Interview 2015 : Jean-Pierre Fontana pour les Aventuriales
de Jean-Pierre Fontana
aux éditions
Genre : Science Fiction
Sous-genres :
  • Fantasy

Rédaction : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : septembre 2015 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Les premières Aventuriales sont là. Jean-Pierre Fontana nous les fait découvrir.

ActuSF : La première édition des Aventuriales se tiendra les 26 et 27 septembre 2015 à Ménétrol (Puy-de-Dôme). Comment est née l’idée de ce festival ? Qui sont les moteurs de cette aventure ?
 
Jean-Pierre Fontana : L’idée pourrait être considérée comme relativement récente. En fait, elle remonte à de nombreuses années lorsqu’Élisabeth Pernollet organisait à Clermont-Ferrand les « Printemps de l’Imaginaire ». À ces occasions, un groupe de passionnés se réunissait régulièrement dans l’un ou l’autre des restaurants de la capitale auvergnate pour parler fantastique et science-fiction en littérature et au cinéma et tirer des plans sur la comète. Je passe sur les détails mais, un beau jour, ce petit monde s’est décidé à créer une association et, tout naturellement, après accord de Jean-Pierre Andrevon et de Philippe Caza, elle s’est intitulée Gandahar. À partir de là, plusieurs objectifs ont été fixés : 1) réunir les adhérents autour de films du genre, ce qui fut fait voici une paire d’années lors d’un mini Festival dans la salle du Rio qui avait accueilli en 1974 la Première Convention Française de Science-Fiction. 2) éditer une revue thématique qui prendrait elle aussi le nom de l’association : à ce jour, 4 numéros sont parus et un premier hors-série consacré à Pierre Gévart va paraître prochainement. 3) et après avoir failli prendre en charge une Convention francophone, l’option d’un Salon du livre s’est peu à peu imposée. Ce sera « Les Aventuriales » qui se dérouleront les 26 et 27 septembre prochain dans la commune de Ménétrol, proche de Clermont-Ferrand et qui s’accompagneront d’une importante rétrospective consacrée à Philippe Caza dans la salle d’exposition du château de Bezance de Romagnat (toujours proche de Clermont-Ferrand) du 22 septembre au 23 octobre. Quant aux moteurs, ils sont, nous sommes une petite quinzaine, plus ou moins impliqués selon leurs disponibilités.
 
 
ActuSF : Un nouveau festival de l’Imaginaire, c’est toujours une grande nouvelle pour les fans de science-fiction et de fantasy. Quel sera le ton des Aventuriales ? Qu’est-ce qui va faire sa saveur particulière ?
 
Jean-Pierre Fontana : Je ne sais pas si ce « Festival », comme vous dites, aura une saveur particulière. Mais, pour nous, c’était une nécessité. Alors que l’Auvergne était véritablement en pointe dans les années 70 avec de nombreux festivals à forte teneur cinématographique, la création des Conventions nationales de science-fiction et du Prix de l’Imaginaire, puis dans les années 80 avec un énorme Festival qui avait réuni à la Maison des Congrès une quantité impressionnante d’écrivains, de réalisateurs, d’acteurs, de peintres et graphistes venus des quatre coins du monde, notamment Christopher Lee, il ne s’était plus rien passé depuis et « la Terre du Milieu »… de la France souffrait grandement d’un désert culturel en matière de littératures de l’imaginaire. Ces Aventuriales étaient donc une nécessité pour faire découvrir ou redécouvrir nos genres de prédilection qui quittaient peu à peu les rayons des libraires. Quant à la saveur des plats que nous comptons offrir à nos visiteurs, elle réside dans une certaine hétérogénéité. À savoir : - littérature pour tous les âges, de la jeunesse, voire même l’enfance, jusqu’aux adultes ; - musique, avec un concert d’œuvres de Jérôme Marie – qui mériterait une plus grande reconnaissance dans nos milieux avec ses adaptations quasi symphoniques d’ouvrages de science-fiction et de fantastique – plus un récital de notre ami Jean-Pierre Andrevon, accompagné de son complice Bruno Pochesci ; - l’apport des « Héritiers de la Force », réalisateurs des Conventions Star Wars annuelles de Cusset qui nous offrent une exposition accompagnée de déambulations et d’un concours de cosplays issus de leur association et de celle des Genkibaka. Une parade costumée est même prévue entre la mairie et la salle polyvalente de la commune avec la participation des enfants des écoles si le temps le permet ; et j’allais oublier des démonstrations de combats au sabre laser par l’Académie des Jedis auvergnats, des sportifs aguerris. - bien évidemment des conférences et des tables rondes sur des sujets, souvent d’actualité, et tout particulièrement un atelier de travail qui réunira libraires et éditeurs non distribués afin de favoriser la mise en place dans les librairies intéressées d’ouvrages de ces éditeurs ; - et enfin, puisqu’il faut bien conclure, une tombola gratuite est prévue afin d’offrir à quelques visiteurs, des livres évidemment, mais aussi quelques entrées dans deux parcs régionaux : Vulcania et Paléopolis.
 
ActuSF : Des invités comme Jean-Pierre Andrevon, Krystal Camprubi, Philippe Caza, Nadia Coste, Jeanne-A Debats, Jean-Sébastien Guillermou, Florence Magnin, Jean-Luc Marcastel, Richard Nolane, Cassandra O’Donnell, Michel Pagel… et plus de 40 auteurs en dédicaces. Comment avez-vous fait pour arriver à mobiliser autant de beau monde sur cette première édition ?
 
Jean-Pierre Fontana : Je vois que vous avez oublié notre marraine, Rosa Montero, qui a publié voici quelque deux années Des larmes sous la pluie, une sorte d’hommage à Philip K. Dick en faisant baigner son récit dans un univers proche de Blade Runner, comme son titre le laisse deviner, et dont la suite doit paraître en France en janvier prochain. Quant au « prodige » qui nous a permis de réunir autant d’auteurs, il tient beaucoup, je crois, à la qualité de nos relations avec les auteurs présents, à la gratuité offerte aux exposants (d’ailleurs, tout est gratuit ici, à l’exception des livres et du buffet-buvette), sans doute aussi à la création d’un tel salon dans une région « oubliée » et à reconquérir.
 
 
ActuSF : Vous avez fait le choix de "délocaliser" certaines dédicaces aux alentours (Clermont-Ferrand, Montluçon, Riom…). Est-ce la volonté de toucher un maximum de public ? D’étendre le champ d’action des Aventuriales ?
 
Jean-Pierre Fontana : Plusieurs raisons à cela. La première, c’est afin de créer un lien entre la manifestation – qui se déroule, je le rappelle, à Ménétrol (avec un seul L à la fin ! ) – et, d’une part, Clermont-Ferrand, capitale de l’Auvergne, dont l’agglomération compte pas moins de 470 000 habitants, et Riom d’autre part dont la communauté de communes en additionne un peu plus de 20 000. La seconde, c’est de mettre en avant deux ou trois librairies indépendantes qui diffusent nos littératures et qui seront aussi présentes sur le site des Aventuriales. C’est aussi, comme vous le dites, de toucher un maximum de public qui, ignorant peut-être l’existence de ce premier salon en dépit de nos efforts de communication, en aura ainsi connaissance grâce à ces « délocalisations » et viendra peut-être nous rejoindre. Quant au champ d’action, c’est un aspect que nous ne pouvons ignorer, d’où nos partenariats avec l’association des Libraires Indépendants de la Région Auvergne (L.I.R.A.), la médiathèque de Riom communauté etc. etc.
 
ActuSF : Il y aura des tables rondes. Quels seront les thèmes abordés ?
 
Jean-Pierre Fontana : Les thèmes abordés sont assez diversifiés puisque le salon accueille aussi bien le fantastique, la fantasy, la science-fiction et jusqu’au merveilleux. Pour ce qui concerne la science-fiction, outre les auteurs intéressés, plusieurs professeurs et chercheurs d’université ont été conviés pour apporter précisions, contradictions, expériences. La table-ronde sur le changement climatique et ses conséquences réunira même, outre Jean-Pierre Andrevon dont on connait l’implication sur ce thème, Danielle Auroi, députée Europe Écologie les Verts de la 3ème circonscription de Clermont-Ferrand et Jean-Pierre Wauquier, président de l’association H2O, dont on connait les initiatives de sensibilisation des populations sur le thème de l’eau, de l’environnement et du développement durable, en particulier dans le centre ouest du Burkina Faso. Mais la fantasy comme le numérique ne sont pas oubliés non plus, et nombreux sont les éditeurs présents qui se développent avec ce procédé en devenir pour publier des auteurs de cet aspect de nos littératures. Je citerai tout particulièrement les éditions L’Ivre Book dont le directeur, Lilian Ronchaud, n’est autre que l’un de nos membres et auquel nous devons de nous avoir trouvé le site idéal pour réaliser notre projet.
 
ActuSF : Je crois qu’il y aura également une programmation musicale. A quoi faut-il s’attendre ?
 
Jean-Pierre Fontana : J’ai évoqué plus haut le nom de Jérôme Marie. Pierre Bordage, Mélanie Fazzi ou encore Michel Pagel le connaissent bien pour avoir été invités à l’un de ses concerts, d’après leurs récits, à la chapelle des Cordeliers de Clermont-Ferrand. Entourés de nombreux musiciens – violonistes et violoncellistes en particulier – Jérôme Marie construit une œuvre remarquable, voire ambitieuse, qui devrait enfin dépasser les frontières de l’Auvergne et rejoindre les Festivals existants. Ce ne serait que justice et ouvrirait un pan souvent ignoré de l’expression de nos imaginaires. Quant au récital à quatre mains de Jean-Pierre Andrevon, ceux qui connaissent bien cet « incontournable » n’ignorent pas qu’il a à son actif plusieurs albums de chansons dont certaines titillent parfois la science-fiction et qui, toutes, ne manquent pas de verve et, parfois, d’irrévérencieuses images. C’est d’ailleurs lui et son compère Bruno qui clôtureront les Aventuriales.
 
 
ActuSF : Un documentaire de l’association Gandahar sera diffusé : Les Voyages dans l’espace au cinéma, de Mélies à la Guerre des étoiles. Pouvez-vous nous en dire un mot ?
 
Jean-Pierre Fontana : À l’origine, c’est une demande des « Héritiers de la Force » qui nous a amenés à le réaliser. En avril 2015, alors que Jean-Pierre Andrevon venait de publier son monumental « Cent ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction » chez Rouge Profond, ouvrage auquel j’avais quelque peu participé et auquel le journal La Montagne-Centre France avait consacré un bel article, les Héritiers, donc, m’avaient contacté pour envisager une éventuelle présentation de cet ouvrage l’année suivante lors de leur Convention. Après discussion, nous leur avons proposé plutôt une conférence qui porterait sur les films traitant de la conquête de l’espace depuis Georges Méliès jusqu’à la Guerre des Étoiles. Durant l’année qui a suivi, après avoir recensé l’essentiel des films en question – et en écartant tout ce qui « venait de l’extérieur », comme Les soucoupes volantes attaquent, par exemple – nous avons élaboré un texte qui accompagnerait la projection d’extraits des films cités (je n’ai pas compté, mais proches de la centaine). Gros travail de recherche et de sélection de séquences représentatives par conséquent. Lors de la Convention Star Wars de cette année, le film de ces extraits a été projeté tandis que, en voix off, plusieurs membres de l’association se succédaient pour lire le texte correspondant… avec quelques imperfections dans le timing par exemple. Mais la pseudo conférence a été chaleureusement applaudie. De là à améliorer le produit, il n’y avait que « quelques » heures supplémentaires à effectuer pour enregistrer les voix et les caler avec les images. Cette seconde mouture, de près de 50 minutes, sera testée le samedi 29 août dans la salle d’exposition de la Communauté de communes Nord-Limagne à Aigueperse, à quelques kilomètres au nord de Riom, à l’occasion d’une soirée « planétaire » et dans le cadre d’une exposition intitulée Noosphère qui regroupe les toiles d’une artiste marseillaise, Josée Tourette, originaire de notre région. C’est ce documentaire qui sera projeté aux Aventuriales avant, sans doute, de connaître une autre projection à la librairie des Volcans, à l’occasion du prochain Festival International du Court Métrage en février 2016, festival dont le thème sera, curieusement, « L’espace ».
 
ActuSF : Le mot de la fin : Que voulez-vous dire à ceux qui hésiteraient (encore) à venir à ces premières Aventuriales ?
 
Jean-Pierre Fontana : Juste cinq mots : les absents ont toujours tort, à ce qu’on dit. Puis-je me permettre d’ajouter néanmoins qu’Actu SF sera présent sur l’un de nos stands.
 
 

Jean-Laurent Del Socorro