Interview 2016 : Jean Rébillat pour Terres de feu
de Jean Rébillat
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Uchronie

Auteurs : Jean Rébillat
Date de parution : juillet 2016 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Jean Rébillat nous parle de Terres de feu, le deuxième tome de sa série Sheroes, entre uchronie et super-héroïnes, parue aux éditions Armada.

ActuSF : Bonjour Jean, vous êtes ingénieur dans l’industrie spatiale, comment en êtes-vous arrivés à l’écriture de romans ?

Jean Rébillat : Enfant, je lisais beaucoup… énormément, pour dire vrai. Ce qui m’a amené, grâce à la bibliothèque de mon père un peu spécialisée, vers les littératures de l’imaginaire. Ensuite, je me suis tourné vers le jeu de rôle qui venait d’apparaître, donc la création d’histoires vivantes. Pour finir, c’est une affaire de rencontres : ActuSF d’abord, pour qui j’ai écrit quelques chroniques, des amis qui m’ont poussés à continuer d’écrire quand je doutais, puis deux éditeurs qui m’ont aidés à transformer un manuscrit brouillon en livre.

ActuSF : Pourquoi avoir choisi la science-fiction ?

Jean Rébillat : Je suis passionné par les littératures de l’imaginaire, ce qui a orienté tout de suite mes récits. La science-fiction, bien que paraissant très rigide dans son cadre, offre bien plus de possibilités d’invention que d’autres modèles plus formatés. Et puis… je rêvais de l’espace jusqu’à avoir choisi de travailler pour ce domaine.

ActuSF : Le deuxième tome de Sheroes, Terres de feu, est paru aux éditions Armada en juin 2016. Le premier tome, Les Couleurs de l’avenir, nous emmenait dans un monde où la guerre fait rage et nous présentait des super-héroïnes, à quoi peut-on s’attendre avec le tome 2 ?

Jean Rébillat : Un voyage. Le long d’un continent, d’abord. Dans la vie de plusieurs femmes, aussi, pour suivre leur quête d’existence dans un monde conçu par et pour les hommes. Je vais un peu dévoiler : il y aura entre autres des dessins, un mouton et un porte-avions. Avec, bien sûr, des méchants très méchants et mégalomanes.
 

ActuSF : Qui sont les héros (ou plutôt les héroïnes) que l’on va voir évoluer dans ce tome 2 ?

Jean Rébillat : Le lecteur retrouvera certains des personnages du premier volet ainsi que de nouvelles têtes, plus jeunes ou plus marquées par la vie, selon. Avec de nouveaux pouvoirs. Puissants ou faibles, ce n’est pas ce qui compte : c’est la raison pour laquelle ils sont utilisés, le cerveau derrière la super-héroïne.

ActuSF : Entre réécriture de l’Histoire, personnages de comics, et espace-temps... comment avez-vous élaboré la trame de votre récit ?

Jean Rébillat :
Au départ, j’ai imaginé l’histoire comme pour un jeu de rôle : définir le contexte (politique, géographique…) puis les personnages. Pour le premier tome, ils existent même en tant que fiches de personnage de jeu de rôle, avec leurs capacités et leurs faiblesses. Je m’en suis même servi lors d’une partie, pour voir comment les faire réagir. Pour finir et écrire, il reste à placer tout ceci en situation : trouver une raison, tisser le fil de l’histoire. Mais c’est secondaire…

ActuSF : Pourquoi avoir choisi l’uchronie et le contexte de la seconde guerre mondiale comme base de cette série ? (Sans compter le mélange des genres avec les super-héroïnes...)

Jean Rébillat : L’uchronie, c’est une belle manière de jouer à Dieu, non ? En jonglant avec les événements de notre passé, les réécrivant à notre convenance. Et, le plus jubilatoire : il est possible de mêler des éléments de réalité dans le récit, en les déformant un peu. Il est possible de tuer des méchants ou de faire revivre qui l’on veut. De changer un acte, d’inventer des rencontres… ou simplement de mettre en lumière des points oubliés de notre histoire. Pour l’anecdote, dans le second tome, mon éditeur m’a fait changer tout un chapitre qui ne lui paraissait pas crédible : pourtant l’histoire était vraie, à la base.

Mon envie au départ était d’écrire un comics, une histoire de superhéros. J’imaginais déjà la bande dessinée. La Seconde Guerre Mondiale est certes une solution de facilité quand on écrit de l’uchronie. Cependant, et cela rejoint la troisième partie de la question, cette guerre est un moment charnière qui a vu l’émergence de beaucoup de superhéros – Wonder Woman, Captain America… Par ailleurs, l’idée des Sheroes m’est en partie venue après la lecture de l’excellent D-Day, de David Brin et Scott Hampton, qui se passe à cette époque.
 
 
ActuSF : En parlant de super-héroïnes, on sent que vous préférez inventer des personnages féminins, vous pouvez nous-en dire un peu plus ?

Jean Rébillat :
La population humaine est en gros composée pour moitié d’hommes et pour le reste de femmes. Pourtant dans les récits, particulièrement dans l’imaginaire, la présence des hommes est écrasante, ne laissant aux femmes trop souvent que de la figuration. En prenant résolument le parti de mettre en avant des femmes, j’ai l’impression de rétablir un peu la balance et moins l’impression de copier ce qui peut déjà avoir été écrit.
Plus personnellement, bien qu’étant un homme, j’aime et j’admire les femmes. Elles ont, je trouve, plus de facettes, plus de réflexion et plus de profondeur que beaucoup d’hommes. Et je ne ressens peut-être pas le besoin de m’affirmer moi-même dans mes textes ?

ActuSF : Vous nous disiez dans une interview précédente que vous aviez prévu sept tomes dans cette série, est-ce toujours le cas ?

Jean Rébillat :
Oui, sept volumes sont prévus. Au départ, il s’agissait d’écrire un livre par continent, avec un tome "joker" à la fin. Aujourd’hui, le nombre n’a pas changé, mais les voyages des héroïnes ont un peu évolués… et pourront encore changer d’ici la fin de la série.

ActuSF : Pouvez-vous nous donner quelques indices sur les prochains tomes ?

Jean Rébillat :
Le troisième tome se passera dans les sables du désert, le quatrième dans les îles du nord de l’Europe. Ensuite… ce n’est pas encore écrit mais nous irons en Europe centrale au cœur du Reich et en Asie, jusqu’au Japon d’Hiro Ito. Au fil des tomes se construit une équipe de personnages (il y aura des nouveaux) que l’on retrouvera, dont les membres interviendront selon les circonstances.

ActuSF : Avez-vous d’autres projets en cours ou en préparation ? (Bientôt une suite pour La Dernière traversée ?)

Jean Rébillat :
La suite de la série Ultimum (dont le premier volet est La Dernière Traversée) est bien avancée : le second volume était prêt à tirer quand la collection "Nos Futurs" s’est arrêtée. Le brouillon du troisième est écrit, ainsi qu’une partie du dernier volet. Il n’est pour le moment pas prévu de parution de ce côté.
J’ai par ailleurs en cours une série de fan-fiction autour du jeu Nephilim ainsi qu’une trilogie pour jeunes adultes dont deux tomes sont prêts, n’attendant plus qu’un éditeur. Mais aujourd’hui, le climat n’est pas à l’optimisme dans ce milieu…

ActuSF :
Serez-vous présents sur des salons ou avez-vous prévus des dédicaces prochainement ?

Jean Rébillat : Avec Armada, nous prévoyons des dédicaces pour après la rentrée, sur la région parisienne. Je serais présent aux Aventuriales de Ménetrol, où j’animerais une table ronde sur l’uchronie. Ensuite ? Toutes les occasions seront bonnes pour rencontrer les passionnés d’imaginaire.

Amélie Baldini