ajouter pour nos lecteurs ?

Charlotte Bousquet : Il y a encore de trop nombreux lecteurs, lors de dédicaces, qui assimilent la littérature jeunesse (j’entends ici au sens large : enfants, ados, young adults) à de la sous-littérature ou pense que "ce n’est pas pour eux", ils ont "passé l’âge".
 
Or, cette ou ces littératures sont d’une richesse infinie, permettent de s’affranchir de nombreux codes et de poser des questions - transgénérationnelles. C’est dommage de passer à côté.
 
Sang-de-lune, comme les autres romans de la collection Electrogène, fait partie des récits qui créent des ponts entre les genres, les âges (et font tout péter). De même, la collection Exprim’, aux éditions Sarbacane, si elle est destinée aux ados et jeunes adultes, est trans-plein de choses : Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais, roman en vers absolument magnifique ou Bloc de Haine de Bruno Longchampt, qui parle de racisme et secoue vraiment. Pour de plus jeunes lecteurs (et encore...) : L’Enfant mitrailleuse, de Fabien Fernandez, chez Oskar, parle d’enfants soldats et La porte de la salle de bains, de Sandrine Beau, chez talents hauts, évoque avec beaucoup de subtilité la pédophilie.
 
Aujourd’hui, la littérature jeunesse fait même l’objet de séminaires à l’ENS : https://www.facebook.com/PlacardProjectENS/?fref=ts Alors, que vous soyez adultes ou adolescents, jeunes, vieux, vous focalisez pas sur une tranche d’âge ou un genre : essayez...
 
 
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Laura Vitali