Interview de Gilles Dumay à la rentrée 2012
de Gilles Dumay
aux éditions
Genre : Interview

Auteurs : Gilles Dumay
Date de parution : septembre 2012 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Gilles Dumay dirige la collection Lunes d’Encre depuis sa création. Il revient sur ses titres à venir mais aussi sur une situation en librairie compliquée...

Actusf  : Les nouvelles en provenance des librairies ne sont pas vraiment bonnes et ça dure depuis quelques mois maintenant. Comment abordes-tu cette fin année ?
Gilles Dumay : En fait, la crise a commencé il y a quatre ans, pas il y a quelques mois. Si j’en crois les chiffres à ma disposition pour mon cours sur la SF à l’INFL, il se vendait 4 millions environ de livres d’imaginaire (en rayons SFFF) par an il y a dix ans, on est tombé à 3 millions, avec beaucoup plus de titres publiés par an et des rayons souvent agrandis ; cherchez l’erreur.
J’ai fait un choix sur 2012, qui était de laisser passer l’élection présidentielle et de publier les titres lourds en fin d’année, Vortex évidemment, mais surtout La Maison des derviches et l’intégrale Omale, sur lesquels j’ai plus de marge potentielle. Vortex on sait où on va, à mon avis 4000. McDonald et Genefort, bien malin qui pourrait dire ce que ça va faire sur 12 ou 18 mois d’exploitation. Fidèle à sa ligne "resserrée", Lunes d’encre ne publiera que 9 titres en 2012.
 
Actusf  : Vortex de Robert Charles Wilson vient d’arriver en librairie il y a quelques jours. Il clôt la trilogie commencée avec Spin. Quelle place cette série a-t-elle pour toi dans sa bibliographie ? C’est son grand œuvre ?
Gilles Dumay : Spin est son grand succès, on ne peut pas changer ça. Axis et Vortex apportent un éclairage différent à Spin, mais l’ensemble restera à jamais déséquilibré par son volume initial. Les dernières pages de Vortex sont hallucinantes, pour moi elles représentent un exemple parfait de ce que j’aime en SF. Je suis surpris par le manque de succès de Julian, qui est sans doute un livre plus exigeant que Spin, qui demande plus de travail mental sur le texte. J’attends beaucoup de Burning paradise, son nouveau roman que je devrais recevoir à la fin de l’année.
 
Actusf  : Julian a fait débat l’année dernière. Avec le recul, est-ce que tu comprends sa réception mitigée ?
Gilles Dumay : Non. C’est un livre magnifique qui parle de ce que c’est écrire de la science-fiction, c’est à dire écrire une autre Histoire. C’est sans doute un roman pour écrivains.
 
Actusf : La Maison des derviches de Ian McDonald doit sortir en octobre. Selon le résumé en anglais, cela se passe à Istanbul en 2027 et ça semble assez incroyable comme roman. De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce que tu peux nous en dire ?
Gilles Dumay : C’est difficile à résumer, on va suivre (principalement) 6 personnes pendant quelques jours à Istanbul après un attentat qui soulève pas mal de problèmes. Il y a un sarcophage contenant un homme méllifié, un enfant qui peut mourir d’un arrêt cardiaque au moindre bruit inattendu, un trader qui conçoit la vie comme un jeu vidéo, une bourse de la terreur, un robot constitués de nanorobots qui change de forme sans cesse. C’est le chef d’oeuvre de Ian, le sommet de son oeuvre actuelle. Il est parti (il est jeune, à peine 50 ans) pour devenir aussi important que Dick ou Egan.
 
Actusf  : Dans la collection grand public de Denoël ressort La Symphonie des spectres de John Gardner. Il semble s’agir d’une sorte de thriller fantastique. Pourquoi l’avoir sorti dans une collection Grand Public alors que Grendel était en Lunes d’Encre ?
Gilles Dumay : C’est pas un livre de genre, ni un livre fantastique (en fait si, c’est un livre FANTASTIQUE). C’est un roman total, une cathédrale littéraire, un monument. Un de mes livres préférés, peut-être pas dans mon top 10, mais dans mon top 20.
 
Actusf  : John Gardner est un auteur que l’on redécouvre grâce à toi. Sa bibliographie est assez impressionnante. Vas-tu faire faire traduire d’autres romans de lui ? Et si oui lesquels ?
Gilles Dumay : Tout ou presque a été traduit par Denoël. J’espère que la réédition de La Symphonie de spectres aura le succès qui mérite pour pouvoir rééditer L’Homme-Soleil. Fabrice Colin a écrit une magnifique posftace à la Symphonie. C’est à lui qu’il faut poser des questions ou à Mauméjean (ce sont eux les experts)...
 
Actusf : En novembre sort l’intégrale d’Omale de Laurent Genefort en deux volumes. Qu’est-ce qui t’a séduit dans ce cycle et t’a donné envie d’en faire une intégrale ?
Gilles Dumay : Pour moi, c’est tout simplement ce que la Sf française a produit de mieux. Ca fait des années que je drague Genefort à ce sujet. Si ça marche, on fera les romans inédits.
 
Actusf  : Quel regard portes-tu sur Laurent Genefort en tant qu’écrivain ?
Gilles Dumay : Il m’énerve ; son manque de confiance en lui m’énerve.
 
Actusf : Enfin ta collection terminera l’année avec Glen Duncan et Le Dernier loup-garou. Ca a l’air dans la veine de Moi Lucifer. Quel est le sujet du roman ?
Gilles Dumay : Ce sera l’an prochain en janvier, et ça va saigner.
 
Actusf : As-tu déjà des titres prévus en 2013 et si oui lesquels ?
Gilles Dumay : Oui. Ca prend forme... Disons qu’il y aura sûr Sandman Slim de Kadrey et Les Insulaires de Christopher Priest, Cyberabad Days de McDonald. Ca sera une super année. Surtout que niveau français, je suis sur deux superbes projets. Vous en saurez bientôt plus sur le blog de la collection. Comme d’hab’.

Jérôme Vincent