de Stanislas Lem
aux éditions Folio SF
Auteurs :
Stanislas Lem
Couverture :
Eric Scala
Traduction :
Dominique Sila
Date de parution : octobre 2004
Inédit
Langue d'origine : Polonais
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 361
Titre en vo : Cybériada
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : octobre 1965
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Une Cybériade qui mériterait la Pléiade
Vous considérez R2-D2 et C3P0 comme les robots les plus attachants de la science-fiction ? Vous ne devez pas connaître Trurl et Clapaucius… Ces deux ingénieux inventeurs rivalisent d’astuce mais se retrouvent souvent pris à leur propre piège, pour ne pas assez tenir compte de l’absurde de l’existence dans leurs implacables raisonnements… Quand ils se mêlent de diplomatie ou de tactique militaire, leur intervention peut tourner à la catastrophe…
Dans l’ombre de Solaris
Stanislas Lem est mondialement connu pour Solaris, adapté à l’écran
une première fois en 1972 par Tarkovski et plus récemment par
Soderbergh. Cet auteur polonais, médecin de formation et féru
de philosophie aussi bien que de biologie et de physique, sait manier l’humour
avec brio.
Ayant participé à la fondation de la société polonaise
d’astronautique, il s’interroge sur la place de l’Homme dans
l’univers et sur les possibilités de rentrer en contact avec d’autres
formes d’intelligence. Il a vendu à ce jour 27 millions de livres
dans 41 langues !
Une prouesse de traduction
Ce roman emprunte beaucoup au conte philosophique dans la veine de Voltaire
y compris son style. Malgré ses tournures très XVIIIème
siècle, le texte est très vivant. Il s’en dégage
une jubilation à jouer avec les mots.
L’épisode qui ouvre le roman propose une réflexion sur
le langage : la machine de Trul peut créer tout ce qui commence par
un n. La première limite de ses pouvoirs apparaît à ce
qu’elle est cantonnée à la langue de son créateur
: sans cette limite elle saurait tout construire car le nom de chaque chose
doit commencer par un n dans une langue ou une autre.
Trurl met notamment au point un générateur de poésie qui
dans un vrai exercice oulipien déforme des poèmes de Du Bellay
ou des fables de La Fontaine. Là encore se manifeste le talent du traducteur.
Des limites du pouvoir
Pour tester la puissance de la première machine de Trurl, Clapaucius
a failli précipiter l’univers dans le Néant : l’ordre
qu’il a donné par vanité manque de tout détruire.
Heureusement il fait marche arrière et malgré la perte irréparable
des babillons, des ronflins et des scontelles, le monde continue à tourner,
pas toujours très rond…
La seconde machine de Trurl, supposée être intelligente, se montre
très susceptible et utilise la force pour imposer ses préceptes
mathématiques (à savoir 2 et 2 font 7 !). Clapaucius cède à la
violence, Trul tient tête et ne sera sauvé qu’in extremis
de la fureur de sa machine…
Après ces péripéties dans leur laboratoires, les robots
se lancent dans « l’aide et conseils aux lointains peuples stellaires »,
ils vont affronter des rois avares et tyranniques, des dragons, un prince incurablement
amoureux de la princesse ennemie. Toutes ces péripéties vont
leur apporter tour à tour châtiments injustes ou récompenses
délirantes (Trurl se retrouve par exemple affublé de dix titres
plus ronflants les uns que les autres).
De l’obscure clarté qui monte de ces pages…
Dans cette odyssée burlesque, Lem ridiculise tous les excès
du pouvoir, les risques et impasses de l’ambition, la volonté ridicule
de tout contrôler, les simulacres farcesques de l’étiquette,
les rouages ubuesques de l’administration…
Mariant cyber-épopée et philosophie, allant puiser dans l’absurde
un humour très subtil et dans toute la littérature une expression
raffinée, La Cybériade est un roman brillant, qui éclipse
une myriade d’autres parutions.







